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Full text of "L'art du livre; étude sur quelques-uns des dernières créations en typographie, ornamentation de textes, et reliure, exécutées en Europe et en Amérique"

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L'ART DU LIVRE 



n 



LART 
DU LIVRE 



ÉTUDE SUR QUELQUES-UNS DES 
DERNIÈRES CRÉATIONS EN TYPO- 
GRAPHIE. ORNAMENTATION DE 
TEXTES, ET RELIURE, EXÉCUTÉES 
EN EUROPE ET EN AMÉRIQUE 



REDACTEUR : CHARLES HOLME 




MCMXIV 

..LE STUDIO" LTD. 

LONDRES, PARIS, NEW YORK 



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anô^'i 



NOTE PRÉLIMINAIRE 

▼ E REDACTEUR tient à exprimer ses remerciements aux per- 
I sonnes ci-dessous désignées, qui lui ont prêté leur obligeant con- 

I cours pour la préparation de ce volume : MM. les Administra- 

" ^ teurs delà" Kelmscott Press", qui l'ont autorisé à reproduire 
les pages composées avec les trois sortes de caractèresdessinéespar William 
Morris, et M. Emery Walker, qui lui a offert sa précieuse collaboration 
pour la reproduction des caractères grecs Proctor ; M. Lucien Pissarro, 
qui lui a permis de reproduire troispagescomposéesàla "Eragny Press"; 
M. C. H. Stjohn Hornby, grâce auquel une page a été composée spéciale- 
ment à la " Ashendene Press " pour ce volume ; M. Philip Lee Warner, 
pour l'autorisation de reproduire deux pagesde la " Riccardi Press" ; MM. 
Chatto et Windus, pour la page de la " Florence Press" ; MM. Methuen 
et Cie, pour la page imprimée en caractères "Ew^ell" ; MM. H. W. 
Caslon et Cie, pour la page composée avec leur nouveau caractère 
"Kennerley " ; MM. P. M. Shanks et fils, pour la page en caractères 
"Dolphin"; M. F. V. Burridge, pour les deux pages composées 
spécialement à l'Ecole centrale des Arts et Métiers de Londres ; MM. 
George Allen et Cie, pour la reproduction de deux pages dessinées par M. 
WalterCrane; M. PercyJ. Smith, pour l'en-têtecomposépar lui; la"Cu- 
alaPress",la"VincentPress",la"ReigatePress",M.B.T.Batsford,MM. 
J. M. Dent et fils, MM. George Routledge et fils, MM. Siegle, Hill et 
Cie, pour l'autorisation de reproduire diverses pages de leurspublications ; 
et M. J. Walter West, pour la reproduction de deux pages dessinées par 
lui. JCLe rédacteur doit également des remerciements aux divers relieurs 
qui lui ont prêté des volumes pour ses illustrations, et à M. Emile Lévy, 
qui lui a prêté des photographies de reliures de M. Douglas Cockerell ; à 
M.John Lane, qui l'a autorisé à reproduire des dessins de couvertures 
par Aubrey Beardsley ; et à MM. George Newnes, pour les pages de 
gardedessinées par M. Granville Fell. M Le rédacteur exprime également 
sa reconnaissance envers les éditeurs, imprimeurs, fondeurs de caractères, 
relieurs et décorateurs de livres, d'Amérique et d'Europe, qui ont 
obligeamment mis à sa disposition les documents reproduits dans les 
divers chapitres, et notamment à MM. Klingspor frères, la Fonderie 
Bauer, MM. Emil Gursch, D. Stempel, Genzsch et Heyse, G. Peignot 
et fils, L. Pichon, et Jules Meynial, qui ont fait composer des pages de 
typographie spécialement pour ce volume. 



TABLE DES MATIERES 

PAGE 

La Typographie Anglaise par Bernard H. Newdigate 3 

La Reliure de luxe en Angleterre par Douglas Cockerell 69 

L'art du livre en Allemagne par L. Deubner 1 27 

L'art du livre en France par E. A. Taylor 179 

L'art du livre en Autriche par A. S. Levetus 203 

L'art du livre en Hongrie 231 

L'art du livre en Suède par August Brunius 243 

L'art du livre en Amérique par William Dana Orcutt 259 



Vil 



GRAND E-BRET AGN E 



LA TYPOGRAPHIE ANGLAISE. PAR 
BERNARD H. NEWDIGATE 

POUR bien juger en matière de typographie, il faut avoir au 
moins quelques notions sur les premières formes qui ont pré- 
cédé nos caractères modernes. Jetons donc un coup d'oeil sur 
l'histoire de l'imprimerie anglaise. JS Les premiers livres 
imprimés, tels que la Bible de Mayence et les Psautiers, étaient en 
caractères gothiques, lesquels, d'une manière générale, reproduisaient 
l'écriture des copistes allemands. Mais, en Italie, le gothique ne satis- 
faisait pas aux exigences des humanistes ; et ceux-ci firent adopter une 
écriture où les majuscules étaient imitées ou tout au moins inspirées des 
lettres romaines anciennes, dont les antiques inscriptions des monu- 
ments offraient encore tant d'admirables exemples. Pour les minuscules, 
ils revinrent au bel alphabet qui, aux XP et XIP siècles, avait été petit 
à petit tiré des minuscules carolines du IX% et était devenu l'alphabet- 
type de la plus grande partie de l'Europe latine. Lorsque les Allemands 
Sw^eynheim et Pannartz introduisirent l'imprimerie en Italie, ils em- 
ployèrent d'abord des caractères romains, fort beaux, mais un peu lourds, 
qui avaient un aspect gothique très apparent. Il semble, de fait, que 
cet aspect gothique était un peu trop marqué pour le goût raffiné 
des humanistes de cette époque ; et, lorsque ces deux imprimeurs 
passèrent à Rome, on adopta des lettres plus conformes à l'écriture des 
hommes de la Renaissance. D'autres imprimeurs italiens avaient des 
fontes composées à la fois de caractères gothiques et de caractères ro- 
mains. Le grand imprimeur vénitien Jenson, par exemple, employait 
parallèlement les uns et les autres, ainsi que beaucoup de ses confrères ; 
mais le romain finit par être seul adopté, en Italie d'abord, puis en 
Espagne et en France, et plus tard en Angleterre. D'autre part, en 
Allemagne, berceau de cet art, un gothique dégénéré s'est maintenu 
jusqu'à aujourd'hui. Cependant, dans ce pays l'usage des caractères ro- 
mains s'est de plus en plus répandu depuis un certain nombre d'années, 
en dépit des tendances nationalistes. M Le romain qu'employaient les 
premiers imprimeurs italiens est donc le prototype d'où procèdent tous 
les autres caractères romains. On peut suivre les étapes de son développe- 
ment, représentées par les fontes qu'employèrent Aldus à Venise, Fro- 
ben à Bâle, les Estienne à Paris, Berthelet et Day à Londres, Plantin à 
Anvers, les Elzévir à Leyde et Amsterdam, et, en général, tous les im- 
primeurs du X VIP siècle et de la plus grande partie du X VHP. Pendant 
toute cette époque les caractères conservèrent cet aspect que les im- 
primeurs modernes qualifient d'ancien,* et qu'ils tenaient de l'écriture 

* Dans tout cet article nous avons employé, à propos des caractères typographiques, le quali- 
ficatif " ancien " par opposition à "moderne" : ce choix est justifié par l'ordre historique de leur 



des humanistes de la Renaissance italienne. Au XVIP siècle les lettres 
de l'alphabet romain commencèrent à présenter certaines particularités 
lorsqu'elles étaient tracées par les graveurs sur cuivre qui illustraient 
alors les livres. Employant le burin au lieu de la plume, ils avaient, na- 
turellement, une ligne plus fine ; ils modifiaient un peu aussi les courbes 
des lettres, qui devenaient plus tendres, moins arrondies. Par exemple, 
la queue de l'R, qui dans les fontes de Jenson tombe en formant un angle 
d'environ 45° avec la ligne, se rapproche plus de la verticale avec cer- 
tains graveurs du XVIP siècle, comme dans l'R moderne, dont nous 
cherchons à reconstituer la formation. Jusqu'à quel point, et à partir 
de quand, les écritures des graveurs-illustrateurs modifièrent-elles les 
caractères typographiques .? C'est une question qui, pour qu'on la ré- 
solve, nécessite encore bien des recherches. Un témoignage matériel 
nous en est offert par 1'" Horace " qu'imprima John Fine en 1733. Le 
texte de ce livre, au lieu d'être composé en typographie, fut tiré sur des 
planches de cuivre gravées. Comme date, il précède d'une soixantaine 
d'années les premiers livres anglais imprimés en caractères " genre 
moderne " ; mais on y peut déjà découvrir, dans la coupe des lignes et 
dans la forme même des lettres, beaucoup d'éléments caractéristiques du 
genre moderne. On verra bien ce que sont ces éléments, en comparant 
un alphabet genre ancien à un alphabet genre moderne : 

ABCDEFGHIJKLMNOPQRSTUV 
ABCDEFGHIJKLMNOPQRSTUY 
WXYZ 1234567890 
WXYZ 123456Ï890 

abcdefghijklmnopqrstuvwxyz 
abcdefghijklmnopqrstuYwxyz 

La tendance "moderne " s'observe dans certains éléments des caractères 

succession, et, pour quiconque n'est pas familier avec le vocabulaire typographique, il est le plus 
naturel. Mais il est bon de faire remarquer qu'en typographie française la véritable désignation 
du genre de caractère que les Anglais appellent "ancien", c'est le terme "elzcvir " (du nom des 
célèbres imprimeurs hollandais Elsevier). Cette sorte de fonte n'est pas la plus employée par les 
éditeurs français, elle est un peu considérée comme un caractère de luxe ; en Angleterre, au con- 
traire, elle est d'un usage presque général. C'est pourquoi, bien qu'au fond le terme " elzévir " 

IT^ .r^ ^''^'^^' °" "*'î"^ ^" l'employant de faire croire qu'il s'agit d'un caractère spécial. 

N. du Tr. '^ 



dessinés par Baskerville, qui imprima son premier livre en 1757 ; mais 
elle n'est pas aussi prononcée que dans 1' '* Horace " de Pine, gravé 
trente-quatre ans auparavant. Les éditions de Baskerville eurent une 
vogue énorme, non seulement en Angleterre, mais aussi dans le reste 
de l'Europe, où elles exercèrent une influence considérable sur le style 
de la typographie d'alors. Parmi ceux qui subirent cette influence, se 
trouve Jean-Baptiste Bodoni, savant et imprimeur de Parme ; cette ville 
a récemment célébré le centenaire de sa mort. C'est à Bodoni plus qu'à 
tout autre que l'on doit le caractère moderne. Il créa un grand nombre 
de fontes, dont les lettres avaient un " œil " étroit par rapport à la hau- 
teur, des lignes excessivement fines, et les courbes et boucles serrées qui 
caractérisent ce genre. Comme Baskerville, il imprimait ses livres avec 
un soin extrême, sur de grandes pages, avec une composition très massée ; 
et, bien que parfois l'on protestât contre la laideur de ses lettres, ses livres 
furent au goût de l'époque, et ses caractères furent copiés par tous les 
fondeurs anglais d'alors. La manière nouvelle supplanta complètement 
l'ancienne, qui remontait à l'invention même de l'imprimerie ; et, de- 
puis lafin du X VHP siècle jusqu'au milieu du XIX^, on imprima presque 
exclusivement avec les caractères " modernes ". M Les caractères " an- 
ciens ", plus authentiques, eurent leur revanche en 1843, lorsque l'édi- 
teur William Pickering projeta avec son ami l'imprimeur Charles 
Whittingham de publier une belle édition de Juvénal dont les exem- 
plaires devaient servir de cadeaux d'adieu aux élèves d'Eton ; et le 
livre devait être imprimé avec le caractère alors démodé qu'avait 
créé William Caslon vers 1724. Avant cette dernière époque beau- 
coup d'imprimeurs anglais allaient en Hollande chercher la plupart 
de leurs caractères ; mais ceux de Caslon surpassèrent en beauté 
tous ceux que l'on avait jusqu'alors employés en Angleterre, et ils 
servirent aux plus beaux tirages, jusque vers la fin du XVIIP siècle, 
où ils furent supplantés par les "modernes ". Avant la publication du 
Juvénal, un roman intitulé " Le Journal de Lady Willoughby ", et 
dont l'action se passait au temps des guerres civiles, fut également 
imprimé en caractères anciens des fontes William Caslon, ce qui donnait 
au texte un aspect bien en rapport avec le sujet. C'était l'époque de 
Pugin et de la renaissance du gothique ; et le public s'éprit de ce livre 
imprimé avec les mêmes caractères que l'on avait abandonnés un demi- 
siècle auparavant. Les fondeurs sont généralement prompts à adopter 
les modes nouvelles ; et au bout de peu de temps tous les fondeurs anglais 
avaient fait établir des poinçons et fabriquer des caractères ayant cet 
aspect analogue à l'ancien modèle Caslon, mais modifié, que l'on appelle 
"néo-ancien ". M. Adeney, de l'Imprimerie de Reigate, a employé une 
fonte "néo-ancienne" pour la "Britannia" de Camden, dont un extrait 
est reproduit à très petite échelle p. ^j. On se rendra compte de son 

S 



aspect, et de ses différences ou de ses ressemblances avec le véritable 
caractère ancien, en comparant les deux modèles ci-dessous : 

ABCDEFGHIJKLMNOPQRSTUV 

ABCDEFGHIJKLMNOPQRSTUV 

WXYZ 1234567890 
WXYZ 1234567890 
abcdefghijklmnopqrstuvwxyz 

abcdefghijklmnopqrstuvwxyz 

La faveur dont l'ancien caractère reconstitué et le néo-ancien jouirent 
au milieu du siècle dernier n'a pas diminué depuis. Le caractère mo- 
derne que nous a donné Bodoni s'emploie encore presque exclusivement 
pour certains genres d'ouvrages, et, pour certains autres, concurremment 
avec les caractères anciens et néo-anciens ; de sorte que l'imprimeur est 
obligé de pouvoir se servir des trois sortes. Pour les livres, actuellement, 
le caractère moderne est beaucoup moins employé que les deux autres. 
JS Pendant les cinquante ans qui s'écoulèrent après que les Whittingham 
eurent remis en honneur les caractères Caslon, il ne se produisit guère 
d'événement important en ce qui concerne les dessins de caractères. Mais 
vers 1 890 William Morris,inspiré à la suited'une conférencede M. Emery 
Walker sur l'œuvre des anciens imprimeurs, entreprit de créer des carac- 
tères typographiques. Dans la " Note by William Morris on his aims in 
founding the Kelmscott Press ", qui fut imprimée après sa mort, il défi- 
nit ainsi le but qu'il se proposa d'atteindre en imprimant des livres, et le 
style qu'il chercha à donner à ses fontes : "Je commençai à imprimer des 
livres dans l'espoir de produire quelque chose qui put avoir de légitimes 
prétentions à la beauté, et qui en même temps fut facile à lire et ne pré- 
sentât pas des lettres dont la forme excentrique put fatiguer l'œil. J'ai 
toujours beaucoup admiré la calligraphie du moyen âge et les premières 
impressions qui l'ont remplacée. Quant aux livres du XV^ siècle, j'ai 
remarqué qu'ils devaient toujours leur beauté aux seuls mérites de la 
typographie, aussi bien quand ils étaient dépourvus de ces ornements 
qu'on y a parfois ajoutés avec tant de prodigaHté. Et l'idée même de 
mon entreprise a été de créer des livres qu'on aurait plaisir à regarder 
en tant que travaux d'impression. . . . M Passons aux caractères. Poussé 
par l'instinct plutôt que par la réflexion, je commençai par me procurer 
6 



une fonte de romain. Ce que je voulais, c'était du caractère d'une forme 
pure ; sévère, sans excroissances inutiles ; compact, sans épaississement 
ou amincissement de la ligne, défauts que présentent habituellement les 
caractères modernes et qui rendent la lecture peu facile ; enfin, sans ce 
resserrement dans le sens de la ligne que l'on a introduit depuis un certain 
temps pour des raisons d'économie. Il n'y avait qu'une source d'où l'on 
put tirer des exemples de ce romain parfait : c'était l'œuvre des grands 
imprimeurs vénitiens du XV^ siècle, parmi lesquels Nicolas Jenson a, 
de 1470 à 1476, donné les caractères les plus conformes à l'esprit du 
romain. J'ai étudié ce caractère avec beaucoup de soin, je l'ai fait photo- 
graphier avec agrandissement, et je l'ai redessiné bien des fois avant de 
commencer à créer moi-même ; de sorte que, si je crois en avoir saisi 
l'esprit même, je ne l'ai pas copié servilement; de fait, mon romain, 
surtout en minuscule, rappelle le gothique plus que ne le fait le Jenson. 
M Au bout de quelque temps, je m'aperçus qu'il me fallait du gothique 
aussi bien que du romain ; j'entrepris donc d'adapter le gothique de telle 
sorte qu'on ne put plus l'accuser d'être difficile à lire, critique qu'on lui 
adresse si fréquemment. Et je sentis que cette critique ne pouvait 
raisonnablement porter sur les caractères qui ont servi pendant les vingt 
premières années d'existence de l'imprimerie ; je vis que SchoefFer à 
Mayence, Mentelin à Strasbourg et Giinther Zainer à Augsbourg 
évitaient les extrémités pointues et l'aspect trop compact qui, plus 
tard, donnèrent lieu aux critiques dont il est question ci-dessus. . . . 
Sérieusement attaché à mon intention, je dessinai un modèle qui, me 
semble-t-il, est aussi lisible que le romain, et que, à parler franchement, 
je préfère au romain. Il est de la force qu'on désigne par l'expression 
'grand premier'; mais plus tard je fus obligé, pour l'impression du 
Chaucer sur deux colonnes, de créer une fonte gothique du même genre, 
de la force qu'on désigne par le symbole 'Pica' ". M Des pages impri- 
mées avec chacune des trois fontes de Morris sont reproduites ici, grâce 
à la bienveillante autorisation des gérants de l'établissement qu'il a créé. 
Il est intéressant de comparer le " Golden" de Morris (c'est ainsi qu'il 
appelait son romain, d'après le titre de la " Golden Legend "qu'il imprima 
avec ce caractère) au romain des imprimeurs italiens, qu'il avait étudié 
avec tant de soin avant de créer son modèle. Le "Golden " est plus lourd 
comme aspect que le Jenson ; et, assurément, il n'a pas la souplesse et la 
grâce qu'ont généralement les caractères italiens. Nous pouvons, par 
exemple, faire remarquer les petites lignes horizontales qui terminent 
les jambages de l'M et de l'N majuscules, et donnent à ces lettres une cer- 
taine gaucherie. Par contre, les deux fontes de gothique que Morris 
dessina peuvent être classées parmi les plus belles qu'on ait jamais pro- 
duites. Il faut, pour juger les lettres de W. Morris, les voir dans le 
cadre de riches bordures qu'il avait composées à cet effist. Si l'on y ajoute 

7 



les dessins de Burne-Jones gravés sur bois par W. H. Hooper, on a avec 
le Chaucer de la " Kelmscott Press" le plus magnifique livre qui ait 
jamais été imprimé. Jff Le " Golden " de Morris a été copié en Amérique 
et réexpédié dans son pays d'origine sous divers noms. Sous des formes 
assez dégénérées, il a, pendant un certain temps, été en faveur, pour des 
travaux occasionnels, auprès des imprimeurs qui ignoraient ou connais- 
saient mal la " Kelmscott Press " ; mais la lourdeur de ses lignes et son 
peu de conformité avec les modèles reconnus l'ont empêché de devenir 
d'un usage général. L'intérêt que provoquèrent les livres imprimés par 
Morris amena beaucoup de gens à céder à la tentation d'installer une im- 
primerie privée ou de créer des fontes particulières, lorsque, à la mort de 
Morris en 1 896, la " Kelmscott Press" cessa de fonctionner. La plupart 
de ces fontes, et les meilleures, suivaient de près les modèles des anciens 
imprimeurs italiens, qui, comme nous l'avons vu, sont les prototypes des 
lettres d'aujourd'hui. Déjà, avant la fondation de la " Kelmscott Press", 
M. Charles Ricketts avait donné des dessins où il employait quelques-uns 
des caractères néo-anciens qui étaient alors d'usage général. Lorsque les 
livres de la "Kelmscott Press" apparurent, il fut aussi pris d'enthousiasme 
pour cette magnifique typographie des anciens imprimeurs italiens, et il 
dessina pour lui-même lecaractère "Vale". Cedernier,par sa massivité et 
son aspect général, a une très grande ressemblance avec le "Golden", dont 
il est, à certains égards, un perfectionnement. M. Ricketts fit ensuite re- 
fondre le même caractère, mais en plus petit, pour son édition de Shake- 
speare : d'où le nom d' "Avon " qui lui a été donné. Il dessina encore un 
autre modèle, dont l'intérêt vient de ce qu'il servit à certaines expériences 
pour la réforme de l'alphabet. Dans le " King's ", comme M. Ricketts 
l'appela, beaucoup de minuscules, telles que e^g, /, sont remplacées par 
des petites capitales. Cette innovation contraste trop avec les traditions 
pour plaire ; et l'on ne s'en est servi que pour deux ou trois livres. Les 
trois fontes de la " Vale Press " ainsi que leurs poinçons et leurs matrices 
furent détruits lorsque cette imprimerie cessa de fonctionner. M M. T. J. 
Cobden-Sanderson et M. Emery Walker fondèrent la "Doves Press " à 
Hammersmith en 1900 ; ils dessinèrent et firent fondre un caractère qui 
ressemble beaucoup au romain de Jenson, Il en diffère surtout par plus 
de régularité dans les lignes, et aussi par l'aspect carré de quelques lettres, 
bien qu'il n'y ait pas, à cet égard, l'exagération que l'on trouve dans le 
"Golden " de Morris. Les livres de la " Doves Press", à l'opposé de ceux 
delà "Kelmscott Press", sont absolument exempts d'ornements et de dé- 
coration, et ils ne doivent leur remarquable beauté qu'à ce que Morris 
appelait la qualité architecturale des pages et aussi aux belles lettrines 
dessinées par M. Edv^ard Johnston et M. Graily Hewitt. Plus tard, nous 
aurons à revenir sur l'œuvre de ces artistes etdeleur école. JS Le caractère 
de la " Ashendene Press "(p. 23) est établi d'après celui qu'employaient 
o 



Sweynheim et Pannartz à Subiaco et qu'ils ont, comme nous l'avons 
vu, remplacé par un romain plus pur et plus conforme au goût des 
humanistes de leur époque. Morris lui-même avait dessiné des lettres 
d'après ce beau modèle, mais jamais il ne les donna à fondre. C'est un 
genre romain, avec beaucoup d'éléments gothiques. Le Dante in-folio, 
la "Mort d'Arthur", le Virgile et les autres livres que M. St. John 
Hornby a imprimés avec ce caractère, en noir et rouge, avec parfois du 
bleu et de l'or, sont de magnifiques exemples de typographie. M Les 
petits in-8° de M. Lucien Pissarro ont un charme particulier, que l'on 
ne trouve dans aucun des gros volumes qui sont sortis des autres impri- 
meries particulières. Les premiers livres qu'il tira à son "Eragny Press" 
furent imprimés avec le caractère " Vale" appartenant à son ami M. 
Ricketts. En 1 903 il commença à imprimer avec le caractère " Brook" , 
qu'il avait dessiné lui-même. Bien que nous n'ayons à nous occuper ici 
que de sa typographie, nous ne pourrons faire autrement que de 
rendre hommage à la grâce et à la beauté de ces petits volumes ; 
qualités qu'ils doivent beaucoup plus à l'admirable manière dont leurs 
différents éléments : caractères, gravures sur bois, couleurs, impression 
et reliure (le tout dû à M. et Mme Pissarro eux-mêmes), ont été com- 
binés, qu'au mérite particulier de chacun. J^M. C. R. Ashbee a dessiné lui- 
même le caractère "Endeavour" (Effort) pour la "Essex House Press ", 
qu'il a fondée à Upton, dans les faubourgs de l'est de Londres, et qu'il a 
ensuite transportée à Chipping Campden, dans le comté de Gloucester. 
Ce caractère ne doit rien à ceux des premiers imprimeurs, et, en lui-même, 
il n'a rien qui plaise ; mais, avec un tirage en rouge et noir, comme dans 
le Livre de Chansons de Campden, il produit un très bel effet. Il a été 
également fabriqué en plus grand pour le Livre de prières du roi Edward, 
qui est l'un des essais les plus ambitieux qu'ait tentés une imprimerie 
particulière. M M. Herbert P. Horne a créé trois fontes, toutes inspirées 
du romain des anciens imprimeurs italiens. Le premier de ces caractères, 
le "Montallegro" (p. 265), a été établi pour MM. Updike et Cie, de la 
" Merrymount Press", à Boston, aussi son examen ne rentre guère dans le 
cadre de cet article. En 1907 M. H. P. Horne a dessiné pour MM. Chatto 
et Windus un caractère intitulé "Florence", avec lequel on a tiré, sur la 
demande des éditeurs, "Le Roman de la Rose", "Les Petites Fleurs de St. 
François", les "Chansons avant le lever du soleil" de Swinburne," Vir- 
ginibus Puerisque " (Aux Vierges et aux Enfants) de Stevenson, ainsi que 
les Poésies du même, à la " Arden Press ". Ce caractère (p. 3 1 ) a un aspect 
net, et, à bien des égards, on pourrait le prendre comme modèle pour les 
travaux courants. Les majuscules en lignes continues, comme Aldus et 
d'autres grands imprimeurs vénitiens se plaisaient à les employer, sont 
d'un effet particulièrement charmant. Le caractère "Riccardi Press" 
(pp. 33 et 35) de M. Horne a été dessiné pour la Société Médicis, qui a 

9 



fait tirer àla " Chiswick Press " nombre de belles éditions, parmi lesquelles 
un Horace, la "Mort d'Arthur" de Malory et les "Contes de Canter- 
bury ". Il est un peu plus lourd comme aspect que le " Florence" et s'é- 
loigne un peu plus du genre humaniste. Il a été également fondu un mo- 
dèle plus petit, qui a eu beaucoup de succès. Il faut ajouter à la série des 
fontes appartenant à des particuliers le caractère "Ewell", dessiné par M. 
Douglas Cockerell pour MM. Methuen et Cie, qui vont bientôt pubHer 
le premier livre auquel il aura servi, une édition de 1' " Imitation de Jésus- 
Christ". Ce caractère, bien que compact, est fort gracieux ; il est inspiré 
d'un de ceux qu'employait un imprimeur de Rome, Da Lignamine. M 
Une des fontes les plus intéressantes, parmi celles qui appartiennent à 
des particuliers, c'est le caractère grec "Otter", dessiné par feu M. 
Robert Proctor, et que l'on verra sur la page de l'Odyssée reproduite 
p. 43. Le caractère grec avec lequel sont composées la plupart de nos 
éditions de classiques procède d'une cursive introduite par Aldus vers le 
commencement du XVP siècle, et ne se recommande ni par la beauté ni 
par la clarté. Les majuscules surtout sont laides, elles appartiennent pres- 
que toujours à ce genre "moderne" que Bodoniacréé. Proctor prit pour 
modèle la plus belle des vieilles fontes grecques, celle qui a servi au 
"Complutensian Polyglot" imprimé en 15 14. -^ Parmi les fontes que 
l'on vend pour les travaux courants, aucun n'a autant été en faveur que le 
"Caslon ancien", dans les différents "corps" ; et ce qui témoigne éloquem- 
ment de son mérite, c'est qu'à présent, près de deux siècles depuis sa 
création, on l'emploie, pour les beaux livres, plus que tout autre carac- 
tère. Le texte de ce numéro spécial du Studio est imprimé en "Caslon 
ancien", ainsi que les pages, composées à l'Ecole centrale des Arts et 
Métiers, qui sont reproduites aux folios 45 et 47. La renommée de ses 
caractères créa à Caslon des rivaux, outre Baskerville. L'un d'eux fut 
Joseph Fry, médecin de Bristol, qui se fit fondeur en 1764, et créa une 
série de caractères un peu analogues à ceux de Baskerville. Mais quel- 
ques années plus tard, semble-t-il, les caractères Caslon recouvrèrent leur 
avantage, et Fry mit sur le marché une nouvelle série, qui imitait franche- 
ment les Caslon. Ces deux séries de Fry ont été reconstituées depuis 
quelques années par MM. Stephenson et Blake, de Shefîield, qui, en 
1906, achetèrent la fonderie de Sir Charles Reed et fils, à laquelle celle 
de Fry avait été annexée. Comme les "Caslon ancien", ces séries furent 
refondues sur les anciennes matrices, ou les anciennes matrices re- 
frappées sur les anciens poinçons, du moins sur ceux qui étaient restés. 
M Depuis que, vers le milieu du dernier siècle, on a composé des fontes 
néo-anciennes, les nouveaux caractères que l'on a fabriqués pour les 
travaux courants n'ont presque toujours été que de simples variations 
sur le modèle déjà en faveur. Les fondeurs ont peu tiré parti de l'abon- 
dance de beaux caractères qu'offrent les vieux livres italiens, lorsqu'on 
10 



a assez de goût et de talent pour les adapter aux besoins modernes. Ce- 
pendant MM. Shanks et fils, les fondeurs de Red Lion Square, se sont 
reportés à cette source pour en tirer leur série nouvelle " Dolphin " (p. 4 1 ) , 
qui se recommande par bien des éléments de beauté. Elle egt basée sur 
le romain de Jenson, mais les traits sont un peu plus épais. Les poinçons 
ont été établis par M. E. P. Prince, qui a également établi ceux de 
la " Kelmscott Press " et de bien d'autres imprimeries particulières. 
Jtf Une étude intelligente des modèles italiens nous a valu aussi le 
nouveau caractère "Kennerley" (p. 39), dessiné par un Américain, 
M. Goudy, que MM. Caslon vont bientôt mettre sur le marché. Ce 
caractère n'est nullement la copie d'un modèle ancien. Il est original ; 
mais M. Goudy a si bien étudié le dessin des lettres, qu'il a su rendre 
à l'alphabet romain une bonne part de cette allure humaniste que les 
premiers imprimeurs italiens avaient héritée de leurs prédécesseurs, 
les copistes du début de la Renaissance. Outre la beauté du détail, ce 
caractère a une beauté d'ensemble ; et les lettres, assemblées en mots, 
semblent se lier avec cette manière naturelle qui est si fréquente dans les 
modernes. Le " Kennerley " est d'une grande clarté, il n'a aucun de ces 
éléments étranges qui risquent tant de déplaire au lecteur moderne. 
Depuis que le premier Caslon commença à fondre des caractères, vers 
1724, on n'a rien vu d'aussi parfait dans la typographie anglaise. J^ Il y a 
maintenant tant de livres composés à la machine que, malgré toutes nos 
préférences pour la composition à la main, nous ne pouvons passer sous 
silence les caractères qui servent pour ce procédé. Ces caractères, en 
général, semblent moins beaux que ceux qu'on emploie à la main ; 
mais cette infériorité est surtout accidentelle, et tient sans doute à 
ce que, pour l'établissement des modèles ou la fabrication des poinçons 
— laquelle se fait également à la machine — on n'a pas des techniciens 
aussi habiles. Cependant, la Compagnie des Monotypes Lanston a 
donné une ou deux très belles séries. L'une d'elles est la série " Imprint " 
(Empreinte), adaptée d'une des fontes qu'employait au XVP siècle 
Christophe Plantin, le célèbre imprimeur d'Anvers. Ces caractères sont 
francs et clairs, et les pages qu'ils permettent de composer sont à la fois 
agréables comme aspect et faciles à lire. En outre, ils sont assez modernes 
pour ne présenter aucun détail qui puisse surprendre le lecteur ordinaire. 
M Aucun art ne peut vivre en se bornant à reproduire des formes an- 
ciennes ; et, si l'on considère le rôle qu'ont joué les fondeurs d'autrefois 
et ceux d'aujourd'hui dans l'art du livre, on ne peut s'empêcher de voir 
comment et d'après quels précédents on pourra plus tard créer de bons 
caractères. Nous avons vu que les premiers imprimeurs tiraient leur in- 
spiration des meilleurs manuscrits de leur époque. Mais l'invention de 
l'imprimerie tira l'art du copiste. Toute source de vie et de beauté pour 
l'art de l'écriture était tarie ; avec les lettres en plomb, il n'y avait plus 

1 1 



que la tradition qui pouvait leur donner ou leur conserver l'élégance. 
Les changements qu'elles subirent ne purent être que funestes, à moins 
que ce fussent simplement des retours aux formes abandonnées tempo- 
rairement. M M. Guthrie, de la " Pear-tree Press " à Bognor, bien 
convaincu du sens fatal de cette tendance qu'il considère comme inévi- 
table et irrésistible, a renoncé entièrement aux caractères ; il imprime 
ses livres sur des planches en relief, qu'il a gravées de sa belle écriture. 
Un pareil procédé, assurément, ne saurait s'appliquer à la grande majo- 
rité des livres, en admettant même que l'on renonce aux beautés que 
présente un livre bien imprimé en typographie. Et rien ne justifie un 
pareil pessimisme, car depuis quelques années l'art du copiste même s'est 
régénéré ; et la plupart des lecteurs du Studio connaissent les beaux 
ouvrages de la section de calligraphie fondée il y a une dizaine d'années 
par M. Edv^^ard Johnston, et reprise par son élève M. Graily Hewitt, 
à la " Central School of Arts and Crafts " à Londres. L'imprimeur 
d'aujourd'hui ne pourrait-il se reporter à ces modèles, pour trouver de 
beaux caractères ? Assurément, la typographie ne doit pas reproduire 
simplement l'écriture ; elle doit présenter sans fausse honte les particu- 
larités que lui impose la nature de son métal et de celui du poinçon. 
Elle doit être facile à lire, et d'un aspect qui plaise ; de plus, elle doit, 
tout en respectant les traditions du passé, satisfaire aux idées de notre 
époque. Mais un calligraphe dont l'œil et la main ont été exercés à 
donner une belle écriture spécialement destinée au livre imprimé, peut 
seul connaître les multiples subtilités que présentent ces lettres, et trou- 
veras moyens d'y satisfaire dans lafonte. Si lesécoles d'écriture peuvent 
donner de pareils techniciens, elles rendront de grands services à tous 
ceux qu'intéresse l'art du livre. Notre espérance peut se justifier, car des 
spécialistes ainsi formés sont allés en Allemagne, et y ont exercé une 
sérieuse influence sur la fabrication des caractères modernes ; et, suprême 
ironie, les fondeurs allemands envoient en Angleterre des caractères 
nouveaux inspirés de créations anglaises dont les fondeurs de Grande- 
Bretagne semblent n'avoir jamais entendu parler. 



12 




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ce at ail wîtb 9clf/wtclding tbc craf t of tbc 

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Rc sougbt of bî9 own wîll, wbo eorc bîmeclf 

barmcd; 

But for tbrcat of oppression a tbrall, of I 

wotnot 

Qlbtcb baîm of manhind^from blows wratbfulfllcd, 
Rouscmccdy forsootb^and bîcd bîm tbcrctn» 
H man by gfuilt troublcd» Tbcn 90on ît bcttdcd 
Xbat tbcrcîn to tbc guc9t tbcrc 8tood grialy tcrror ; 
Rowcvcr tbc wrctcbcd,of cvcry bopc wanîng 

Cbc ill/9bapcn wîgbt, wbcna9 tbc f car gat bîm, 
XTbc trca9urc/vat 9aw ; of 9ucb tbcrc wa9 a many 
^CIp în tbat cartb/bou9C of trca9urc9 of old, 
Es tbcm în tbc yorc/day9, tboucfb wbat man 1 know not, 
tTbc bu0c lcavînof9 and loom or a kîndrcd of bîgb onc9, 
^cll tbmhîng of tbougbt9 tbcrc bad bîddcn away, 
Ocar trca9urc9« But ail tbcm bad dcatb borne away 
In tbc tîmc9 of crcwbîlc; and tbc onc at tbc la9t 
Of tbc dougbty of tbat folk tbat tbcrc longc9t tivcd, 
►Cbcrc waxcd bc frîcnd/9ad,yct wccn'd bc to tarry, 
XTbat bc for a lîttlc tbo9C trca9urc9 tbc long9omc 
JMîgbt brook for bîm9clf ♦ But a burg now ail rcady 
^onn'd on tbc plaîn nîgb tbc wavc9 of tbc watcr, 
l^cw by a nc99, by narrow/craft9 fa9tcn'd; 
^îtbîn tbcrc tbcn barc of tbc trca9urc9 of carte 
tlbat bcrd of tbc rîng9 a dcal bard to carry, 
Of gold f aîr bcplatcd, and f cw word9 bc quotb : 




KELM8C0TT PRESS: PAGE FROM THE TALE OF BEOWULF" PRINTED 
IN THE "TROY" type DESIQNED BY WILLIAM MORRIS (REPRODUCEO 
BY PERMISSION OF THE TRUSTEES OF THE KELMSCOTT PRESS) 

17 



NOTE BY WILLIAM MORRIS 
ON HIS AIMS IN FOUNDING 
THEKELMSCOTTPRESS^^ 
BEGAN printing books with 
thehopeofproducingsomcwhich 
would hâve a defînite daim to 
beauty, while at the same time 
they should bc casy to read and 

should notdazzlethccyc^ortrou-' 

ble thc intellect of the readcr by cccentri^ 
city of form in thc letters. I hâve always 
been agréât admirer of the calligraphyof 
the Middie Ages, & of the earlier printing 
which took its place. As to the fifteenth^ 
century books, I had noticed that they 
were always beautifiil by force of the mère 
typography, cven without the added or^ 
nament, with which many of them are 
so lavishly supplied. Anditwasthe es^ 
senceofmyundertakin g to produce books 
which it would be a pleasureto look upon 
as pièces of printing and arrangement of 
type. Lookingatmy adventure from this 
point of view then, I found I had to con^ 
sider chiefly the following things: the 
paper, the lorm of the type, the relative 
spacing of the letters, the words, and the 



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KELM8C0TT PRESS: PAGE PRINTED IN THE "GOLDEN" TYPE 
DESIQNED BY WILLIAM MORRIS (REPRODUCED BY PERMISSION 
OF THE TRUSTEES OF THE KELMSCOTT PRESS) 

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oua hanno penne;© fquameto cortecda:o gufcio: corne fono laTeftugine:ouetamcii 
te hâno lapelle pulira:come fono leferpi.Taglâdo laparte difopra délie pêne no crefco 
no : fueglendole rimettono:Glinfcd:i hanno aie di pannicoli & cofi le rondini marine 
& cpipiftrelli: Ma laie diquefti hanno ledita«Dalla grofla pelle efcono epeli afperi. Le 
femme glhâno piu fottili.Ecauagli nel coUo ÔC eleoni nelle fpallc glhanno maggiori ♦ 
Etafli glhanno nelle gote drento ÔC ne piedulequali due cofe Trogo attnbuifce ancho 
ra alla lèpre: & con quefto exemplo conclude che glhuomim libidinofi fono pilofùLa 
lèpre e ueloaifima fopra tuto glanfmali»Solo Ihuomo mette epeli nelleta apta agene 
rareîllche fenon e:dimofl:ra ftenlita cofi nel mafchio comenelk femina« Epeli nel hu 
omo parte fingencrano inficme:parte poi. Quegli che fono infieme con lui generati 
n on manch ono dipoi come ne anchora molto. Sonfi trouatc alchune che quando get 
tono ecapelli diuentano inualideicome anchora nel fluxo delmeftruo. Equadrupedi 
mudano ogni anno. Amafchi crefcono affai nel capo ÔC poi nella barba. Taglati non 
rimettono m fu lataglatura come rimettono lherbe:ma efcon infiiori dallaradice.Cre 
fcono in certe malattie ôc maxime nella tofla ÔC nella uecchiaia ÔC ne corpi mora. E co 
geniri caggiono piu tofto a libidinofirMa enati aefcono piu tofto« Nequadrupedi in 
groffano per la uecchiaia ôc lelane diuentano piu rade.Edoffidequadrupedi fono pilo 
fi: euentri fanza pelo.De chuoi debuoi cocendogli fifa opdma colla. Item de ton. So 
lo ditutri glanimali Ihuomo mafchio ha lepoppemeglaltri animali emafchi hâno cet 
ti fegni dipoppe: Ma ne anchora le femine hanno lepoppe fenon quelle che poffono 
nutrire efigluoli. Quegli che generano huoua non hanno poppetNefluno animale 
ha lacfle fenon quegli à)t generono animali.Tragluccelli folo elpipiftrello.Credo che 
fia fauolofo quello che fidice délie Streghe che mûghino ellatîle inboccha a fâduUi.E 
nelle Beftemie annche quefto nome di ftreghe: M4 non fifa che uccello fi fia» 

NATVRA.DELLE POPPE DEGLANIMALI.CAP.XL. 
a Lafine dolgono lepoppe dopo elparto : Ilperche Ifuezano lafinino elfexto me^ 
fe:condona che lecaualle dieno lapoppa un anno.Tutn glam'mali che hâno un 
ghia dun pezo non generano piu che due per uolta:ne hanno piu che due poppe ôc ql 
le nel pedb'gnonemel medefimo luogho Ihanno quelle che hanno lunghia didue pesa 
ôc fono cornute:le uacche quattro:le pécore ÔC câpre due.Quelleche partorifcono piu 
che due ÔC hanno le dita nepiedi hanno moite poppe per tutto eluentre in due filari. 
Le troie generofehanno dodid poppe:le uulgari due meno.Similmente lecagne. Al^ 
chune hanno quattio in mtzo del corporcome fono lepanthere^Alchune due chôme 
fono le lioneffe.Lohelephante folo ha duc poppe fotto lebracda ôc no nelpecflo.Nef 
funa che habia dita nepiedi ha poppe nel pedtigione.Eporcellini prima nati fucdano 
leprime poppe &:benchehabbinolaltrepreflb alla bocca:dafchuno conofce lefue in 
quello ordme che e nato ôc cô quella fmutrifce ôc non con altta.Et leuato un porcellTo 



PAGE FROM THE "PLINY" PRINTED AT VENICE BY NICOLAS JENSON IN 1476 

21 



SICCOME DICE IL FILOSOFO NEL PRINCIPIO 
dcilà Prima Filosofia * tutti gli uomini natumlmente dcsi^ 
dcrano di sapere/ La mgione di cbe puotc essere, cbe 
dascuna cosa, da pïX)vvidcnza di propria natum impinta, 
è inclinabile alla sua perfezione* Onde, accioccbè là scu 
enza è Pultima perfezione della nostm anima, nella quale 
st^ la nostm ultima félicita, tutti natumlmente al suo desiderio siamo 
soggetti, Vemmente da questa nobilissima perfezione molti sono 
privati per diverse cagioni cbe dentro dall'uomo, e di fiiori da esso, 
lui rimuovono dall'abito di scienza* ([^Dentro dalPuomo possono 
essere due difetti e impedimenti : Tuno dalla parte del corpo, Paltro 
dalla parte delPanima. Dalla parte del corpo è, quando le parti sono 
indebitamente disposte, siccbè nulla ricevere pu6 ; siccome sono sor^ 
di &i muti, e loro simili* Dalla parte dell'anima è, quando la malizia 
vince in essa, siccbè si fa seguitatrice di viziose dilettazioni, nelle 
quali riceve tanto inganno, cbe per quelle ogni cosa tiene a vile» Di 
fuori dall'uomo possono essere similmente due cagioni intese, Tuna 
délie quali è induttrice di nécessita, Taltm di pigrizia* La prima ê 
la cum famigliare &i civile, la quale convenevolmente a se tiene degli 
uomini il maggior numéro, siccbè in ozio di speculazione essere non 
possono* L'altm è il difetto del luogo ove la persona ê nata e nudrita, 
cbe talom satà da ogni studio non solamente privato, ma da gente 
studiosa lontano* ^Le due prime di queste cagioni, cioè la prima 
dalla parte di dentro êz la prima dalla parte di fUori, non sono da 
vitupemre, ma da scusare sz di perdono degne; le due altre, awe^ 
gnacbè l*una più, sono degne di biasimo e d'abominazione* Mani^ 
festamente adunq^ puo vedere cbi bene considem, cbe pocbi riman^ 
gono quelli cbe all'abito da tutti desidemto possano pervenire, ôC 
innumembili quasi sono gl'impediti, cbe di questo cibo da 
tutti sempre vivono affamati* O beati que' pocbi cbe 
seggono a quella mensa ove il pane degli 
Angeli si mangia, e miseri quelli 
cbe colle pécore banno 
comunecibo! 



A8HENDENE PRESS: PAGE PRINTED IN GREAT PRIMER TYPE MODELLED UPON 
THE TYPE USED BY SWEYNHEIM AND PANNARTZ AT SUBIACO IN 1465 

23 



FOR THE LIBERTY OF 
UNLICENC'D PRINTINQ. 

tllP V* WHO TO STATES 
XIJlLi JL & QO VERNOURS 
OF THE COMMONWEALTH 
DIRECT THEIRSPEECH,HIQH 
COURT OF PARLAMENT, OR 
WANTING SUCH ACCESSE 
IN A PRIVATE CONDITION, 
WRITE THAT WHICH THEY 
FORESEE MAY AD VANCE the 
PUBLICK QOOD; I SUPPOSE 
THEM AS AT THE BEQIN/ 
NINQ OF NO MEAN ENDEA/ 
VOUR, NOT A LITTLE AL/ 
TER'D AND MOV'D INWARD/ 
LY IN THEIR MINDES: SOME 
WITH DOUBTof WHAT WILL 
BE THE SUCCESSE. OTHERS 
WITH FEARE OF WHAT WILL BE THE CENSURE; SOME 
WITH HOPE, OTHERS WITH CONFIDENCE OF WHAT THEY 
HAVE TO SPEAKE. AND ME PERHAPS EACH OF THESE 
DISPOSITIONS, AS THE SUBJECT WAS WHEREON I EN/ 
TER'D, MAY HAVE AT OTHER TIMES VARIOUSLY AFFECT/ 
ED; & LIKELY MIQHT IN THESE FOREMOST EXPRESSIONS 
NOW ALSO DISCLOSE WHICH OF THEM SWAY'D MOST, 
BUT THAT THE VERY ATTEMPT OF THIS ADDRESSE THUS 
MADE, AND THE THOUQHT OF WHOM IT HATH RE/ 
COURSE TO, HATH QOT THE POWER WITHIN ME TO A 
PASSION, FARRE MORE WELCOME THEN INCIDENTALL TO 
A PREFACE, WHICH THOUGH I STAY NOT TO CONFESSE 
ERE ANY ASKE, I SHALL BE BLAMELESSE, IF IT BE NO 
OTHER, THEN THE JOY AND QRATULATION WHICH IT 
BRINQS TO ALL WHO WISH & PROMOTE THEIR COUNTRIES 
LIBERTY; WHEREOF THIS WHOLE DISCOURSE PROPOS'D 
WILL BE A CERTAINE TESTIMONY, IF NOT A TROPHY. FOR 
THIS IS NOT THE LIBERTY WHICH WEE CAN HOPE, THAT 




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ERAGNY PRESS: OPENING PAGE OFTHE " AREOPAGITICA " PRINTED IN THE 
TYPE, WITH BORDER AND INITIAL LETTER DESIGNED BY LUCIEN 



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ERAGNY PRESS: OPENING PAGE OF COLERIDQE'S " CHRI8TABEL" PRINTED IN THE 
"BROOK" TYPE.WITH border and initial LETTER design ED BY LUCIEN PISSARRO 



29 



FROM BOCCACCIO'S LETTER TO PE- 
TRARCH. DESCRIBING HIS VISIT TO 
FRANCESCA.PETRARCH'S DAUGHTER. 
AT VENICE. IN THE YEAR MCCCLXVII. 
6- TELLING OF ELETTA. FRANCESCA^S 
LITTLE DAUGHTER. 

WE sat chatting in your garden, and some 
of your friends who were there joined 
in the talk. Francesca most graciously 
pressed me to make myself at home, and profFered 
me your books à ail your belongings,-all she had 
Iwastoconsidermine: but not fora momentdid she 
forget the modest demeanour of the perfect wife. 
Shewas welcoming me, when, lo, there before me 
was your dear little Eletta, my little friend ! How 
gracefully she came along I One could not hâve ex- 
pected such grâce in so young a child. Before she 
could know who I was, she smiled at me so s weetly. 
What joy was mine when I saw her I What a hunger 
seized my heart as I held her in my arms ! At first I 
thought it was my own girlie-the little maid once 
mine. Need I say more ? You'll hardly believe me. 
But ask Doctor William of Ravenna and our friend 
Donatus. They know. Your little Eletta is the very 
image of my lost one. She has the same laugh, the 



FLORENCE PRESS: PAGE FROM BOCCACCIO'S "OLYMPIA" SET IN ENQLISH 
TYPE DE8IQNED BY HERBERT P. HORNE, AND PRINTED AT THE ARDEN PRESS. 
LETCHWORTH, FOR MESSRS. CHATTO AND WINDUS 

31 



THE SONNETS OF MR. WILLIAM 
SHAKESPEARE: TO THE ONLIE BE- 
GETTER OF THESE INSUING SON- 
NETS, MR. W. H., ALL HAPPINESSE 
AND THAT ETERNITIE PROMISED 
BY OUR E VER-LIVING POET WISH- 
ETH THE WELL-WISHING ADVEN- 
TURER IN SETTING FORTH.-T. T. 
THE FIRST SONNET FOLLOWETH 



ROM FAIREST CREATURES WE DE- 
SIRE INCREASE. THAT THEREBY 
BEAUTY'S ROSE MIGHT NEVER DIE. 
BUT AS THE RIPER SHOULD BY TIME DE- 
CEASE, HIS TENDER HEIR MIGHT BEAR HIS 
MEMORY: BUT THOU. CONTRACTED TO 
THINE OWN BRIGHT EYES. FEED'ST THY 
LIGHT'S FLAMEWITHSELF-SUBSTANTIAL 
FUEL. MAKING A FAMINE WHERE ABUND- 
ANCE LIES. THYSELF THY FOE, TO THY 
SWEETSELFTOOCRUEL. THOUTHATART 
NOW THE WORLD'S FRESH ORNAMENT 
& ONLY HERALD TO THE GAUDY SPRING. 
WITHIN THINE OWN BUD BURIEST THY 
CONTENT AND. TENDER CHURL. MAK'ST 
WASTE IN NIGGARDING. PITYTHE WORLD. 
OR ELSE THIS GLUTTON BE. TO EAT THE 
WORLD'S DUE. BY THE GRAVE AND THEE. 
f HERE FOLLOWS SONNET THE SECOND 



RICCARDI PRESS: PAGE FROM "SONNETS OF SHAKESPEARE" PRINTED IN 14 AND 11 POINT OAPITALS DE8IQNED 
BY HERBERT P. HORNE. BORDER FROM BERNARD PIOTOR AND ERHARDT RATDOLT'S" APPIANUS," 1477 



33 



Marius the Epicurean 

stream of moving lights across the white Forum, up the great 
stairs, to the palace. And, in effect, that night winter began, 
the hardest that had been known for a lifetime. The wolves 
came from the mountains; and, led by the carrion scent, 
devoured the dead bodies which had been hastily buried 
during the plague, and, emboldened by their meal, crept. 
before the short day waswell past, over the walls of the farm- 
yards of the Campagna. The eagles were seen driving the 
flocks of smaller birds across the dusky sky. Only, in the 
city itself the winter was ail the brighter for the contrast, 
among those who could pay for light and warmth. The habit- 
makers made a great sale of the spoil of ail such furry créa- 
tures as had escaped wolves and eagles, for présents at the 
•Saturnalia': and at no time had the winter roses from Car- 
thage seemed more lustrously yellow and red. 

CHAPTER XIII. THE «MISTRESS AND MOTHER* 
OF PALACES 

"yV FTER that sharp, brief winter, the sun was already at 
/^\ work, softening leaf and bud, as you might feel by a 
yi y^ faint sweetness in the air ; but he did his work be- 
hind an evenly white sky, against which the abode of the 
Caesars, its cypresses and bronze roofs, seemed like a picture 
in beautiful but melancholy colour, as Marius climbed the 
long flightsof steps to be introduced to the emperor Aurelius. 
Attired in the newest mode, his legs wound in dainty 'fasciae ' 
of white leather, with the heavy gold ring of the • ingenuus,* 
and in his toga of ceremony, he still retained ail his country 
freshness of complexion. The eyes of the ' golden youth ' of 
Rome were upon him as the chosen friend of Cornélius, and 
the destined servant of the emperor; but not jealously. In 
spite of, perhaps partly because of, his habituai reserve of 
manner, he had become 'the fashion,* even among those who 
felt instinctively the irony which lay beneath that remark- 
able self-possession, as of one taking ail things with a différ- 
ence from other people, perceptible in voice, in expression, 
and even in his dress. It was, in truth, the air of one who, 
entering vividly into life, and relishing to the fuU the deli- 
cacies of its intercourse, yet feels ail the while, from the point 



RICCARDI PRESS : PAGE FROM WALTER PATER'S " MARIUS THE EPICUREAN, 
PRINTED IN 11 POINT FOUNT DE8IQNED BY HERBERT P. HORNE 

35 



CAPITVLVM VI.INTERROGATIODE EX. 
ERCITIO ANTE COMMVNIONEM 
VOX DISCIPVLI 

CVM TVAM DIGNITATEM, DOMI. 
ne, et meam uilitatem penso^ualdecontremi" 
SCO et in me ipso confundor. Si enim non ac«* 
cedo uitam fugio, et si indigne me ingessero 
offensam incurro, Qtiid ergo faciam, Deusmeus^auxi" 
liator meus in necessitatibus meis ? Tu doce me uiam 
rcctam^propone breue aliquod exercitium sacrae com*» 
munioni congruum, Vtile est enim scire qualiter scili- 
cet deuote ac reuerentertibi praepararedebeocor me- 
umad recipiendum salubriter tuum sacramentum, seu 
etiam celebrandum tam magnum et diuinum sacrifici" 
um, 

capitvlvmvii.de DISCVSSIONE PRO- 
PRIAE CONSCIENTIAE ET EMENDATI. 
ONISPROPOSITO 
VOXDILECTI 

SVPEROMNIACVMSVMMAHVMILI. 
tate cordis et supplici reuerentia, cum plena fidc 
etpia intentione honoris Dei ad hoc sacramentum 
celebrandum tractandum et sumendum oportet 
Deisacerdotemaccedere. Diligenter examina conseil 
entiam tuam , et pro posse tuo uera contritione et humilî 
confessione eam munda et clarifica,itautnil graue ha^ 
béas aut scias quod te remordeat et liberum accessum 
împediat. Habeas displicentiam omnium peccatorum 
tuorumingeneraIi,etproquotidianiscxcessibusmagis 
in specîali doleas et gemas. Et si tempus patitur, Dec 
in secreto cordis cunctasconfitere passionum tuarum 
miserias* Ingemisce et dole quod ita carnalis adhuc es 
et mundanus, tam immortificatus a passionibus, tam 
plenus concupiscentiarum motibus, tam incustoditus 



ABERDEEN UNIVERSITY PRESS: PAGE FROM THE "DE IMITATIONS 
CHRISTI" PRINTED IN THE " EWELL" TYPE DESIQNED BY DOUGLAS 
COCKERELL FOR MESSRS. METHUEN AND CO. 

37 




A NOTE ON THE SPECIMENS OF LETTERING, ILLUMI^ 
NATION, PRINTING AND BOOKBINDING SHOWN AT 
THE EXHIBITION OF ARTS 6? CRAFTS HELD AT THE 
NEW GROSVENOR GALLERY, BOND ST.,LONDON, W. 

|T the Exhibition of Arts and Crafts 
nothing gives such complète satisfac^ 
tion as the fine spécimens of writing 
done by Mr. Edward Johnston and by 
Mr. Graily Hewitt, and other disciples 
of the school of lettering which he has 
established. The importance of thèse 
exhibits is, of course, not to be gauged 
by the actual beauty of the spécimens 
themselves, though in many cases that 
is very great indeed. If we encourage 
fine writing, it is not because we wish to hang on our walls written 
and gilded texts firom the Psalms, or to treasure in our cabinets finely 
illuminated passages from Keats or from the Book of Job ; it is because 
fine writing will give us fine lettering, wherever lettering is used, 
whether in our printed books, or on the hoardings in the streets, 
or in the advertisement columns of our newspapers, or on the monu- 
ments and memorials in our graveyards and churches. It is the chief 
glory of the school that the fine lettering which is taught there has 
abready begun to penetrate to ail thèse places. It is also finding its 
way into the typefounders' spécimen books, and it is well for the 
future of printing that it should do so. Just as in the first years of 
printing the typefounders produced beautifiil letter because the fine 
writing of their day gave them their inspiration and their models, 
so in this modem school of writing we hâve the best hope for the 
inspiration and the models which will enable our typefounders to 
give us fine letter in the future. The value of the work of the school 
to the printer is shown at the Grosvenor Gallery in the versai and 
initial letters written for the splendid quarto Virgil printed by Mr. 
Hornby at the Ashendene Press, in the fine books from the Doves 
Press, in the exhibit of type4etter designed by Miss Zompolides 
and used at the Arden Press in printing their folio volume on "The 
Gold and Silver of Windsor Castle,"and in other works of merit. 



PAGE PRINTED IN THE " KENNERLEY " TYPE, 14 POINT. DESIGNED BY FREDERICK 
W. GOUDY AND CAST BY H. W. CASLON AND CO. LTD. INITIAL LETTER BY 
PAUL WOODROFFE, LENT BY THE ARDEN PRESS 

39 




A NOTE ON THE SPECIMENS OF LETTERING, ILLUM. 

INATION, PRINTING AND BOOKBINDING SHOWN AT 

THE EXHIBITION OF ARTS AND CRAFTS HELD AT 

THE NEW GROSVENOR GALLERY, BOND STREET, W. 

T the Arts and Crafts Exhibition nothing 
gives such complète satisfaction as the fine 
examples of writing done by Mr. Edward 
Johnston and by Mr. Graily Hewitt,and by 
other disciples of the school of lettering of 
which he is the founder. The importance of 
thèse exhibits is, of course, not to be mea^ 
sured by the beauty of the spécimens them^ 
selves, although in many cases that is very 
great indeed. Ifwe encourage fine writing, it 
is not because we wish to hang on our walls 
written and gilded texts from the Psalms or 
to treasure in our cabinets finely illuminated passages from Keats or the 
book of Job; it is because fine writing will give us fine lettering, wherever 
letter is used, whether in our printed books, or on the hoardings in the 
streets, or in the advertisement columns of our newspapers, or on the 
monuments and memorials in our graveyards and churches. The glory 
of the school is that the fine lettering which is taught there has already 
begun to penetrate to ail thèse places. It is also finding its way into type^ 
founders* spécimen books, and it is well for the future of English printing 
that it should do so. Just as in the first years of printing the typefounders 
produced beautiful letter, because the fine writing of their day gave them 
their inspiration and their models, so in this modem school of writing we 
hâve the best hope for the inspiration and the models which will enable 
our typefounders to give us fine letter in the future. The valueof the work 
of the school to the printer is shown at the Exhibition in the versai and 
initial letters written for the splendid quarto Virgil printed at the Ashen^ 
dene Press by Mr. Homby, in the fine books from the Doves Press, in the 
framed exhibit of type^letter designed by Miss Zompolides and used at 
the Arden Press in printing their folio volume on "The Gold and Silver 
of Windsor Castle.'* So far, however, the school has not produced a letter 
suitable for printing the text of a book. We feel sure that, if training and 
study be directed to that end, there may be designed under its influence 
founts of type^letter as graceful in the lower<case as in the majuscules, 
which shall fulfil ail the requirements of modem printing. The true lines 
of development would seem to be those of the Italian humanistic letter of 
the fifteenthcentury, which gave the early printers their first roman letter. 
CBook illustration is not so well represented at the Exhibition as we 
should hâve wished. Many of the exhibits show a lack of the sympathy 
which should attach the drawingto the printed page which it is to accom^ 
pany. It is, perhaps, diffîcult to bring the ordinary three^colour book 



PAGE PRINTED IN THE "DOLPHIN OLD STYLE" TYPE. 12 POINT 
DESIGNED AND CAST BY P. M. SHANKS AND SONS 



41 



OAY^^€IAC BIBAOC A€YT€PA. lOA- 
KH^ICDN ArOPA. THAeMAXOY AnO- 
AHMIA 

*Hjuioç a* HpiylNSia çocnh poAo2^ciKTvXoç 'HeSç, 
âpu\n àp* Ig evNHçii^ 'O^vc^hoç çIXoç vîoç, 
eÎJUiaTa lo'cyàjui.SNoo irspl Aè gîçoç ogv eér oSjulcp, 
Txoacx A' VTTO XiTTapoïcyiN lAHcyaro KaXà iréAiXa, 
6h a* ïjulsn 6K ecxXotJUioio 06^ iNaXîyKioç ônthn» 
aïvj/a Xè KHpvK8(ycyi XiyvçeoYyoïcn KsXsvcys 
KHpyjccyBm ayopHNXs KotpH KOJuiocoNTaç Axaiovç» 
oî jxèn BKHpvaaoH, toi X' AysipoNTo JiàX wKa. 
avTcxp Itts! P> hy^P^sn ojaHyspseç t lyeNONTo, 
6h pi ÏJUL6N 8ÎÇ ayopHN, TTaXàui;! X* 8X3 xot^KsoN lyxoç, 
ovK oïoç, axta t^ y 8 kvn8Ç ttoXqç âpyoî Ittonto. 
e8(m8atHN A* âpa t^ y8 xàpw kcxt6X6V8n AenNH» 

TON h! âpa TraNT8Ç XaOl 87T8px6iJl8NON eH8VNTO* 

8J8TO X* In TTcrrpoç ûcSkcp, 8!^n Xè yépoNTSç» 
roxax Z! lïteie' Hpcoç Aîyvrmoç ffpx* ayop8V8iN, 
oç Xh yHpàï KV90Ç 8HN Kat javpta i^Xh* 
kqî yàp Tov 91X0Ç vîoç ojui' aNTieécp 'OXv^hï 

''IXlON 8ÎÇ SVTTÛîXON IBh KOlX^Ç SNl NHVCTtN, 

>\ntiçoç aîxJUiHTHC TON X* aypioç 8KTaN8 KvkXcùvJ/ 
In oiTHÏ yXa9vp^, in/juiaTON X' cânXi^cyaTO XopTTON» 
Tp8Î<; Xe ot âXXot 8<;aN» kqI ô julIn juiNHCTHpmN ôjaiX8tt 
fcvpvNOJUt-oç, Xvo X' aîsN Ixon TraTpoDÏa Ipyœ 
âXX' ovX* (Sç TOV XHe8T* ôXvp6jui8No<; Kat àx^vcoN. 

TOV ô y8 XoCKpV xlû>N àyopHCîaTO Kai JU18T881TT8^ 



OXFORD UNIVERSITY PRESS: PAGE FROM THE ODY8SEY," PRINTED 
IN THE "OTTER" TYPE DE8IGNED BY ROBERT W. PROCTOR 



43 



Vy V H/that long since hast to thy mighty powre 

Perforée subdude my poore captived hart, 

And, raging now therein with restlesse stowre, 

Doest tyrannize in everie weaker part; 

Faine would I seeke to ease my bitter smart 

By any service I might do to thee. 

Or ought that else might to thee pleasing be. 

And now t' asswage the force of this new flame, 

And make thee more propitious in my need, 

I meane to sing the praises of thy name, 

And thy victorious conquests to areed, 

By which thou madest many harts to bleed 

Of mighty Victors, with wyde wounds embrewed, 

And by thy cruell darts to thee subdewed. 

Onely I feare my wits enfeebled late 

Through the sharpe sorrowes which thou hast me bred, 

Should faint, and words should faile me to relate 

The wondrous triumphs of my great god-hed : 

But, if thou wouldst vouchsafe to overspred 

Me with the shadow of thy gentle wing, 

I should enabled be thy actes to sing. 

Come, then, O come, thou mightie God of Love, 
Out of thy silver bowres and secret blisse, 
Where thou doest sit in Venus lap above, 
Bathing thy wings in her ambrosiall kisse, 
That sweeter farre then any Nectar is; 
Come softly, and my feeble breast inspire 
With gentle fiirie, kindled of thy fire. 



LONDON COUNTY COUNCIL CENTRAL SCHOOL OF ARTS AND CRAFTS : PAGE FROM 
EDMUND SPENSER'3 " FOUR HYMNSON EARTHLY AND HEAVENLY LOVE AND BEAUTY " 
PRINTED IN CASLON TYPE. WOODCUT INITIAL BY W. F. NORTHEND, STUDENT 

45 







QUE LI QUENS BOUGARS DE VALENCE F AISOIT 

guère au conte Garin de Biaucaire si grande et si mervel- 
leuse et si mortel, qu'il ne fust uns seux jors ajornés qu'il ne 
fust as portes et as murs et as bares de le vile a .c. cevaliers 
et a .X. mile sergens a pié et a ceval; si li argoit sa terre et 
gastoit son païs et ocioit ses homes. ^ Li quens Garins de 
Biaucaire estoit vix et fraies si avoit son tans trespassé. Il 
n'avoit nul oir, ne fil ne fille, fors un seul vallet. Cil estoit 
tex con je vos dirai. Aucasins avoit a non li damoisiax ; biax 
estoit et gens et grans et bien tailliés de ganbes et de pies et 
de cors et de bras. Il avoit les caviax blons et menus recer- 
celés et les ex vairs et rians et le face clere et traitice et le 
nés haut et bien assis, et si estoit enteciés de bones teces, 
qu'en lui n'en avoit nule mauvaise, se bone non. Mais si 
estoit soupris d'amor qui tout vaint, qu'il ne voloit estre 
cevalers ne les armes prendre n'aler au tornoi ne fare point 
de quanque il deust. Ses père et se mère li disoient: ^ Fix, 
car pren tes armes si monte el ceval si deffént te terre et 
aïe tes homes. S'il te voient entr'ex, si defenderont il mix 
lor cors et le avoirs et te tere et le miue. ^ Père, fait Aucas- 
sins, qu'en parlés vos ore ? Ja dix ne me doinst riens que je 
li demant, quant ère cevaliers ne monte a ceval, ne que voise 
a estor ne a bataille, la u je fiere cevalier ni autres mi, se vos 
ne me donés Nicholete, me douce amie que je tant aim. 
^Fix, fait li pères, ce ne poroit estre. Nicolete laise ester ; 
que ce est une caitive qui fu amenée d'estrange terre, si 



LONDON COUNTY COUNCIL CENTRAL 8CHOOL OF ARTS AND CRAFTS : PAGE FROM AUCA8SIN 
AND NICOLETTE," IN OLD FRENCH. PRINTED IN CASLON TYPE, WITH DECORATIVE HEADINQ 



47 






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•THEFIRSTBOOK 
OFTHEFAERIE 
QUEENE- ¥ ¥ ^ 

•COÎfi^AYNlNO THELEOEWI^ 
OF THE KNIÔHT OF THE RED- 
•CRQSÔ; QROrHOLINE55E«^ 
•BY- EDMUND-.5PE1HÔER^ 
•EDlTEDBYTHOMASTWlôE* 
.SMDPORTRXïEDlMAôEBffiô 
• or DEôlûNÔ BP WAlTERClUVriE 



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• WlôKINHOUÔE* 156 OmR.' 
•lMôCRQôôROAI>l&^4'* * 



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TITLE-PAQE BY WALTER CRANE FOR THE FIRST 
BOOK OF "THE FAERIE QUEENE" (SIZE OF 
ORIGINAL WOOD-ENQRAVINQ 10X7i INCHE8) 

50 



{Re^oduced hy permission o/Masrs, 
Gearge Allen and Co, Ltd.) 




{Re^oducedhy permission ef Messrs. 
Getrge AlUn and Co. Ltd.) 



FULL-PAOE ILLUSTRATION BY WALTER CRANE FOR 
THE F1R8T BOOK OF "THE FAERIE QUEENE." (StZE 
OF ORIGINAL WOOD-ENQRAVINQ 9iX7i INCHE8) 



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DESIGN FOR A TITLE-PAGE. BY REGINALD L. KNOWLES. 
PUBLISHED BY MESSRS. GEORGE ROUTLEDGE AND SONS, LTD. 




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FRONTISPIECE TO AYMER VALLANCE'S "OLD COLLEGES OF OXFORD" 
DESIQNED BY HAROLD NELSON FROM SUGGESTIONS BY AYMER VALLANCE 
PUBLISHED BY MESSRS. B. T. BATSFORD LTD. 



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THE FRINCESS OF THE DWARES 




RETOLD IN ELNGLISn BV 
PETER WRIGHT &^ILLU3TRA- 
TED By CHARLE5 R0BIN50N 



I,ONDON . J.M.Denrc^ Sons Lid.Bedrord ë>t W.C 
NEW yORK X.RDtjtlon & Co 

1912 



TITLE-PAGE DESIQNED BY CHARLES ROBINSON 
FOR MESSRS. J. M. DENT AND SONS LTD. 

62 




THE BIRTH LIFE AND ACTS OF KING ARTHUR OF HIS 

NOBLE KNIGHTS OF THE ROUND TABLE THEIR 

MARVELLOUS ENQUESTS AND ADVENTURES 

THE ACHIEVING OF THE SAN GREAL 

AND IN THE END LE MORTE DAR- 

THUR WITH THE DOLOUROUS 

DEATH AND DEPARTING 

OUT OF THIS WORLD 

OF THEM ALL. 





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THE TEXT AS ^RïT- 

TEN BY SIR THOMAS MALORY 

AND IMPRINTED BY WILLIAM CAXTON 

AT WESTMINSTER THE YEAR MCCCCLXXXV 

AND NOW SPELLED IN MODERN STYLE. WITH AN 

INTRODUCTION BY PROFESSOR RHYS AND EMBELLISHED 

WITH MANY ORIGINAL DESIGNS BY AUBREY BEARDSLEY. MDCCCCIX. 



TITLE-PAQE DE8IQNED BY AUBREY BEARDSLEY 
FOR MESSRS. J. M. DENT AND SONS LTD. 



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DESIGN FOR A TITLE-PAGE. BY THOMAS DERRICK 
PUBLISHED BY MESSRS. SIEGLE, HILL AND CO. 



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luxu tkc crcxk ofx UunbcruvO'CArt, 

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W tkcclcepe crFrou ruwtrt^. 

Luroruç opuJ^^lvak.pc^tnu^09U^ 

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OUALA PRESS :PAQE DESIQNED BY CHARLES BRAITHWAITE 

68 



LA RELIURE DE LUXE EN ANGLE- 
TERRE. PAR DOUGLAS COCKERELL 

C [PRESSION "reliure de luxe" ou "reliure fine" que l'on 
emploie dans le commerce, signifie que l'artisan a opéré de son 
mieux avec les meilleurs matériaux. Elle peut être simple ou 
décorée ; mais, quel qu'en soit le genre, il faut qu'elle soit ce 
que l'artisan sait donner de mieux. Les livres imprimés sont générale- 
ment des ouvrages faits à la machine, et il semblerait rationnel qu'il 
en fût de même pour leurs couvertures ; c'est effectivement le cas 
des emboîtages avec lesquels la plupart des livres anglais sont publiés. 
On a une tendance à croire que le prix de la reliure doit être en rapport 
avec le prix du livre ; mais comme les volumes sont imprimés par 
milliers, et que les belles reliures ne peuvent être exécutées que séparé- 
ment, à la main, et au prix de beaucoup de soin, il est inévitable qu'en 
général une pareille reliure soit beaucoup plus coûteuse que le livre 
qu'elle recouvre. Cet état de choses existe probablement depuis qu'on 
a pu imprimer à bon marché et cependant il y a toujours eu des gens qui 
attribuaient à certains livres une valeur assez haute pour qu'ils méri- 
tassent d'être décorés et reliés richement. Car un véritable bibliophile 
estime un volume autrement qu'à son prix de librairie, et il peut tenir à 
ce qu'une œuvre d'un de ses auteurs favoris soit précieusement recou- 
verte. Certains livres demandent à être richement garnis en raison de 
leur nature et de leur emploi. Les livres liturgiques, par exemple, se 
prêtent très bien à l'ornementation, pourvu qu'elle soit de bon goût. 
Ils donnent simplement une note somptueuse, dans une grande église ou 
dans une cathédrale ; il faut les apprécier en fonction du milieu, et non 
isolément. M On a à présent une tendance à estimer la décoration en 
raison inverse de son abondance, à demander qu'elle soit concentrée en 
certains endroits, laissant vide la plus grande partie de la surface de 
l'objet. C'est une manière fort raisonnable de comprendre la reliure, 
mais ce n'est pas la seule. On peut donner une reliure satisfaisante avec 
peu ou pas d'ornementation, on ne risque guère, dans ce cas, d'aboutir à 
un désastre complet. Couvrir toute la surface d'une reliure avec des 
ornements et des dorures, c'est beaucoup plus difficile, si l'on veut un 
résultat satisfaisant, mais c'est possible, et cela vaut la peine qu'on le 
fasse si on le réussit. Jff Actuellement, il y a en Angleterre beaucoup de 
relieurs qui sont capables d'exécuter des ouvrages tout à fait supérieurs ; 
et, heureusement, il y a chez nous et en Amérique des amateurs de livres 
qui ont assez de goût et assez de moyens pour leur donner des com- 
mandes. Il est probable que si quelqu'un avait la hardiesse de consacrer 
cent ou deux cent mille francs à la reliure des plus beaux livres que l'on 
fabrique actuellement, il trouverait, s'il répartissait judicieusement les 

69 



dépenses, qu'il aurait acquis une bibliothèque destinée à devenir célèbre 
dans le monde entier. Un fait intéressant, c'est la renaissance de l'usage 
des armoiries sur les reliures ; lorsque certaines bibliothèques modernes 
seront dispersées, les noms des propriétaires des livres seront rappelés 
comme ceux des détenteurs primitifs de tant de livres armoriés qui nous 
viennent du passé. Mil y a. des qualités qui sont communes à tous les 
livres bien reliés. Bien entendu, les volumes d'un genre tout à fait par- 
ticulier doivent être traités d'une façon spéciale ; mais on peut dire, 
d'une façon générale, que chaque page doit pouvoir s'ouvrir franche- 
ment jusqu'au fond. Cela veut dire que toutes les feuilles ou planches 
séparées doivent être fixées au moyen d'onglets, qu'il ne faut tolérer ni 
collage sur bord ni remplissage, et que le dos doit être parfaitement 
souple. Les cahiers doivent être cousus avec des cordons souples, dont 
les bouts doivent être solidement fixés aux plats ; le dos doit être couvert 
d'une bande solide, par exemple en cuir, ce qui, tout en protégeant les 
cordons, donne plus de force à la reliure. Une belle reliure peut encore 
se distinguer par divers caractères de raffinement et de soin, mais, si elle 
n'a pas les qualités que nous avons indiquées, il y a des chances pour 
qu'elle ne constitue pas un ouvrage satisfaisant. Un livre bien relié doit 
pouvoir s'ouvrir aisément et rester ouvert, se fermer aisément et rester 
fermé. On peut relier n'importe quel livre de telle façon qu'il ne s'ouvre 
pas, mais il y a des livres que l'on ne peut relier de telle façon qu'ils s'ou- 
vrent et se ferment doucement. Jff La reliure n'est qu'une partie de l'in- 
dustrie, si vaste, du livre, et, pour obtenir un livre parfait, il faut que les 
artisans, dans chaque partie, aient la même idée de ce que doit être un 
livre, et que chacun d'eux contribue à la réalisation de cet idéal. Mal- 
heureusement, il arrive trop fréquemment que les imprimeurs se con- 
tentent de la perfection du tirage ; il résulte de là, par suite d'erreurs dans 
le choix du papier ou de l'imposition, que le relieur a à affronter des diffi- 
cultés qui ne s'imposaient pas et qui parfois sont insurmontables. Un 
livre qui ne s'ouvre pas aisément, et qui, lorsqu'on veut le fermer, reste 
entr'ouvert comme une huître, n'est pas d'un maniement agréable ; et 
lorsque l'on remarque ces défauts, on les met généralement sur le compte 
du relieur. Parfois il le mérite, mais le plus souvent la faute en est due au 
' papier. Pour ouvrir un livre, il faut courber un certain nombre de pages ; 
et lorsque le papier est si raide qu'un folio seul ne peut s'abaisser par son 
propre poids, le livre ne pourra s'ouvrir convenablement si on le relie de 
la manière habituelle. On peut relier un paquet de cartes à jouer en 
fixant chacune sur un onglet, de façon à former une sorte de volume 
qui s'ouvre et se ferme aisément ; mais si la chose est réalisable, cela ne 
justifie pas la fabrication de livres qui exigent un procédé aussi forcé 
pour se prêter à une reliure satisfaisante. Jff Lorsque William Morris 
fonda l'Imprimerie Kelmscott, il ne rénova pas seulement l'imprimerie 
70 



artistique ; il établit un mode de reliure tout à fait rationnel, et les 
éditeurs qui suivirent son mouvement l'appliquèrent, de sorte que nous 
avons en Angleterre quantités de livres bien imprimés qui sont dignes 
d'avoir une magnifique reliure, sans imposer au relieur d'obstacles inu- 
tiles. JS M. Cobden-Sanderson a beaucoup contribué à rétablir l'usage 
du dos collant ou souple. Le cuir est fixé directement au dos des cahiers, 
et contribue ainsi aies maintenir solidement ensemble. Jusqu'à ces cent 
dernières années, tous les livres reliés en cuir avaient des dos collants ; 
vint alors l'usage du dos creux. Un dos collant doit se retourner quand 
on ouvre le livre ; c'est-à-dire que, convexe lorsque le livre est fermé, il 
doit devenir concave quand on l'ouvre. Cela produit un certain écrase- 
ment du cuir, écrasement qui est funeste à la dorure ; mais quand le 
livre est bien relié l'inconvénient n'est pas grave, et il ne faut pas que l'on 
sacrifie à l'ornementation des questions importantes en ce qui concerne 
la structure. JffLe dos creux n'écrase pas le cuir, aussi est-il préféré par 
les gens du métier ; en outre il est plus aisé de couvrir proprement un 
dos creux qu'un dos collant ; mais les efibrts auxquels donnent lieu 
l'ouverture et la fermeture, qui devraient se répartir également sur tout 
le dos, sont, dans le cas du dos, localisés aux jointures ; de sorte qu'en cas 
endroits le cuir est sujet à se briser s'il n'est pas spécialement renforcé, 
comme c'est le cas des registres bien reliés. JS Si les dos souples — lors- 
qu'ils justifient vraiment cette appellation — sont incontestablement les 
meilleurs, quelques relieurs mettent au dos une doublure qui le raidit au 
point qu'aucun mouvement, ou presque, n'est possible, lorsque le livre 
est ouvert. Cela évite l'écrasement du cuir et laisse la décoration intacte, 
mais le livre ne s'ouvre pas, et un dos aussi raide ne vaut rien. Dans le 
choix du cuir, on tient compte surtout de sa force et de sa souplesse ; 
cependant bien des relieurs sacrifient délibérément cette dernière qualité, 
pour s'assurer une netteté parfaite ou pour pouvoir cacher des défauts.Jtf 
Il est de mode, dans certains milieux, de considérer le travail comme 
parfait lorsque les plats ont un bord bien régulier. On ne peut y arriver 
qu'en rognant le cuir comme du papier, ce qui lui laisse peu de force. Il 
est naturel qu'un objet recouvert de cuir ait des bords mous et arrondis, 
et il n'est pas rationnel d'exiger qu'une matière n'ayant rien de commun 
avec le bois puisse être égalisée comme une planche. Les bords d'un plat 
recouvert de cuir doivent avoir une surface parfaitement plane, et 
n'importe quel bon ouvrier saura éviter de donner un aspect trop gauche. 
C'est seulement quand ils sont extrêmement fins, ce qu'admirent tant 
les profanes, qu'ils prêtent à critique. Pour les tranches, la mode a adopté 
deux partis extrêmes : quelques bibliophiles veulent qu'elles restent in- 
tactes, d'autres exigent qu'elles offrent une surface unie comme celle 
d'un métal. Les bords de pages inégaux, à barbelure, sont, avec le papier 
à la main, un inconvénient inévitable, dû au mode de fabrication de ce 

71 



papier. Les anciens relieurs égalisaient légèrement ces bords, parce 
qu'autrement ils auraient présenté un aspect désagréable, ils auraient 
gêné pour tourner les pages, et auraient emmagasiné la poussière. Par- 
fois, on ne touchait pas aux pages qui étaient plus courtes. Les gens 
de métier, en Angleterre, appellent ces pages des " preuves ", parce 
qu'elles prouvent qu'on n'a pas rogné à tort et à travers. Pour dorer les 
tranches d'une façon bien uniforme, le relieur doit rogner au ciseau les 
pages les plus basses, ce qui amène souvent à réduire exagérément le 
format ; mais on peut réaliser un compromis, en égalisant légèrement 
chaque signature et en la dorant séparément, avant que toutes soient 
cousues. De cette façon, les tranches ont un aspect plus riche et cepen- 
dant naturel, et n'ont pas besoin d'un rognage trop excessif M Dans ces 
derniers temps on s'est, en Angleterre, livré à de sérieuses recherches 
portant sur les matériaux de reliure. La Commission des cuirs de reliure 
de la Société Royale des Arts a établi des modèles, de sorte que les 
relieurs peuvent se procurer des peaux qui ne se détériorent pas au cours 
du travail ; et l'on prépare maintenant, dans notre pays, des cuirs excel- 
lents pour la reliure. Les fabricants sont arrivés à donner au cuir toutes 
les teintes désirables, pourvu qu'elles n'aient rien d'extravagant, sans re- 
courir à l'acide sulfurique ; il y a seulement quelques nuances claires de 
fantaisie que Ton ne peut obtenir avec les cuirs non traités à l'acide. Il 
est d'ailleurs véritablement avantageux que l'on ne puisse se procurer ces 
nuances de fantaisie sur du cuir non travaillé normalement, car elles se 
fanent presque toujours, et les livres ainsi reliés ont généralement l'air 
d*être destinés à ne pas servir. -*f II y a différentes manières de décorer les 
livres reliés en cuir ; mais la plus fréquemment employée, de beaucoup, 
c'est l'estampage, avec ou sans dorure ; et c'est des reliures estampées 
que nous nous occupons ici. L'estampage ordinaire se fait à chaud ; les 
meilleurs instruments pour ce travail sont analogues à des sceaux : lors- 
qu'on les applique, ils forment un creux sur lequel l'ornement se dé- 
tache en relief. Les instruments qui servent pour la dorure sont fabriqués 
de telle sorte que l'ornement et l'or viennent plus bas que la surface du 
cuir ; on peut employer aussi ces ornements sans mettre d'or, mais la 
décoration qu'on obtient alors n'a guère le caractère qu'elle présentait à 
la meilleure époque, c'est-à-dire à la fin du XV^ siècle. L'estampe avec 
dorure nous vint de l'Orient, et pendant très longtemps les motifs con- 
servèrent un style asiatique. Les reliures anglaises, avec dorures du 
XVIP et du XVIIP siècles, ont souvent un étrange cachet oriental. M 
La décoration des reliures de luxe en Angleterre descendit presque à son 
plus bas niveau vers le milieu du dernier siècle. Le talent technique ne 
manquait jamais, mais l'ornementation avait perdu toute vitalité, et les 
reliures ornementées de cette époque sont pour la plupart des copies ou 
des imitations d'ouvrages anciens. William Morris composa quelques 
72 



très beaux modèles de reliure toutes couvertes d'estampages avec dorures, 
dont chacun représentait une plante complète. Son ami M. Cobden- 
Sanderson, qui abandonna le droit pour apprendre le métier de relieur, 
créa des ouvrages dont la décoration délicate n'a pas été surpassée. Avant 
lui, il y avait eu quelques essais pour combiner les poinçons de façon à 
former des ensembles. Les motifs de M. Cobden-Sanderson étaient d'un 
caractère très simple ; chaque fleur, chaque feuille, chaque bourgeon 
était marqué à l'aide d'un poinçon spécial. Il les combinait pour donner 
l'impression de la végétation naturelle, sans jamais enfreindre les limites 
et les conventions qu'imposait la tradition de son métier. M. Cobden- 
Sanderson arriva à des résultats uniquement grâce au génie qu'il déploya 
pour employer normalement des éléments simples. Il usait très modéré- 
ment des incrustations, et l'aspect de ses belles reliures est déterminé 
uniquement par l'effet de l'or sur le cuir. Le genre de motif qu'il a créé 
s'est répandu dans tout le commerce, principalement grâce à l'enseigne- 
ment donné dans les diverses écoles techniques ; et il est maintenant 
assez rare de trouver une reliure soignée de date récente où l'on n'ait pas 
cherché à combiner les divers poinçons de façon à constituer un ensemble. 
M L'emploi de poinçons composés (c'est-à-dire formant eux-mêmes un 
dessin complet, et ne pouvant se combiner à aucun autre) est maintenant 
restreint aux reliures bon marché. Les coins et les rosaces qui ornent le 
dos des livres pour distributions de prix sont des exemples inférieurs, 
mais bien connus, de l'emploi de ces instruments. Avec l'apparition du 
style Cobden-Sanderson a coïncidé une reviviscence très active de l'usage 
des entrelacs pour les dorures. Ces lignes enchevêtrées, lorsqu'elles ne le 
sont pas avec exagération, peuvent être fort belles ; mais là, comme dans 
la plupart des autres métiers, les artisans qui ont beaucoup de talent 
cherchent presque l'impossible ; et quelques-uns des motifs nouveaux à 
entrelacs sont manques parce que trop recherchés. M. Charles Ricketts 
a dessiné quelques excellentes reliures avec dorures pour l'Imprimerie 
Vale. Elles ont à peine soulevé l'attention qu'elles méritaient, et leur 
style ne s'est pas répandu, probablement parce qu'il n'est pas aisé de 
reproduire la délicatesse et le raffinement extrêmes avec lesquels M. 
Ricketts sait manier les lignes fines. Ces reliures ont une harmonie qui 
leur vaut d'être classées àpart. M. Cobden-Sanderson et M. Ricketts ont, 
avec des manières bien différentes, montré tous les deux que la dorure 
peut donner une fort belle décoration sans dépasser les limites qu'impose 
au métier la tradition, et que les plus belles reliures qu'on produit ac- 
tuellement ont fait reconnaître. L'estampage avec or est, par sa nature, 
un mode d'expression très limité, mais, pour en trouver exactement les 
limites, il faut du sentiment et du goût plutôt que du savoir. Certaine- 
ment, dans quelques-unes des reliures de luxe que l'on exécute actuelle- 
ment, on a dépassé ces limites ; et, si les résultats montrent la dextérité 

73 



extraordinaire de l'artisan, ils sont moins heureux que bien d'autres 
ouvrages moins ambitieux. M II n'y a, à présent, aucune école caracté- 
ristique, en ce qui concerne l'estampage à froid ; mais parfois ce procédé 
est appliqué avec succès. M. William Morris a dessiné une reliure re- 
marquable,en peau deporc blanche,pourla grande édition du " Chaucer" 
de l'Imprimerie Kelmscott. De nombreux exemplaires en ont été reliés 
sur ce modèle aux ateliers de reliure de la " Doves Press " ; mais la 
plupart des essais qu'on a tentés pour exécuter des ouvrages du même 
genre ont assez peu réussi. Jff On s'est livré à beaucoup d'efforts pour 
ressusciter l'art du cuir modelé et l'appliquer à la décoration des livres ; 
mais bien que cette méthode puisse donner d'excellents résultats, on ne 
peut dire qu'en général les reliures de ce genre qui ont figuré aux ré- 
centes expositions soient réussies. Tout travail exécuté sur le cuir avant 
que le livre soit relié est presque condamné à un échec, parce que, si le 
cuir est modelé avant d'être appliqué sur le livre, le relieur ne peut le 
manier avec la liberté nécessaire. Mais on peut donner au cuir un 
modelé suffisant une fois que le livre est relié, si ce cuir est suffisamment 
épais ; d'ailleurs un modelé trop en relief ne convient pas à la plupart 
des livres. Jff Beaucoup de vieilles reliures comportaient de belles mon- 
tures en métal et des fermoirs. Lorsque l'on met des fermoirs à des livres 
modernes, il faut qu'ils ne dépassent pas les plats, de façon à ne pas abîmer 
les volumes voisins. Les fermoirs qui forment saillie et les cabochons ne 
conviennent qu'à des livres qui sont destinés à rester sur un lutrin. M 
Lorsqu'on traite des reliures décorées, on est exposé à cette erreur 
fréquente, qui consiste à généraliser des cas particuliers ; on ne saurait 
mettre trop d'ornements sur un objet aussi petit qu'une couverture du 
livre si ces ornements ont assez de valeur. Un livre bien relié avec un 
bon cuir peut être tout à fait beau et satisfaisant, grâce à la qualité du 
travail, de la matière et de la couleur. Un livre tout couvert de belles 
dorures peut être de tout aussi bon goût et beaucoup plus beau ; mais, 
si une reliure simple comporte assez peu de chances de non-réussite, 
il y a par contre des risques effrayants quand la couverture est abondam- 
ment ornementée. Il y a, assurément, toute une série de gradations 
entre une reliure toute unie et une entièrement couverte d'or, mais 
il y a des qualités communes à toutes les sortes de décoration avec 
dorures. JS" Il y a peu de reliures qui soient tout à fait réussies sans que 
l'ornementation soit disposée avec symétrie. Tout essai pour repré- 
senter un paysage, des personnages ou des fleurs naturelles, est presque 
condamné à ne pas réussir. L'estampage à chaud ne convient pas pour 
rendre des sujets de ce genre. La lettre doit être bien dessinée, et 
sans excentricités. La disposition d'un titre long sur un dos étroit peut 
obliger à des coupures fâcheuses : on ne doit s'y résoudre qu'à la der- 
nière extrémité, et lorsque la nécessité de cette mesure est manifeste. 
74 





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Parisli Churc/t) 



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DESIQNED AND TOOLED BY L. HAY-COOPER, SOUND BY S. BARNARD 



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EXECUTED BY J. GREEN (OXFORD UNIVERSITY PRESS) 




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EXECUTED BY P. WARD fOXFORD UNIVERSITY PRESS) 



DESIGNED BY J. GREEN 



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BY MARY E. ROBINSGN 





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AND TOOLING. BY ROBERT RIVIERE AND SON. 




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GOLD TOOLING. BY F. SANGORSKI AND G. SUTCLIFFE 



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SULLIVAN, BART. 





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BOOKBINDING IN BLUE LEVANT MOROCCO, WITH, 
INLAY AND GOLD TOOLING. BY ZAEHNSDORF 




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INLAY AND GOLD TOOLING. BY ZAEHNSDORF 







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BINDING-CASE DESIGNED BY R. P. COSSOP 
FOR MESSRS. J. M. DENT AND SONS LTD. 

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END-PAPER DESIGN BY H. QRANVILLE FELL 
FOR MESSRS. QEORQE NEWNES, LTD. 



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INITIAL LETTERS DESIGNED BY R. JAMES WILLIAMS. FOR THE VINCENT PRESS 

123 




"COUTE QUIIL COUTE" — DECORATIVE 
DRAWINQ BY R. JAMES WILLIAMS 



T24 



ALLEMAGNE 



L'ART DU LIVRE EN ALLEMAGNE 
PAR L. DEUBNER 

" W A TYPOGRAPHIE,même dans les éditionsde luxe, n'est pas un 
I art, et le compositeur n'est pas un artiste, non plus que l'im- 

I primeur." Voilà ce qu'écrivait en 1887 Ludwig Nieper, 

■ ^ directeur de l'établissement qui s'appelle aujourd'hui l'Aca- 
démie Royale des Arts graphiques et de l'Industrie du livre à 
Leipzig; et c'est dans cette ville que se tient actuellement une Expo- 
sition internationale du Livre, où tous les aspects possibles de cette in- 
dustrie sont représentés, ainsi que tous les arts qui s'y rattachent : 
témoignage frappant et éloquent, comme on n'en a peut-être jamais 
eu jusqu'ici, de la civilisation qui unit les nations. Les lignes que nous 
venons de citer, et où l'on nie l'influence de l'art sur le travail industriel, 
datent d'une époque où le véritable sentiment artistique manquait com- 
plètement, et où l'on se contentait d'imiter et de reprendre les styles 
historiques, en se dispensant d'envisager les exigences d'ordre pratique 
de l'industrie. Aujourd'hui, l'on sait combien l'influence réciproque de 
l'art et de l'industrie, dans tous les domaines, a été bienfaisante et 
féconde pour l'un et pour l'autre ; l'on sait aussi que c'est là le seul 
moyen qui a permis de passer d'un simple embellissement extérieur 
à la forme artistique, de l'ornementation à la véritable esthétique du 
livre. Ainsi, dans l'espace de vingt-cinq ans à peine, nous avons com- 
plètement changé notre conception de l'art, et de sa fonction ; il 
faut laisser à ceux qui viendront après nous le soin d'estimer plus 
justement que nous ne le pourrions aujourd'hui l'œuvre considérable 
qui a été accomplie au cours d'une génération. Les premières 
phases de ce mouvement de rénovation en Allemagne remontent à 
une vingtaine d'années. A cette époque, nous regardions avec envie 
les publications qui sortaient des imprimeries d'Angleterre, et nous 
ne pouvions rien montrer qui soutint la comparaison avec le célèbre 
"Faust" de la " Doves Press" ; et si aujourd'hui enfin nous pouvons 
voler de nos propres ailes, il serait inexact d'afiirmer que l'art du 
livre moderne en Allemagne a une origine absolument nationale, et 
de désavouer le précieux encouragement et les enseignements que nous 
devons particulièrement à l'Angleterre. Et, bien que nous com- 
prenions parfaitement que le livre dans son ensemble, avec des carac- 
tères, une décoration, un papier et une reliure constituant un tout bien 
coordonné, doit être une œuvre d'art, ce n'est qu'après une série 
d'erreurs et de faux départs que nous sommes parvenus au but. Ainsi 
personne aujourd'hui ne chercherait sérieusement à défendre un ouvrage 
comme le catalogue officiel de la nation allemande à l'Exposition 
de Paris en 1900; de même le caractère " Eckmann", qui fut à un 

127 



certain moment l'objet d'un enthousiasme sans précédent, et dans le 
dessin duquel on avait cherché à concilier le "romain" avec l'ornemen- 
tation moderne à lignes sinueuses, est à présent presque complètement 
oublié. Ces productions, et bien d'autres, que l'on accueillit alors comme 
des révélations, appartiennent à ce genre d'erreurs qui n'est réellement 
qu'une exagération de la vérité. Mais, sans de tels excès, et sans ces 
idées extravagantes qui se manifestèrent alors si vivement, on n'eût pu 
réaliser en si peu de temps ce qui a été effectivement réalisé et ce qui, 
malgré des "ratés ", a conservé toute son importance dans l'histoire de 
la rénovation de l'art du livre. JT Le premier fait significatif qui arriva 
une fois qu'on eut de nouveau reconnu la valeur décorative de la lettre 
typographique, ce fut la publication de quelques nouveaux caractères 
dessinés respectivement par Otto Eckmann et par Peter Behrens ; les 
premiers minces, délicats et arrondis, les autres hardis, pleins de dis- 
tinction et anguleux, mais tous présentant autant d'aisance et de naturel, 
et également faciles à lire. Ce furent ces fontes qui marquèrent vraiment 
l'origine du nouveau mouvement ; et la fonderie des Frères Klingspor, 
qui les a produits, s'est ainsi placée à la tête de tous ces établissements 
qui ont depuis enrichi notre typographie de quantité de caractères nou- 
veaux et excellents. On était arrivé à reconnaître que la lettre et l'orne- 
mentation du texte, loin de pouvoir être considérées comme une fin en 
soi, doit être adaptées au style du caractère, afin que l'espace rectangu- 
laire que représente une page fût rempli de façon à donner un bon 
effet général et à satisfaire l'œil d'un lecteur de goût. Il ne restait donc 
qu'à confier le dessin de caractères nouveaux à des artistes qui se fussent 
déjà signalés par leur mérite et leur originalité comme décorateurs de 
livres ; et comme aucun des nombreux fondeurs allemands ne désirait 
ou même ne pouvait rester en arrière dans un pareil mouvement, il en 
résulta qu'en l'espace de quelques années les imprimeries furent inondées 
d'une quantité de nouveaux caractères "artistiques", dont cependant un 
assez petit nombre ont pu subsister jusqu'à aujourd'hui. Dessiner un 
nouveau caractère ou modeler à nouveau les anciens types de romain ou 
de gothique, de façon non seulement à obtenir un aspect plaisant mais 
aussi à permettre à l'œil de saisir aisément les groupes de mots formant 
image ainsi que les lettres isolément, et de lire les lignes rapidement et 
commodément, tout cela constitue une tâche d'une difficulté singulière, 
et dont l'importance n'a pas toujours été appréciée par ceux qui l'ont 
entreprise. Pour avoir une idée de la multitude d'obstacles qu'il y avait 
à surmonter, il faut se rappeler que les formes fondamentales des lettres 
sont fixées rigoureusement, et qu'on ne peut modifier que légèrement 
r"œil" du caractère, les proportions de ses éléments composants, 
l'alternance des lignes verticales, horizontales ou obliques, la courbure 
des majuscules, l'ampleur des boucles qui commencent ou terminent 
128 



une lettre ; que la lettre imprimée, à l'opposé de la lettre écrite, est 
assujettie à des lois établies, et que, pour avoir droit à la considération, 
elle doit, tout en traduisant la personnalité du dessinateur, ne rien avoir 
de trop original, si elle doit être d'un usage courant. De plus, il faut 
qu'elle soit conforme à l'esprit de notre époque, mais sans non plus y 
être trop assujettie, afin de pouvoir subsister plus tard, comme tant 
de beaux caractères que nous ont légués les XVIP et XVIIP siècles. M 
Comme nous l'avons déjà dit, il n'y a dans notre pays qu'un petit nombre 
de dessinateurs de caractères typographiques qui aient surmonté toutes 
ces difficultés, et parmi leurs noms ceux de Behrens, Tiemann, Koch, 
Kleukens, Weiss et Wieynk viennent au premier rang. Peter Behrens 
était véritablement né pour être architecte ; après avoir commencé par 
peindre des tableaux de chevalet et décorer des livres, il bâtit maintenant 
des palais, des usines, et de gigantesques maisons pour le commerce. Au 
cours des treize dernières années, il a composé quatre fontes ; ces créa- 
tions traduisent toute l'évolution artistique de son puissant tempérament, 
et ont un caractère si spontané, qu'on ne se douterait nullement qu'il a 
fallu des années de travail pour les améliorer et les perfectionner, depuis 
les premières ébauches jusqu'à la fonte proprement dite. A côté de la 
première fonte de Behrens, à laquelle ses formes austères et anguleuses 
donnent un aspect architectural, sa fonte " italique " ou " Kursiv " 
(p. 141), créée six ans plus tard, paraît plus décorative, avec ses lignes 
d'allure douce et régulière ; dans ses caractères " romains " les mieux 
réussis, toute la vigueur imposante de sa dernière phase est clairement 
traduite, et dans ses plus récents, les caractères " Mediœval " (p. 140), 
qui ont été fondus il y a quelques semaines seulement, l'élément orne- 
mental, avec la beauté uniforme des lignes, domine davantage, et 
remplit parfaitement son rôle, qui est de représenter les traits typiques 
de la typographie de la Renaissance italienne. JX Un autre caractère 
" Mediasval ", qui surpasse pour la beauté et la clarté de la forme 
celui que nous venons de mentionner a été dessiné par Walter Tiemann 
(pp. 146 et 147), qui est professeur à l'Académie Royale d'Art gra- 
phique de Leipzig, et qui se consacre presque exclusivement à 
l'avancement de l'art des caractères et du livre. Ce type de lettres, 
comme tous les autres dûs à cet artiste, est assez impersonnel, et il y a 
plus de raison que de sentiment dans l'inspiration ; mais sa discrétion 
froide et distinguée lui donne un mérite tout à fait exceptionnel. De 
plus, il est complètement indépendant des prototypes classiques et de 
leurs imitations Romanesques ; ses diverses séries ont toutes beaucoup 
d'effet, et leur emploi n'est pas restreint aux éditions à tirage limité ; de 
fait, c'est actuellement un de nos caractères les plus répandus. M Les 
caractères romains dessinés par F. W. Kleukens (pp. 151, 153 et 156) 
comptent aussi parmi les plus heureuses productions de notre école. 

129 



mais 



Ils sont exempts de toute excentricité, leurs formes sans prétention n 
distinguées sont séduisantes, et même les variétés minces destinées à 
l'ornementation ont une clarté qui plaît. Malgré le peu d'épaisseur des 
traits, les lettres de cette fonte svelte se combinent en formant des lignes 
d'une lecture facile. Les caractères Kleukens sont pratiques autant 
qu'attrayants ; et, associés à une vaste série de bordures, de lettrines et de 
vignettes de toutes sortes, ils se prêtent parfaitement aux emplois les 
plus divers. Jff Les gracieux caractères dessinés par Heinrich Wieynk 
(pp. 149 et 150) ont un charme beaucoup plus personnel, mais l'usage 
en est beaucoup plus restreint. Leur style est inspiré du rococo, de cette 
époque de charme badin et de grâce enjouée à laquelle la typographie 
française doit tant de chefs-d'œuvre. On retrouve dans la " Kursiv " et 
dans le "Trianon" de Wieynk jusqu'aux inutiles boucles et fioritures et 
iusqu'à toutes les bizarreries propres à cette période ; et cependant 
chacune de leurs lignes a une vitalité et un coulant remarquables ; l'effet 
général en est extrêmement artistique, et, comme le montrent les spéci- 
mens reproduits, ces caractères se prêtent admirablement à des emplois 
variés. Jff On a entrepris beaucoup de tentatives pour moderniser le vieux 
caractère "Schwabacher",qui remonte au milieu du XV^ siècle, et diffère 
de la " Fraktur " (gothique allemand) en ce qu'il est plus compact. Dans 
ces essais, c'est Rudolf Koch qui jusqu'à présent a le mieux réussi ; son 
"allemande", comportant trois sortes de formes, a révélé une fois de plus 
la riche beauté et la solidité inhérentes à tous les aspects du gothique. 
Dans ces lettres d'un dessin hardi se traduit une virile gravité et aussi une 
grandeur simple qui, dans les initiales aux formes enlevées et puissantes, 
devient vraiment imposante. De plus, la composition en est soignée, 
dans tous les détails ; et, malgré la vigueur des lignes, ils sont d'une 
beauté très expressive. JS Heinz Kônig, lui aussi, a bien réussi avec son 
caractère " Schwabacher " (p. 152). Ce caractère est d'une clarté re- 
marquable ; et, grâce à son mélange d'éléments romains et gothiques, il 
est à la fois solide et commode ; de plus, il ne présente aucune difficulté 
à l'étranger. On n'y trouve pas les crochets ni les boucles qui dans le 
gothique sont si souvent critiqués par les partisans du romain ; c'est un 
gothique expurgé de tous les détails inutiles, et qui a à la fois de la gra- 
vité et des qualités décoratives. M Parmi les gothiques nouveaux il faut 
mentionner avant tout celui qu'on appelle le "Gothique Weiss" et qui, 
dessiné par E. R. Weiss, a été de sa part l'objet de perfectionnements 
après de longues années d'une infatigable collaboration avec la Fonderie 
typographique Bauer et Cie. Ce caractère a gardé un style purement 
germanique, mais il est débarrassé des fioritures que comportait le vieux 
gothique allemand. L'aspect léger et dégagé des textes qu'il permet de 
composer leur donne une clarté qui est vraiment agréable, de sorte qu'on 
peut les lire avec aisance et commodité, tout en éprouvant la paisible 
130 



satisfaction que causent la simplicité et la netteté de ce caractère ré- 
pondant également aux exigences d'ordre pratique et d'ordre esthétique. 
La Maison d'édition Tempel a, de même que nombre d'importants 
éditeurs allemands, adopté le " Weiss-Fraktur " pour ses éditions 
modèles de classiques allemands. M Lorsqu'il y a à satisfaire à de 
nouveaux désirs et que de nouvelles formes commencent à se dé- 
velopper, ce sont toujours les domaines où la production est facile et 
agréable qui constituent les meilleurs champs d'expériences. Ainsi, il y 
a une quinzaine d'années, le dessin de reliure était une des occupations 
favorites des artistes qui s'intéressaient à la réforme de l'art industriel ; 
et tous ceux qui ont des idées nettes à ce sujet n'ont pas besoin qu'on 
leur rappelle quelle sorte d'ouvrage on produisait alors. Sous l'influence 
de Van de Velde qui enseignait que chaque ligne est une force, les cou- 
vertures et les reliures furent surchargées d'un fouillis de lignes, ce qui 
exprimait simplement la résolution qu'on avait prise de rompre com- 
plètement avec les anciennes méthodes. Mais beaucoup de ceux qui, au 
début, pratiquaient cet art plus ou moins en dilettantes, en sont venus, à 
force de travailler avec calme et sérieusement, à en résoudre les problèmes, 
et à se consacrer presque exclusivement aux arts graphiques et à l'indus- 
trie du livre ; de sorte qu'à présent nous possédons de ce côté toute une 
importante organisation : l'Union des artistes allemands du livre, dont 
l'exposition collective est une des plus intéressantes sections de l'Exposi- 
tion internationale qui se tient actuellement à Leipzig. Parmi les artistes 
dont l'œuvre est représentée sur nos illustrations, Cissarz, Ehmcke, 
Kleukens, Kôster, Koch, Renner, Steiner-Prag, Tiemann, Weiss et 
Wieynk appartiennent à ce groupe. M Johann Vincenz Cissarz s'était, 
dès 1900, si bien signalé dans ce genre, qu'on lui avait confié l'organisa- 
tion artistique de la section de la typographie allemande à l'Exposition 
Universelle de Paris. Bien que son catalogue date déjà, c'était du moins 
à cette époque un véritable modèle, comme caractères, comme orne- 
mentation, comme tirage et comme reliure ; il valut à l'auteur un grand 
nombre de commandes, et c'est peut-être pour cette raison qu'il se con- 
sacra principalement à l'art du livre, malgré son penchant et son talent 
très marqué pour la peinture décorative et même monumentale et sa pré- 
dilection pour l'eau-forte. De Dresde il passa à Darmstadt, puis à Stutt- 
gart ; là, ayant été nommé professeur à l'Ecole Royale d'Art appliqué, 
il fut bien placé pour communiquer aux autres ses excellents principes 
sur le travail du livre, à l'intérieur et à l'extérieur ; et il a déjà accompli 
une carrière d'éducateur au cours de laquelle il a rencontré le succès. Bien 
des tâches agréables lui ont été confiées, non seulement des ouvrages 
d'actualité, comme l'établissement de diplômes, d'adresses à offrir, etc., 
mais surtout sous forme de travaux entrepris pour les éditeurs de Stutt- 
gart. Si les reliures de luxe exécutées à la main avec des matières coû- 

131 



teuses ont l'avantage au point de vue artistique, il n'en est pas moins vrai 
qu'au point de vue économique et au point de vue éducatif les reliures de 
bon goût, que produisent par quantités les grandes maisons d'édition, 
ont beaucoup plus d'importance. On verra représentée pp. i68 et 172 
une série de modèles divers de ces publications ; elles montrent comment 
le dessinateur a réussi à utiliser l'espace pour présenter son titre en lettres 
hardies ou bien pour le couvrir entièrement d'ornements bien appro- 
priés. M Hugo Steiner-Prag, qui a d'abord été connu pour ses poétiques 
dessins de contes de fées et de livres de vers, est aussi depuis quelques 
années professeur à l'Académie Royale des Arts graphiques à Leipzig. 
C'est à l'illustration qu'il doit ses principaux succès, mais les reliures 
reproduites pp. 166 et 167 permettront de voir qu'il a un talent très 
prononcé pour l'ornementation du livre. Au moyen de lignes simples 
et de motifs décoratifs, généralement confinés dans une partie centrale 
dont les limites sont bien proportionnées, il arrive à des effets vraiment 
charmants. M Karl Kôster a été autrefois élève de Peter Behrens ; et, 
pour posséder toutes les ressources dont peut disposer un relieur, il n'a 
pas hésité à se soumettre à un apprentissage en règle. Aussi dans ses 
travaux, il n'a pas seulement visé à l'embellissement extérieur du livre, 
qu'il a toujours cherché à mettre en harmonie avec le contenu, il a aussi 
tenu compte du rôle pratique de la reliure en tant que couverture pro- 
tectrice. Les nombreuses reliures qu'il a composées pour des éditeurs 
montrent bien le talent considérable qu'il a pour obtenir des effets 
délicieux avec les moyens les plus simples. Ainsi, dans les deux repré- 
sentées ici, "Heimkehr " (Retour au foyer) et " Buch Joram" (p. 169), 
trois lignes de lettres suffisent à décorer et à animer toute la surface ; 
mais il sait parfaitement aussi appliquer de plus riches motifs décoratifs 
avec bon goût et discrétion. De la façon dont il a placé une simple 
croix de cuir violet sur le plat richement ornementé de la reliure rouge 
pour missel (p. 163), de façon à avantager le plus possible la couleur des 
améthystes enchâssées dans desmontures d'argent, on peut déduire qu'il 
est à même d'imaginer des combinaisons nouvelles et originales de 
formes et de couleurs, sans rompre avec les bonnes traditions. Dans sa 
seconde reliure de missel, la croix, qui domine tout le fond, couvre douze 
panneaux circulaires, dont celui du centre est incrusté de cuir blanc et 
estampé d'or. Les autres cercles sont bordés de cuir violet, et, avec les 
quatre améthystes des rosettes des coins, le maroquin vert de mer et la 
riche dorure, produisent un magnifique effet de couleur. M Parmi les 
professionnels de l'industrie du livre qui ont adopté les idées nouvelles, 
Paul Kersten est peut-être le plus connu, et sans aucun doute il est celui 
qui a le plus réussi. A une très grande expérience pratique, qui lui 
permet de posséder toutes les ressources techniques, il joint un sentiment 
artistique et un goût littéraire grâce auxquels il a pu exposer dans des 
132 



livres écrits avec beaucoup de jugement les idées qu'il a à cœur. Il dirige 
l'Ecole technique de reliure de Berlin, et cette situation le met à même 
d'exercer une influence éducatrice des plus favorables. Les illustrations 
des pages 164 et 165 permettent de juger de sa versatilité en matière de 
technique, et d'apprécier ses méthodes de décoration, qui ne se limitent 
pas à un thème spécial. Elles consistent toutes en reliures sur cuir, où 
le titre est placé à part sur le dos ou dans un panneau spécial, et par 
conséquent n'affecte pas l'ornementation de la couverture. Dans les 
reliures riches, il aime beaucoup employer des couleurs très variées, pour 
le plaisir de donner de l'animation à l'effet. Ainsi, dans sa reliure en 
maroquin bleu foncé dont le panneau central est occupé par cinq hexa- 
gones inscrits dans des cercles, les fleurs représentées sont en cuir rouge, 
vert et violet ; tandis que sur la reliure chamois des " Fleurs du mal " 
de Baudelaire, pour l'ornementation de laquelle il n'a pas fallu moins de 
18000 estampages, avec ou sans or, des pièces de cuir de sept couleurs 
différentes ont été appliquées. Mais, même avec une décoration aussi 
abondante, on n'a pas l'impression d'excès, et peut-être éprouve-t-on 
cette agréable sensation d'assurance que sait donner une main expéri- 
mentée. Trois couleurs : le noir, le rouge et le bleu, sont employées 
pour l'ornementation de la reliure en veau, avec un panneau circulaire 
au centre, et dont la décoration a été exécutée par un procédé spécial de 
façonnage et de mise en couleurs. Jff L'œuvre de Franz Weisse est d'un 
caractère beaucoup plus simple. Lui aussi sort du rang des artisans ; 
à présent il est professeur à l'Ecole d'Art appliqué de Hambourg. 
L'estampage à froid, simple mais hardi, qui constitue la décoration de 
sa reliure sur peau de porc (p. 170) convient bien à la naïveté du " Sim- 
plicissimus" de Grimmelshausen. Une particularité intéressante, c'est 
l'emploi du batik pour l'ornementation florale qui couvre les plats et le 
dos de la reliure en parchemin. M Les reliures sur cuir, richement dé- 
corées, de F. A. Demeter (pp. 161 et 1 62) , dénotent aussi la main sûre du 
praticien expérimenté qui sait profiter des beautés que comportent la 
matièreetla technique pourréalisersesidées artistiques. Son ornementa- 
tion, assurément, n'est pas des plus originales, mais elle se distingue par 
l'habileté avec laquelle sont traités les motifs floraux et par le bon goût 
avec lequel ils sont appliqués ; et, même lorsqu'il couvre complètement 
le dos et les plats d'une décoration uniforme, on n'éprouve aucune sensa- 
tion d'excès. Un beau spécimen de ses ouvrages, c'est la reliure avec 
motif de feuilles en or sur cuir vert réséda. Demeter est aussi un profes- 
sionnel de la reliure, et il occupe actuellement le poste de chef de la 
section d'art appliqué aux établissements de reliure en gros de Hûbel et 
Denck à Leipzig. Même ces grandes maisons industrielles, organisées 
pour la production en grandes quantités de reliures bon marché, ont dû 
tenir compte du désir croissant que manifeste la clientèle, d'avoir des 

133 



livres possédant une valeur artistique, et s'annexer des services spéciaux 
où, sous la direction de praticiens doués de sens artistique, l'on prépare, 
non seulement les simples cartonnages, mais aussi les reliures les plus 
coûteuses qui nécessitent le travail le plus soigné. M Un des plus person- 
nels, parmi tous les artistes allemands qui se sont consacrés à l'art du 
livre moderne, c'est Emil Preetorius. C'est un illustrateur par vocation, 
il pratique avec le même talent les modes d'expression les plus variés ; 
même dans le simple dessin de contours que constitue la silhouette, il 
sait donner un caractère et une vitalité intenses. Les silhouettes repro- 
duites ici (p. i6o) sont empruntées à une édition populaire de "Tartarin 
de Tarascon ", qu'il a embellie et illustrée avec un sentiment artistique 
plein de raffinement ; elles ne figurent que comme " bandeaux" en tête 
de certains chapitres, dont elles forment une sorte de résumé comique. 
Sans jouer le rôle de véritables illustrations, elles donnent certainement 
une excellente idée de la façon heureuse dont il a su rendre, avec les 
étranges petits personnages noirs, l'allure bouffonne de ce curieux roman. 
Il aime aussi donner au lecteur, sur les pages de titre, un avant-goût de 
ce qui va suivre, à exprimer graphiquement, dans des dessins contenant 
parfois un grand nombre de personnages, le contenu et l'esprit du livre. 
Ses personnages sont souvent de l'époque "Biedermeier", du bon vieux 
temps ; ils ont une allure tout à fait vieillotte, mais sans rien de cette sorte 
d'effusion sentimentale qui rend si souvent les "Stimmung",* comme 
on appelle les scènes de cette époque, insipides à notre goût de modernes. 
Mais, malgré sa prédilection marquée pour les personnages de l'époque 
"Biedermeier", Preetorius a bien l'esprit moderne, ses dessins ont de 
l'austérité plutôt que de la faiblesse sentimentale, et même leurs défauts 
esthétiques sont ceux qui correspondent à son art. M II ne faut pas 
oublier de parler ici de la part qu'ont prise certains éditeurs, doués 
d'initiative et d'idées élevées, à développer le goût des beaux livres, qui 
s'est accru d'une façon si extraordinaire, en Allemagne, au cours des 
dix dernières années. A cet égard, la maison Eugen Diederichs, d'Iéna, 
mérite d'être citée en premier lieu, pour la bienveillance avec laquelle 
elle a donné à tous ceux qui se sont acquis une autorité dans l'industrie 
du livre, l'occasion d'exprimer leurs idées et de montrer leur talent. 
Cette maison favorise les multiples aspirations intellectuelles de notre 
époque ; et, comme ses publications sont d'un genre sérieux, le travail 
de ces artistes s'est surtout limité aux couvertures et aux reliures, aux 
pages de titre, aux lettrines, aux bordures ornementales, et autres détails 
décoratifs. D'autre part, il y a des maisons, comme celle de Georg 



* La " Stimmung ", qu'il est impossible de traduire par un seul mot, désigne une sorte d'état d'âme 
plus ou moins morbide que les Allemands se plaisent souvent à évoquer. Il faut bien connaître la 

;tout 

dont 

psychologique. 



pius ou moins moroiae que les Allemands se plaisent souvent à évoquer. 11 faut bien connaîtr 
mentalité allemande et son expression dans l'art et dans la littérature pour se rendre compte de ■ 
ce que signifie ce vocable si caractéristique. Ici il signifie, par extension, les œuvres d'art c 
la " Stimmung " est le motif psychologique. A^. </« Tr. 



Miiller à Munich, qui ne se contentent pas seulement d'une bonne 
décoration, elles s'occupent très sérieusement de l'illustration, qui a 
donné lieu à de nombreux et intéressants développements, et notam- 
ment à la renaissance de divers procédés tombés presque dans l'oubli, 
comme la gravure sur bois, la lithographie et l'eau-forte ; ces procédés 
sont redevenus très en faveur en matière d'illustration. Les maisons 
d'édition Insel, de Leipzig, S. Fischer, de Berlin, Paul et Bruno Cassi- 
rer, de Berlin, Kurt Wolff, de Leipzig, et bien d'autres, ont contribué 
matériellement à cette reviviscence de l'Art de l'illustration en Alle- 
magne. Mais en même temps il y en a un certain nombre qui estiment 
qu'un livre bien imprimé, d'une typographie, d'un papier et d'une 
reliure impeccables, n'a pas besoin de décoration ni d'illustration, et 
que son mérite intrinsèque dépend de la perfection que l'on apporte à 
la partie technique. Ainsi les célèbres éditions de l'Imprimerie Hy- 
périon et les magnifiques publications de l'Imprimerie du Siècle de la 
maison d'édition Hans von Weber, de Munich, sont de magnifiques 
spécimens de typographie allemande ; de même les tirages de l'Impri- 
merie Janus de Leipzig, exécutés avec le plus grand soin sous la direction 
de Walter Tiemann et de Cari Ernst Poeschel, ne craignent pas la com- 
paraison avec les livres qui sortent des meilleures typographies anglaises. 
Ces volumes ne sont im-~ 
primés qu'à petits tirages de 
cent cinquante à deux cents 
exemplaires, et sont destinés 
à des bibliophiles. Les " Im- 
pressions Rudolf", publiées 
par Rudolf Koch avec le con- 
cours de Rudolf Gerstung à 
OfFenbach (Maison d'édition 
Wilhelm Gerstung), ont 
beaucoup de distinction, 
grâce à leurs caractères d'un 
cachet bien allemand. Dans 
ces livres, dont le contenu 
aussi est éminemment na- 
tional, on s'abstient expressé- 
ment de tout ce qui s'écarte 
des considérations de pre- 
mière importance : bon es- 
pacement des lettres, har- 
monie de la composition delà 
page, dont les caractères sont 
de la fonte Koch, excellente 




TITLE-PAQE DESIQNED BY PROF. PAUL LANQ-KURZ 



135 



exécution générale. Ainsi les pages de titre sont dessinées spécialement, 
et le texte n'est que sobrement orné des lettrines majestueuses que com- 
porte la fonte ; mais les reliures, avec leurs plats en papier coupés et im- 
primés par l'artiste lui-même, témoignent de la mâle beauté de son 
talent. Plus sensationnelles et plus luxueuses sont les publications de 
l'Imprimerie Ernst Ludwig du Grand duc de Hesse, dont la direction 
artistique a été confiée à F. W. Kleukcns, ainsi que les somptueuses 
éditions de l'Imprimerie Pan de Berlin, qui sont embellies de litho- 
graphies par Slevogt, Corinth et Pascin, ou d'eaux-fortes par Geiger ou 
Walser ; mais ce genre d'ouvrages n'appartient pas à notre domaine. 
jgfCe que l'Allemagne peut maintenant donner à l'industrie du livre se 
voit en toute abondance à l'Exposition internationale qui se tient cette 
année à Leipzig. Si en une douzaine d'années à peine nous avons pu 
sérieusement nous risquer à inviter les pays civilisés à lutter pacifique- 
ment sur ce domaine, ce fait prouve que nous avons conscience de la 
valeur de notre production et que nous ne craignons pas le jugement 
universel. 




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ORNAMENT DESIGNED BY 
PROF. F. W. KLEUKENS, FOR 
D. STEMPEL, FRANKFURT A.M. 



136 



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RICHARD BOTHS 
NEUER KLEINER 

REISEFUHRER 

DURCH PÀRISER 

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GALERIEN UND 

MUSEEN 




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THE ANTIQUA" TYPE. DESIQNED BY PROF. PETER BEHREN8 
CA8T BY QEBR. KLINQSPOR, OFFENBACH A.M. 




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CA8T BY QEBR. KLINQSPOR. OFFENBACH A.M. 

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6oUo,decufun0 na<^ Hont, bramante 
"^rabmonumcnt dee Papflee "Umge- 
floltung dcc aUtn^afiliFo Don 6t.petcr 
-Rcifenad) Carroro-einnceÔndcrung 
dwpopflc» -Jluc^t - 6<^tctbcn ^iu^ 
Uo'0 an 6te@tgnorie oon ^lotend-^n» 
etbieten oon fcitcn ôe^ ^ultonr- 
nu((ffebr no<^ Hom ala ^efanôter dec 
KepuMif'^elÔjug despopltes gegcn 
6o(o0no ''^tnnat)me der 6to6r 

MePonHPde0DotiPan0l>ott(du>^<^d(n 
tDe^rel der perfonen f eine aUjugro^e 
t>eronderun0 eclitten. (tcfûte dorgta'e 
3tDe(f tooc die ^erflcUung einee natio^ 
nolen eintgen Keic^ee 9etPcfcn,<$iuUo 
dcr 3tDette tPoUte ni^te j^nderea. ^u<^ 
ec l)atte eine $omtlie, die er gro^ 3u 
ma<^en fuc^te^ ou<^ ii>n unterfïûl^ten 
6ifl,Jnerd,t)er|TteUun0 und offfeneCe» 
tooUfatnfeitîDieôiedorgia'e mu^te er 
3»if^en €panien und $ranPrei^ die 
t)orteii^ofte|)e iltitte ju {)oUen fu<^en. 
3n 3toei punFten ober unterf^ied er ft<^ 
t>om Popfle ^iexander: er Ue0 nt<^t 
dur^^ndere^rieg fûf)ren^rDnôern9O0 
in ei0enerperfon 3U $elde und »a0 er 
eroberte^ foUte der^irc^e 0eboren und 
ni<^t denHooere'd, r<^iner $amiUe.^iefe 
befi^rânfte er ouf Urbine^il>r Çer3O0« 
tum. ^l0 er ftorb, t)inter(ie0 er einen 
6<^aé in den <$etoolben der €n0el0' 
bur0^ den feine Dertoondten ni<^t be» 
rût)ren durfien, den f ein onderer oto 
der ûuf il)n fol0endepap)l befl^en foUte. 
€ine rou^e,))ol3etDûr de lie0t in 6iu(io0 
Buftreten und feine tDildi)eitartete nie 
in ^rouromlfeit ûue.tDoe it)n ober t>or 
ûUen onderen Popf)en t>or it)m und na<^ 
ii>m 0eadelt bû^ifî feine $reude an den 
tôerfen 0ro0er ^ûnfïler und derdli<f, 
mit dent er Hé erf annte und 3U f)<^ em« 
por3O0. 

Itnter den tltânnern, die er fo0lei<^ no(^ 
Kom berief, toar einer der i>ornel)mften 



6iuUano di 6an 6aUo.^iefer butte in 
frû^eren^eiten (DfHa fur il)n,al0 ^ar' 
dinalt>incula,befe(1ti0t.!nan fe^t diefe 
dauten in den ^nfon0 der a<^t3i0er 
^Fat^re. 6an0aU0 fam^ ald er damale 
na<^ <Z>ftia berufen toard, au0 Heapel, 
tDo er im f{uflra0e des altenîorenjo dei 
ntedid einen Palaf) fur den Çer3O0 t>on 
(talabrien,den6ol^nde0^ôni00^baute. 
€r |el)0rte 3u den 0lûc(U(ben îeuten^ 
die uberaU Kui^m und fûrltlic^es tDot)!^ 
œoUen f)nden.3ninailand toar er oon 
£udot>ic0 6for3a 0lân3end empfan0en 
vorden; in Hom mu0te er fur Ôincula 
einen Palafl bauen^^lexanderVl. be^ 
r<bo^i0te i^n. (tefare 6or0ia desgki^ 
<ben; in 6aDona; dem ^eburt0ott der 
Hooere, baute er furOincula toiederum^ 
dem er donn nac^ $ranf rei<b foi0te; n>o 
ii)n der ^oni0 in ^ffirction nal)m; end» 
Xx^, na<b $loren3 surûdf 0e(fet)rt, œurde 
er Don der 2le0ierun0 mit fortiaufenden 
^rbeiten oerfei)en, bi0 it)n je^t fein alter 
donner abermal0 nac^Kem befaJ>L 
6an0aUo ma<^te denpapft auf nti<^el' 
on0el0 aufmerffam; und mitten au0 der 
^rbeit am Carton l)erau0 œurde diefer 
Sti^i na<b Kom berufen. Çundert 6cudi 
Heife0eld 3at)tte mon il)m auf der6teUe 
OU0. ^r mujî 3u f)nfan0 de0 "^o^tfttz 
1505 in Hom ein0etroffen fein. 
^iulio n)u0te^ tro^ der ^ile, mit der er 
it)n »erlan0t i>atte; nii^t 0iei<b,n)a0 er 
i^m3utun0ebenfeUte.€ini0e3eit0in0 
daruber \fi% bi0 er il>m den^uflra0 3u 
einem foleffalen ^rabmonumente er» 
teilte^ da0 er fur f)<b felber im 6anrt 
Peter erric^ten laffen tooUte. iltic^eU 
an0ele entœarf eine3ei<bnun0 und der 
Papfl, ent3u<f t daoon, befa^libni; in ^^^ 
6af)liPo oon 6anFt peter fe0Ui<b den 
beflenpia^ fur da0 monument au0fin' 
dig 3U ma<bem Diefe fXt^t, ein unge» 
l^eure0fi>erF au0 denlalteflen^eiten de0 
Ci>riflentum0, an dem ^al)rl)undecte 
l>indur^ tDeiter0ebaut œorden œar^be^ 
foS eine$ûUe 9on ^un/lf<^o^en.6iotto 

75 



A QERMAN TYPE DE8IQNED BY RUDOLF KOCH 
CAST BY QEBR. KLINQSPOR. OFFENBACH A. M. 



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146 



S'oNPucius ON PROPRIETy 

IN THE RIGHT GOVERNMENT OF A STATE 
the rules of propriety serve the same purpose as the steeW 
yard in determining what is light and what is heavy; or, as 
the carpenter's line in determining what is square and what 
is round. If the weights of the steelyard be true, there can be 
no imposition in the matter of weight/ if the line be rightiy 
applied there will be no doubt about the evenness of the sur-- 
face/ if the square and compass be exact there will be no 
uncertainty as to the shape of the figure. When a superior 
man conducts the govemment of his State with a discrimina 
ating attention to thèse rules of propriety he cannot be imposed 
on by traitors and impostors. The cérémonies of the Court 
audiences at the différent seasons were intended to illustrate 
the righteous relations between ruier and subject/ the friendly 
messages and inquiries to illustrate the mutual honor and 
respect between the feudal princes,- those of mourning and 
sacrifice, to illustrate the kindly feelings of ministers and sons,- 
those of social meetings in the country district, to show the 
order that should prevail between young and old,- and those 
of marriage to exhibit the séparation that should be maintained 
between maies and females.Those cérémonies prevent the rise 
of disorder and confusion, and are like embankments which 
prevent the overflow of water. He who thinks the old em^ 
bankments useless and destroys them is sure to sufFer from 
the désolation caused by the overflowing water,- and he who 
considers the old rules of propriety useless and would abolish 
them, would be sure to suffer from the calamities of disorder. 
If the cérémonies of marriage were discontinued, the path oi 
husband and wife would be embittered, and there would be 
many instances of licentiousness and depravity. If the drinking 
cérémonies at country feasts were discontinued, the order bet^^ 
ween old and young would be neglected, and quarrelsome liti^ 
gâtions would be fréquent. If the cérémonies of mourning and 
sacrifice were omitted the kindly feeling of officers and sons 



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THE "MEDI/EVAL" TYPE. DESIQNED BY PROF. WALTER 
TIEMANN, CA8T BY QEBR. KLINQSPOR, OFFENBACH A.M. 




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Sine preufiifAe 

^ônigstochfer 

^enkwûrdigketten der ^arkgrâfin 
von ^ayreuth 

ôSmcfter ^riedriSs des Grofien 

^erausgegeben von Qohannes Çlrmhrujier 

^it einem ^ïldnis der ^arkgrâfin 




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ROilhelm BangQwiefche -Grandi 

Ghanhaufen bei ^ûnSen 



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THE "WIEYNK-KURSIV TYPE, DESIQNED BY HEINRICH WIEYNK 
CA8T BY THE BAUERSCHE QIE8SEREI. FRANKFURT A.M. 

ISO 




VOLKSKUNST UND VOLKSGUNST 

' ' UR der Kundigc wcifi es, dafi die sdiônen Erzeug- 
nissc dcr bâuerlichen Handfcrtigkcit so ziemlidi 
aufgekauft sind. Die Landbcwohner enlledigten 
sich mit Freuden des alten Plunders, um dafur 
die ihrer Meinung nadi vornehmere stâdtische 
Fabrikware in buntestem Durcheinander anzusdiaffen. Der 
Suchf, es den Stâdtem gleich zu lun, konnte auch die treueste 
Anhânglichkeit an sehr wertvoUe alte Erbstiicke nicht wider- 
stehen. So erleben wir die merkwurdigeTatsache, bâuerische 
Dielen mit al! den sdiônen Gegenstanden in einfachster 
Kiinstlerschaft in stâdtischen Wohnrâumen wiederzufinden 
und die Hauser der Landbewohner im ôdesten Geschmadc 
protjiger Kleinstadter ausgestattet zu sehen. Ailes dreht sich ! 
Der Vorgang ist ein naturiicher, Seit der Zeit, da es auf 
dem Lande als selbstverstândlich gilt, jeden zur Verfugung 
stehenden Wohnraum fur klingendes Geld an stâdtische 
Sommcrgâste zu vermieten, mufiten die alten und schônen 
Erzeugnisse bàuerischer Kunsller auf Geschmacksmensdien 
der Stâdte einen sehr grofien Einflufî ausiiben. Daraus ist 
die Wechselwirkung entstanden. Gcwifi ist es heute noch 
môglich, hier und dort in verlorenen Winkeln eine sdiône 
bemalte Truhe, einen schweren geschnitjten Schrank, sowie 
zinnerne Bedier, Teller, Leuditer, ja sogar nodi Porzellan 
zu entded^en, aber wer wirklidi Volkskunst finden will, der 
wird in die Museen gehen miissen, die gottlob vor den 
Spuraugen engiisdier Sammler nodi vielcs gerettet haben. 
Wir kônnen ruhig sagen, dalî der kunstlerisdie Betatigungs- 
drang im Volke noch nicht verloren gegangen ist; aber er 
ist verwirrt, verstummelt und verdorben. Die Gesdimacks-- 
verheerungen der verflossenen Stiirevolution spuken in den 
Stâdten nodi herum, es ist also nur ein natUrlicher Vorgang, 
wenn wir ihnen jet?t audi auf dem Lande iiberall begegnen. 
Die beste Ueberlieferung kann allmahUdi verloren gehen. 
Setjte sich irgend ein grolîstadtischer Prot? in cinem Dorfe 
fcst, so genugte seine Bau- und Lcbensweise vollkommen, 
um die ganze Gegend nach und nach kunstlerisch zu verôden. 

32 



THE "SCHLANKE KLEUKENS-ANTIQUA " TYPE. DESIQNED BY PROF. 
KLEUKEN8, CA8T BY THE BAUERSCHE QIESSEREI. FRANKFURT A.M. 



151 



(§tût))at)tô=^atalÔQ] 



um 



















|m Beginn det Stût)îaï)t6=Saîf on beeljre !d) 
mid) ergebenft îï)nen meinen fiatalog mit 
det Bitte 5U uberreid)en,denfelben einet ge= 
fâdigen Ourd)fid)t 3U unter3iet)en und bei 
Befotgung det Einîiduf e geneigteft betûdi= 
pd)tigen 3U toollen^ Sernet erlaube id) mie, 
îï)nen an3U5eigen,daf} fdmtllc^e Tleuljeiten 
in deutfd)en und englifd)en Stoff en fût die 
Stût)jat)ts= und Sommet=Saif on am Cager 
find und gebe id) auf den nad)folgenden 
Blâttetn einen hleinen llbetblidi ûbet die 
mafegebendften ntodelle* Die Flnf ertigung 
feiner î)amen= und f^^tren^îTIoden erfoïgt 
in eigenet îTîafjf d)neiderei untet ©arantie 
tadellofet ausf ûî)tung 3U mdfjigen pteifen* 
aufeerdem geftatte id) mit, auf mein £aget 
fettiget Damem und r^ettemCatdetoben 
l)in3uu>eifen, das teid)I)aïtige Huswat)l in 
modetnen Rteidungsftudien bietet und den 
pettDôI)nteîten anfotdetungen entfptid)t 
ais Spe3ialitdt fû^te id) ein gtofees Caget 
fâmtlid)et Spott=Beïileidungen fût Haf en= 
und IDaff etf pott f omie fût ÎToutiftiîi* Dutd) 
meine |a^te(angen £tfaï)tungen ift es mit 
môg(id)/ meinen Kunden mit f ai^gemdtjen 
Hatfd)lâgen dienen und nut Oot3ûglid^e6 
bieten 3U hônnen, und ^offe id), mit îï)ten 
gefd)â^ten Hufttdgen beel)tt 3U toetden* 



THE "8CHWABACHER" TYPE. DE8IQNED BY HEINZ 
KONIQ, CA8T BY EMIL QUR8CH. BERLIN 









seines Innern, seiner Seele. Wird das Ausstellungsmaterial, von 
diesem Standpunkt vereinigt geordnet und bewertet, wird dieser 
Gesichtspunkt auch dem ganzen Untemehmen gegeniiber von 
der Leitung zur Geltung gebracht, dann sdiildert jede verstand- 
nisvoll ausgebaute Abteilung Natur und Seele in inniger Ver- 
kniipfung und Wechselwirkung. So erhebt sich das in Leipzig 
geplante Werk nicht allein zum Sammeipunkt ailes dessen, was 
bisher erreicht ist, sondern zur ungeheueren ideell belebenden 
Kraft f ijr den einheitlichen Vormarsch unserer Technik und Kultur I 



DIE 

KINEMATOGRAPHIE AUF DER 

BUCHGEWERBEAUSSTELLUNG 

IN LEIPZIG 



Geradezu beispielios ist die Entwickiung der Kine- 
matographie gewesen. Der armselige flimmernde 
Kinematograph um 1900, der wie eine krankhafte 
Spielerei von kleinen Unternehmern den kleinen 
Leuten in fragwiirdigen Buden und schlechten nie- 

drigen Laden vorgefiihrt wurde, ist nicht mehr. Der Typus jenes 
Kinematographen von ehedem, der brutal, schreiend bunt wie 
seine Plakate, auf die verworrenen Sinne des niederen Volkes 
spekulierte, liegt in den lefjten Ziigen. Der Kinematograph von 
heute bannt sein Publikum, das nicht mehr zu unterscheiden ist 
von dem des Sprech-Theaters, in groljen, wundervollen Lichtspiel- 
hausern mit der Gebarde und dem mimischen Spiel der groljten 
Schauspieler,errolltmit unbeschreiblich lebenswahremAusdruck 
die Wogen des Meeres iiber den Strand und la^t das Laub der 
Silberpappel leise im Winde zittern, er zeigt mit einer Klarheit, 
die etwas Schreckliches hat, den Kampf der Blutkôrper mit den 
Spirochaeten des Fiebers und la^t aile die komplizierten Ma- 
schinen, die der Mensch erfunden, lautlos vor uns ihre Arbeit 
verrichten. Das Wesen des Kinematographen ist nicht mehr ohne 
Wiirde, nicht mehr ohne Form und inhalt. Wer steht nicht ailes 
im Dienste des Fiimbildes! Zuerst waren es die Buhnenkijnstler, 
auch dieGroBen kamen; dann dieMaler und Wissenschaftier und 
zulei3t — ein wenig widerstrebend zwar — die Literaten. Einmal 
haben dem Kinematographen die bedeutenden Verbesserungen 
geholfen, mit der die Aufnahme- und die Wiedergabeapparate 
ausgestattetwurden, auch dieVerwendung des Mikroskopes und 












THE " HELQA-ANTIQUA " TYPE. DESIQNED BY PROFESSOR 
F. W. KLEUKENS, CAST BY D. STEMPEL, FRANKFURT A. M. 



153 



SdNExro 

DI ANTONIO PUCGI SOVRÀ IL RITRÀTTO 

DI DANTE 



Qucsto chc ocstc di color sanguigno, E corne par ncll'abito bcnigno, 

posto scgucnte aile mérite santé, cosî nel mondo fu, con tutte quante 

dipinse Giotto in figura di Dante, quelle oirtù, ch'onoran chi daoante 

che di parole fe* si beU'ordigno. le porta con affetto nello scrigno. 

Diritto paragon fu di senten3e: E *1 suo parlar fu con tanta misura, 

col braccio manco aooinchia la scrit^ che *ncoronô la città di Firen3e 
perdiè signoreggiô molto scïen5e. (tura di pregio, onde ancor fama le dura. 

Perfetto di ïahcjje è qui dipinto, 
com*a sua oita fu di carne cinto. 



THE "HÔLZL-MEDI/GVAL" TYPE. DE8IQNED BY EMIL 
HOLZL. CA8T BY D. 8TEMPEL, FRANKFURT A.M. 

154 



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WER BUECHER LIEST, 
VERDIENT DEN PREIS 
VOR EINEM, DER UN' 
WISSEND IST.UND DER 
IST JENEM VORZUZIE' 
HEHDER DÀS GELESE- 
NE NICHT VERGISST; 
EIN SOLCHER IST VON 
HOEHERM WERT, DER 
DÀS GELESENE ÀUCH 
VERSTEHT, DOCH HOE- 
HEREN WERT ÀLS DIE 
SER HÀT DER MANN, 
DER DÀNÀCH FRISCH 
ANS HÀNDELN GEHT 




INDISCHER SPRUCH 









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THE "hÔLZL-MEDI/CVAL" TYPÉ. DESIQNED BY EMIL 
HOLZL. CAST BY D. STEMPEL. FRANKFURT A. M. 

ISS 




ZIELE UND 

ÀUSSICHTEN DER 

GÀRTENSTÀDT^BEWEGUNG 

VON 

DR. KÀRLMÀNGOLD 

DRESDEN 

AS Problem des Stadtebaues ist heute, im Gegensafe zu 
friiher, wo unsere Stadte klein und ihr Wachstum gering 
war, bei dem ungeheueren Wachstum derselben au&eror- 
denllich dringlich. Die schwersten Mi&stande liegen vor: 
die gro^e Masse der Bevolkerung ist von derNatur in einem 
Grade abgesdilossen, wie er in der deutsdien Gesdiidite 
iibertiaupt noch nicht dagewesen ist; die ganze Ànlage der Stadte ist 
nicht entfernt so planvoll, wie sie sein mii&te. Die Preise des Bodens sowie 
derWohnungen sind ungetieuerlidi und vor allem audi der au|ere Anblick 
von einer schreckenerregenden Haèlichkeit. Wohl tiat man durch Bauord- 
nungen und Bebauungsplane, durdi Sdiaffung offentlidier Ànlagen, durdi 
Ànlegen von Villenstadtteilen und Vororten und atinliches metir Àbtiilfe zu 
schaffen versucht, aber doch nur mit ganz ungeniigendem Erfolge. 
Es drangt sich der Gedanke auf zu versuchen, auf einer neuen Grundlage, 
auf billigem Land drau&en, ganz neue Stadte aufzubauen, die nicht durch 
die Slinden der Vergangenheit belastet sind. Vorstufen zu einem soldhen 
Vorgehen sind ja ohnedies vorhanden in den Griindungen so mancher gro§en 
Terrain -Gesellschaften, namentlich in Berlin und Umgebung, ferner in den 
groèen Arbeiter-Kolonien der Groèindustrie, wie z. B. in den bekannten 
Anlagen der Firma Krupp, und endlich auch in einigen ganz besonders her- 
vorragenden und umfangreichen Baugenossensdiafis- Griindungen. Hier 
reiht sich nun zwanglos der Gedanke der Gartenstadt ein, der aus England 
zu uns gekommen ist. Dort veroffentlichte Ende lô9ô Ebenezer Howard, von 
Beruf Stenograph und jefet am Ende der fiinfziger Jahre stehend, ein Buch 
'To morrow' (spater unter dem Titel 'Garden Cities of to morrow', deutsch 
unter demTitel'Gartenstadte inSicht', Jena.Diederichs), das gro&esAufsehen 
erregte. Es geht aus von dem Grundgedanken, daè auf der einen Seite die 
gro6en Stadte iiberfiillt, auf der anderen das Land entvolkert sei und dafe es 
darauf ankomme, Stadtund Land miteinander zu vermahlen durch Schaffung 
von Gartenstadten, welche die Vorteile des Landes mit denen der Stadt ver- 
einigen. Eine solche Gartenstadt soll nur eine begrenzte Gro^e haben, etwa 
30000 Einwohner, dann soll ein dauernd zu erhaltender, gro^er landwirt- 



THE "INQEBORQ-ANTIQUA "«TYPE. DE8IQNED BY PROFESSOR 
F. W. KLEUKEN8, CA8T BY D. STEMPEL, FRANKFURT A.M. 








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ORNAMENT8 DESIQNED BY PROF. F. W. KLEUKEN8. FOR THE BAUERSCHE QIESSEREI, FRANKFURT A.M. 






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ORNAMENTS DESIQNED BY PROF. WALTER TIEMANN, FOR QEBR. KLINGSPOR. OFFENBACH A.M. 



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INITIAL LETTER8 AND ORNAMENT8 DE8IQNED BY PROF. F. W. KLEUKEN8. FOR D. 8TEMPEL, FRANKFURT A.M. 



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MEAD-PIECE8 BY EMIL PREETORIU8 FOR DAUDET'8 "TARTARIN DE 
TARA8C0N." PUBLI8HED BY DERQELBE VERLAQ, MÏJNOHEN-DACHAU 

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BOOKBINDING IN GREEN MOROCCO, WITH GOLD AND BLACK TOOLINQ 
DESIGNED BY P. A. DEMETER, EXECUTED BY HÙBEL AND DENCK 




BOOKBINDING IN LEMON YELLOW MOROCCO, WITH GREEN INLAY AND GOLD TOOLINQ 
DESIGNED BY P. A. DEMETER, EXECUTED BY HÙBEL AND DENCK 



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AND BLIND TOOLING. BY PAUL KERSTEN 



BOOKBINDING IN NEAT'S LEATHER, WITH PUNCHED 
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GOLD TOOLING. BV PAUL KERSTEN 





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AND GOLD TOOLING. BY PAUL KERSTEN 



BOOKBINDING IN BLUE MOROCCO, WITH INLAY 
AND GOLD TOOLING. BY PAUL KERSTEN 




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BOOKBINDING IN RED CALF, WITH INLAY AND GOLD 
TOOLING. BY PAUL KERSTEN 



BOOKBINDING IN PIGSKIN, WITH TOOLING. 
BY PAUL KERSTEN 



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BOOKBINDING IN LEATHER, WITH SILVER CLASPS. DESIGNED BY PROF. 
JOH. VINCENZ CISSAR2, EXECUTED BY KARL STRENGER 








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BOOKBINDINGS IN LEATHER, WITH GOLD TOOLING. DESIGNED BY PROF. JOH. 
VINCENZ CISSARZ, EXECUTED BY GUSTAV FROLICH 



BINDING-CASE. DESIGNED BY 
PROF. JOH. VINCENZ CISSARZ 



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BINDING-CASE. DESIGNEIj dï KAKL i\osifcR 



VELLUM BINDING. DESIQNED BY KARL KÔSTER 




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DESHEIUGL. 

FRANZM}N 



VELLUM BINDING, WITH BATIK ORN AMENTATION 
DESIGNED BY KARL KOSTER 



BOOKBINDING IN LEATHER, WITH GOLD TOOLING 
DESIGNED BY KARL KOSTER 



169 

















BOOKBINDINQ IN WHITE PIGSKIN. WITH INLAY AND GOLD TOOLING 
BY FRANZ WEISSE 












BOOKBINDINQ IN NATURAL COLOURED PIQSKIN, WITH 
BLIND TOOLINQ. BV FRANZ WEISSE 



PARCHMENT BINDING, WITH BATIK ORNAM ENTATION 
BY FRANZ WEISSE 



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VERLnGSRHSTRITRlEXRHKRKXH 



OESIQNED BY PROF. EMANUEL VON SEIDL 



DESIGNED BY L" 



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^ SŒMUCK 

UND EDELMETALL 
ARBEITEN 



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MARGADETME KiaUPP - /TIFTUNG 
FUB NJC^OHNUNG/FaDASQGE 

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^ B3BAUT \ADN DCJOFEiWDO 

! GEOfâG METZENDODF 



k/FDIAfi/Aiy/TAlT Al pryAKjnFnKTVX fWPMfTArJ 



DESIGNED BY FRITZ SCHOLL 



DESIGNED BY EMANUEL JOSEPH MARGOLD 



BINDINQ-CASES DESIGNED FOR 
ALEXANDER KOCH, DARMSTADT 



174 








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75 





176 



FRANCE 



L'ART DU LIVRE EN FRANCE. PAR 
E. A. TAYLOR 

SQU'ON se reporte par la pensée au temps jadis où l'édition 
et l'imprimerie florissaient en France, on trouve que tous les 
changements qui ont affecté ces arts depuis quelques années 
reviennent à peu de chose. Parmi les vieilles rues comme 
il en reste encore en France, il y en a bien peu où l'on puisse passer 
sans remarquer une enseigne de relieur-doreur. Pour donner un exem- 
ple frappant de ce curieux état de choses, qu'il suffise de rappeler la 
vente de la collection du vicomte de la Croix-Laval, en 1902, où les livres 
étaient catalogués, non pas d'après les noms des auteurs, mais d'après 
ceux des relieurs. Mais cela n'a rien de surprenant, si l'on considère la 
qualité du travail d'hommes tels que M. G. Canapé, Chambolle-Duru, 
S. David, Charles Lanoë, Marius Michel, G. Mercier, René Kieffer, et 
les ravissantes décorations sur vélin d'André Mare. Cependant il n'est 
pas rare d'entendre des voyageurs dire qu'il n'y a pas, à Paris, de livres 
présentant un aspect attrayant. A l'opposé des Anglais, les Français se 
préoccupent peu des qualités de durée dont les reliures à plats recouverts 
en toile ou en papier sont susceptibles, et se contentent de leur demander 
un certain cachet extérieur ; et les papiers de garde, tels qu'on les con- 
naît à l'étranger, y sont jusqu'à présent peu appréciés. Jff On dépense 
beaucoup de soins pour les éditions de luxe qui montrent l'œuvre d'ar- 
tistes devenus populaires, et sont très belles comme papier et comme 
typographie ; mais elles consistent en volumes brochés, tirés à petit 
nombre, d'une excellente exécution, et causent souvent une déception, 
à cause de la disposition et de la forme des pages et du peu d'harmonie 
entre le texte et le caractère, entre le caractère et l'illustration. M Mais 
ceci m'amène à un commentaire sur l'indépendance dont l'imprimeur 
d'autrefois jouissait vis-à-vis des autres artisans, dont les métiers sont 
actuellement séparés en classes distinctes. Et il est curieux que cet état 
de choses soit aussi général, car peu de villes sont attachées autant que 
Paris àleurs artistes. Peut-être la faute en est-elle à rartiste,plus enfermé 
dans son métier que ne le voudrait le développement de l'art. M Mais en 
ces dernières années l'imprimerie a réalisé de grands progrès, qui sont 
dûs pour une bonne part aux efforts de MM. G. Peignot et fils. Dès 
1 900 leur fonderie a produit des caractères nouveaux, d'un style franche- 
ment moderne ; les meilleurs exemples, comme lettres et comme vi- 
gnettes, en sont le " Grasset ", que suivirent 1' " Auriol ", puis le " Bellery- 
Desfontaines ". En même temps, comme ils désiraient ne pas perdre ce 
qui dans l'héritage du passé convenait parfaitement à notre temps, les 
frères Peignot publièrent un petit livre intitulé " Les Cochins ", qui 
montre clairement les résultats obtenus par eux. Cet ouvrage n'est pas 

179 



seulement un inventaire de leurs recherches, il exprime aussi un ardent 
désir de voir les éditeurs et les imprimeurs comprendre l'importance 
qu'aurait une renaissance de la typographie française, et l'influence qui 
en résulterait sur tous les arts graphiques. M Malgré les remarquables 
progrès de la gravure industrielle, sans compter que la plupart des per- 
fectionnements sont d'origine française, la gravure sur bois, appliquée 
à l'illustration, est encore plus brillante en France qu'en tout autre pays 
européen. Parmi les plus récentes publications de haut mérite, le 
"Daphnis et Chloé " (p. 190), imprimé et publié par M. L. Pichon, est 
tout à fait remarquable ; d'ailleurs, tout ce qui sort du modeste établisse- 
ment de M. Pichon est d'un rare raffinement. Il y en a encore d'autres, 
mais la place ne nous permet pas d'insister sur les mérites de chacun. 
Cependant, il ne faut pas que je néglige de mentionner la remarquable 
édition du "Grand Testament " de François Villon, que j'ai vu en pré- 
paration chez M. A. M. Peignot, avec des illustrations et des caractères 
dessinés spécialement par Bernard Naudin ; ni les curieux petits volumes 
delà collection "Les Maîtres du Livre", publiée par MM. Georges Crès 
et Cie, sous la direction de M. Ad. Van Bever ; et, sans les efforts de 
judicieux et infatigables éditeurs de livres de luxe, tels que MM. 
Lucien Vogel, A. Blaizot, L. Carteret, H. Floury, F. Ferroud, Jules 
Meynial, R. Helleu, René Kieffer, E. Rey, Octave Charpentier, E. 
Lévy et H. Piazza, les bibliophiles de Paris n'auraient pas grand choix. 
Parmi les autres publications, il faut citer, dans des genres divers, celles 
des maisons OUendorfF, Larousse, Hachette et Cie, Fayard et Cie, 
Calmann Lévy, Plon-Nourrit et Cie, Adrien Sporck, L. Michaud, E. 
Flammarion et A. Vaillant. Enfin, il ne faut pas que j'oublie de parler 
de la puissante influence de la " Société des Amis des Livres", des " Cent 
Bibliophiles", de la " Société Normande du Livre illustré", et de la "So- 
ciété du Livre d'Art contemporain"; et, sans entrer dans un long exposé 
pour chacune, je me contenterai de faire allusion à la prospérité dontjouit 
la "Société des Amis <lesLivres",sous la présidence de M.Henri Beraldi, 
fondateur de la " Société des Bibliophiles de Paris ", et éditeur distingué. 
Parmi ses premières publications, les plus remarquables sont " Paysages 
Parisiens", par Emile Goudeau, et "Paris au Hasard", par G. Montor- 
gueil, tous deux illustrés par Auguste Lepère ; je lui dois mes remercie- 
ments pour le bienveillant intérêt qu'il a porté à mon enquête biblio- 
graphique ; de même au Président des "Cent Bibliophiles", M. Eugène 
Rodrigues,qui a généreusement mis à ma disposition des pages et des 
illustrations des volumes de son admirable collection. j^En somme, c'est 
à des hommes comme eux et à des groupements comme ceux auxquels ils 
appartiennent que la France doit le haut rang qu'elle occupe dans le culte 
du livre et la liberté grâce à laquelle ses excellents artistes et artisans nous 
donnent l'enveloppe, si bien appropriée, sous laquelle nous conservons 
l'œuvre des grands écrivains. 
180 



Villiers dç rvIsle-Ad2vm 



Le 

rîoovcevo fDonde 

orne Je i^ dois onqin&uK 
en 2 couleurs de R€Vlber^ 




|lé,BiS*^SeRÎI7Ain 
Hns 




LE DERNIER LIVRE D'EDOUARD PELLETAN. 

Voici donc le point final mis à la page et voici le dernier feuillet 
tourné! Nul livre de'sormais ne portera cette firme réputée, ornée de 
la devise empruntée à Thucydide : kthma es aei.' De même qu'il 
n'y a plus d'éditeur, il n'y aura plus d'éditions Pelletan. 

Avec quel amour, avec quels soins, pourtant, le maître a travaillé 
à ce dernier fils de son génie! Cet ouvrage, tout en gravures origi- 
nales, était avec La Kotisserie, toute en gravures de reproduction, les 
deux livres qu'il afFedtionnait le plus. Dans La Kotisserie deJa Keine 
Pédauque, il avait écrit, en quelque sorte, le testament de la gravure 
sur bois d'interprétation, et, par l'illustration et l'habillage du texte, 
posé le sceau sur les ouvrages de cet ordre. La Kotisserie reste le livre 
du xix^ siècle, Hésiode et La Terre (à^ l'Homme appartiennent au xx^ 
Plus d'illustrations proprement dites, mais une suite de libres compo- 
sitions, parentes du texte par leur sentiment général, — et une page 
renouvelée, qu'égaient des bandeaux de couleurs, qu'une extraordi- 
naire abondance de sujets décore. Le grec de'Garamond qui, depuis 
plus de quarante ans, dormait dans les casses de l'Imprimerie natio- 
nale, apporte la sédu6i:ion de son écriture fleurie î en regard, les pages 
de la traduétion, en caraCtères romains de même origine, 'se disposent 
avec noblesse. Et, quand on arrive à la partie moderne, laspeél 
change. Le texte de M. Anatole France s'y déroule comme un fleuve 
entre les cent îlots des gravures. Puis, çà et là, aux endroits choisis, 
de grandes compositions en pleine page. Partout, un ordre évident et 
une richesse non moins évidente. Chaque livre de Pelletan est pareil 
à la salle d'un musée bien disposé; la salle d'Hésiode et de La Terre <à^ 
f Homme est une des plus somptueuses et des plus étranges. Son grec. 



PAGE PRINTED IN "GARAMOND" TYPE (ENGRAVED 
FOR FRANÇOIS I ). WITH WOODCUT BY PAUL EMILE 
COLIN, LENT BY MONS. R. HELLEU 




LE TRANSFORrasrfE 



|ES origines de la terre à l'apparition de l'homme, le 
développement des formes est pareil à celui de l'arbre. 
Les organismes définis sont les feuilles éparpillées, les fruits 
naissants et les fruits mûrs, les fruits tombés, les fleurs 
ouvertes. Plus bas les rameauK indistincts, les branches 
frustes, le tronc massif, les racines perdues qui lient la 
forme épanouie à la substance originelle. Ainsi, les formes 
de la Vie qui cherchent l'équilibre à la clarté de la conscience, 
tendent à se différencier de la forme de l'univers. La terre 
est nue à l'origine, et paraît nue encore à l'heure où la Vie 
essentielle s'élabore au fond de la mer. Puis, les forces inté- 
rieures se révèlent à sa surface en Végétaux gras et confus, 
en bêtes chaotiques où le sol attache le poids des alluVions 
primitives ; puis ce sont de hautes forêts qui répandent dans 
le ciel libre leurs bras chargés de feuilles Vertes, ce sont 
d'harmonieux animaux; l'homme apparaît, s'cfforçant d'or- 
donner son être, de marier son r-^thme intérieur au rythme 
entier de la nature ; enfin l'esprit Veut s'affranchir, dominer 
les lois de la Vie : les lois de la Vie le suppriment. Or, l'in- 
telligence des hommes prend contact aVec la nature en sui- 
vant les mêmes chemins. De son éveil à son éclosion, à ses 
éclipses périodiques, elle répète mot à mot l'histoire des 
âges confus qui l'ont précédé sur la terre. L'artiste primitif 
laisse engagées dans la forme du monde les architectures 
transitoires, hommes, bêtes et plantes, où la substance de 
la Vie fleurit pour un moment. Dans leurs manifestations 
brutes, tous les archaïsmes se touchent, l'esprit humain n'a 
qu'un berceau. La forme des statues antiques est empri- 
sonnée dans la pierre, comme ces monstres indistincts que 
le sol ne Veut pas quitter et dont il empâte toujours les 
articulations épaisses. En elles, pesamment, circule une Vie 
torpide et muette, une chaleur qui n'est pas flamme encore : 
dans sa matrice de granit, le germe de l'esprit tressaille. 



lîmor^r»?,?'^ "^^^'^ "^^C^ -TYPE DESIQNED BY GEORGE 
AURIOL. CA8T BY Q. PEIQNOT ET F1L8. PARIS 

184 




GIROUETTES 



ES hommes saga comparent -Oolon- 
liers leurs contemporains à des 
girouettes que te moindre -Oentfait 
-^irer Moi qui suis l'ami des girouettes. Je 
pense qu'on a peut-être tort de les Juger 
si légèrement. 1 Lorsque dans l'espoir, 
% soutient déçu, de Sloir le ciel s'éclaircir. Je 
^ lèi)e les ^eux -^ers le petit peuple girouet- 
^ tique. Je if ois le laboureur se diriger exac- 
tement -^ers r endroit que -Oise le chasseur, 
et le bateau Voguer dans la même direction, 
et le léi}rier courir au même but, et la sirène 
indiquer du doigt le même point mystérieux. 
]IS II y a donc entente absolue entre toutes 
les girouettes. ]t Jlimer le changement ne 
me paraît pas si détestable que ça.... L'im- 
portant c'est que tout le monde soit d'accord. 

George Auriol 




PAGE PRINTED IN ITALIC FACE TYPE DE8IQNED BY GEORGE 
AURIOL, 0A8T BY Q. PEIQNOT ET FILS, PARIS 



185 




E ne saurais approuver cette lâche 
espèce d nommes qui mesurent la 
Jurée oe leur allection à celle oe la 
félicité de leurs amis; et pour moi, 
tien loin o être oune numeur si 

tasse, je me pique d aimer jusques 

en la prison et Jans le sépulcre. J en ai rendu des 
témoignages putlics durant la plus cliaude persé- 
cution de ce grand et divin Théophile, et j ai lait 
voir que, parmi 1 inlidélité du siècle où nous sommes, 
il se trouve encore des amitiés assez généreuses pour 
mépriser tout ce que les autres craignent; mais, 
puisque sa mort m a ravi le moyen de le servir, je 
veux donner à sa mémoire les soins que j avais des- 
tinés à sa personne, et taire voir à la postérité que, 
pourvu que 1 ignorance des imprimeurs ne mette 
point de taute à des ouvrages qui d eux-mêmes n en 
ont pas unCy elle ne saurait rien avoir qui puisse éga- 
ler ce quils valent. ...(Quiconque achètera ce digne 
hvre, sans doute sera contraint d avouer que c est la 
première lois qu il a bien lu JL héophile. JDe sorte que 
je ne tais pas ditliculté de pubher hautement que 
tous les morts m tous les vivants n ont rien qui puisse 
approcher des torces de ce vigoureux génie; et si, 
parmi les derniers, il se rencontre quelque extrava- 
gant qui juge que j ollense sa gloire imaginaire, pour 
lui montrer que je le crains autant comme je 1 estime, 
je veux qu il sache que je m appelle De ScUDÉRY. 



M7 



l'il\7J^''^° '" "N'COLAS COCHIN" TYPE. ADAPTED 
AND CAST BY Q. PEIQNOT ET FILS, PARIS 

i86 



Le Grasset 



*T L'époque contemporaine semble, par ses recherches, vouloir trou- 
ver une nouvelle expression du vrai et du beau. Cependant, il est 
certaines personnes chez lesquelles le besoin d'un Art nouveau ne se 
fait pas sentir d'une façon bien intense. « Nos aînés, disent-ils, nous 
ont laissé de tels monuments d'art que nous ne pouvons espérer les 
surpasser. Pourquoi ne pas nous en tenir aux interprétations de ces 

>T A cette objection, notre réponse semblera moins téméraire en nous 
aidant des déclarations qu'a faites le grand critique Taine, avec son 
autorité indubitable, dans sa Philosophie de l'Art. « L'œuvre d'art, 
dit-il, est déterminée par un ensemble qui est l'état général de l'esprit 
et des moeurs environnantes. » Plus loin il la définit ainsi : « 11 y a une 
direction régnante qui est celle du siècle ; les talents qui voudraient 
pousser dans un autre sens trouvent l'issue fermée; la pression de 
l'esprit public les comprime ou les dévie en leur imposant une florai- 
son déterminée. » Et encore : « L'œuvre de l'artiste à laquelle auront 
contribué secrètement des millions de collaborateurs inconnus sera 
d'autant plus belle qu'outre son travail et son génie elle contiendra le 
génie et le travail du peuple qui l'entoure et des générations qui 

AissoNs donc aux Elzévir, aux Foumier le Jeune et aux Didot 
la gloire d'avoir si merveilleusement résumé l'art typogra- 
phique des xvi', xviii* et xix*' siècles, et que notre œuvre à 
nous soit comme une résultante de la période contemporaine. Ce qui 
a toujours été le caractère dominant de Tart français, c'est ce souci de 
la clarté, de la précision, qui fait que dans ses diverses manifestations 
l'imagination n'a jamais empiété sur le domaine de la raison. Or, en 
observant le type dessiné par Eugène Grasset, ne retrouvons-nous 
pas l'indice de toutes ces qualités ? Tout d'abord, il est simple, c'est-à- 
dire qu'il n'y arien qui soit superflu, rien qui ne vise pas uniquement 
à donner à chaque lettre ses caractères distinctifs. C'est pour ainsi 
dire la synthèse de la lettre indiquée au pinceau, sans déviations, 
sans inutilités, mais d'un trait sûr et ferme qui ne laisse rien au hasard. 




TYPE AND ORNAMENTS DESIGNED BY GRASSET 
CAST BY Q. PEIGNOT ET FILS, PARIS 



187 



C'êiaii, il m'en sozivieni, par une nuit d'automne. 

Triste et froide, à peu près semblable à celle-ci; 

Le murmure du vent, de son bruit monotone. 

Dans mon cerveau lassé berçait mon noir souci. 

J'étais à la fenêtre, attendant ma maîtresse; 

Et, tout en écoutant dans cette obscurité. 

Je me sentais dans L'âme une telle détresse, 

Q^'iL me vint le soupçon d'une infidélité. 

La rue où je logeais était sombre et déserte; 

Quelques ombres passaient, un falot à la main ; 

Q^and la bise soufflait dans la porte entrouverte. 

On entendait de loin comme un soupir humain. 

Je ne sais, à vrai dire, a quel fâcheux présage 

Mon esprit inquiet alors s'abandonna. 

Je rappelais en vain un reste de courage. 

Et me sentis frémir lorsque L'heure sonna. 

Elle ne venait pas. Seul, la tête baissée, 

Je regardai longtemps les murs et le chemin, — 

Et je ne t'ai pas dit quelle ardeur insensée 

Cette inconstante femme allumait en mon sein ; 

Je n'aimais qu'elle au monde, et vivre un jour sans elle 

Me semblait un destin plus affreux que la mort. 

Je me souviens pourtant qu'en cette nuit cruelle 

Pour briser mon lien jejis un long effort. 

Je la nommai cent fois perfide et déloyale. 

Je comptai tous les maux qu'elle m'avait causés. 

Tiélas ! au souvenir de sa beauté fatale. 

Quels maux et quels chagrins n'étaient pas apaisés ! 

Le jour parut enfin. — Las d'une vaine attente. 



^^nL'"'®" *• °^ MU88ET'8"LE8 NUITS" (JUtES MEYNIAL, 
PARIS), PRiNTED IN TYPE DE8IQNED BY ADOLPHE QIRALDON 
0A8T BY LA MAISON DEBERNY 



i88 



Deux causes essentielles ont produit cet effet. D'abord, 
et bien visiblement, une morbidesse native le prédestinait 
aux émotions aiguës, voluptés ou tourments : la frénésie 
d'aimer trépide en ses premiers poèmes, tout comme la 
fureur de se tourmenter exaspérera les derniers. Donc, à 
corps perdu, l'adolescent s'est rué à la joie : iL y tord et use 
ses nerfs, si bien qu'il en arrive avant L'heure à L'épuisement 
des énergies vitales, qui sera la seconde cause de son abat- 
tement. A cette étape de sa vie, pour que la crise se mani- 
feste, iL sufira de quelque amour trompé, événement banaL, 
prévu, et dont iL devisait naguère sans amertume, mais qui, 
cette fois, coïncide avec un état de réceptivité anormale; 
la volonté ne réagit plus, et le blessé, beaucoup moins 
blessé que malade, accepte son sort, adopte sa destinée, 
concentre en elle ses facultés pensantes comme ses facultés 
nerveuses, et délibérément se couche sur son lit d'incu- 
rable, pour crier jusqu'à ce qu'iL en meure. 

A parler franc, et pour tout dire, Musset avait reconnu 
dans sa douleur la source même de son génie ; ce besoin 
de sou^rance, qui déjà lui était devenu naturcL, allait ainsi 
lui devenir précieux. Est-ce un jugement téméraire, de con- 
sidérer que cet amoureux au désespoir ait eu la prétention 
de s'ériger en personnage de légende et d'incarner, dans la 
mémoire des hommes, le type de L'amant au dix-neuvième 
siècle? Les grandes passions, en somme, sont assez rares; 
L'amour totaL, exclusif, absolu, ne se rencontre guère que 
dans les livres ; chaque siècle à peine nous en donne un : 
Héloïse et Abeilard, Dante et Béatrice, Laure et Pétrarque, 
Roméo et Juliette, puis, toute seule, Manon Lescaut ou 
M"^ de Lespinasse, et Musset tout seuL... Pourquoi pas? IL 
s'égale, en pensée, aux illustres romans d'amour; à lui seuL 
iL sera le poème et le poète tout à la fois. L'œuvre vécue, 
une monographie du désespoir chanté, l'inoubliable, l'unique, 
et sans que même un nom de femme s'accroche à L'auréoLe 
du sien... Oui, pourquoi pas ? Et poétiquement, avec une 
complaisance d'exception, iL s'aide à la douleur. Guérir? IL 
ne le voudrait pas! Au besoin, des poisons L'empêcheront 



PAGE FROM A. DE MUSSET'S "LES NUITS" (JULES MEYNIAL. 
PARIS). PRINTED IN TYPE DESIQNED:bY ADOLPHE QIRALDON 
CA8T BY LA MAISON OEBERNY 



189 



DE DAPHNIS ET CHLOÉ 



CSirf^--^- 



45 




du trespas de leur maistre» Apres que Dorcon 
fut enterré Chloé mena Daphnis en la caverne des 
Nymphes, où elle le nettoya, et quant et quant pour 
la première fois en présence de Daphnis lava aussi 
son beau corps d'eïïe-mesme, blanc et poly comme 
albastre, et qui n*avoit que faire d^estre lavé pour 
sembler beau, puis en cueillant ensemble des fleurs 
que portoit la saison, en firent des chappeaux aux 
images des Nymphes, et attachèrent contre la 
roche la fluste de Dorcon pour offrande, puis cela 
faict retournèrent vers leurs chèvres et brebis, les- 
quelles ils trouvèrent toutes tapies contre la terre 
sans paistre ny besler, pour Fennuy et le regret 
qu*elles avoyent, ainsi qu*il est à présumer, de ne 
veoir plus ny Daphnis ny Chloé, mais aussi-tost 
qu*elles les apperçeurent, et quVux se prindrent à 
les sifler comme de coustume, et à joiier du fla- 
geollet, elles se levèrent incontinent, et se prindrent 
à pasturer comme devant, et les chèvres à sauteler 



PAGE FROM " DAPHNIS ET CHLOÉ." PRINTED IN " JENSON " 
TYPE BY L. PICHON, PARIS, WITH WOODCUT BY CARLÈQLE 

190 




BOOKBINDINQ IN LEVANT MOROCCO. WITH INLAY AND TOOLINQ 
DESIQNED BY ADOLPHE GIRALDON, EXECUTED BY G. CANAPE 



191 




BOOKBINDING IN LEVANT MOROCCO, WITH INLAY AND TOOLING. BY G. CANAPE 





BOOKBINDINGS IN LEVANT MOROCCO, WITH INLAY AND TOOLING. BY CHAMBOLLE-DURU 



192 




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BOOKBINDING IN PARCHMENT, TOOLED AND COLOURED 
BY ANDRÉ MARE 
(In the possession of Mons. Paul Aaam) 




BOOKBINDING IN PARCHMENT, TOOLED AND COLOURED. BY ANDRÉ MARE 
(In the jiossession qf Mons. L. Vauxcelles) 



196 




(In the possession oj 

Madame d'Akman.) 



BOOKBINDING IN PARCHM ENT, TOOLED 
AND COLOURED. BY ANDRÉ MARE 




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200 



AUTRICHE 



L'ART DU LIVRE EN AUTRICHE. PAR 
A. S. LEVETUS 

COMME les autres pays, l'Autriche a passé, pour tout ce qui 
concerne le livre, par des phases brillantes, suivies d'une 
période d'inactivité qui risquait d'aboutir à la décadence. Au- 
trefois, diverses imprimeries ont publié nombre d'ouvrages de 
haute valeur artistique au point de vue de la typographie, de l'illus- 
tration et de la reliure ; il existe encore bien des exemplaires qui en 
donnent la preuve. D'une manière générale, les imprimeurs autri- 
chiens n'ont jamais été très nombreux, et ce pays n'a jamais été très 
producteur en matière de livres ; Vienne même, à cet égard, ne peut 
être comparée à Nuremberg, Augsbourg et Leipzig. Sous l'impératrice 
Marie-Thérèse, l'art du livre fut florissant, car cette souveraine, qui 
avait des goûts très artistiques, accorda beaucoup de privilèges à l'in- 
dustrie du livre, et elle appréciait beaucoup les volumes de valeur. Son 
fils, l'empereur Joseph II, suivit, dans sa jeunesse, une mode de l'époque 
qui voulait qu'on pratiquât un métier : il choisit celui d'imprimeur, 
et s'en rendit parfaitement maître. Il accorda également certains privi- 
lèges aux imprimeurs et 

donna à leur art toute sorte i | 

d'encouragements. Pen- | | 

dant la seconde moitié du 
XVI IP siècle, l'art du livre 
prit un développement con- 
sidérable. On inventa de 
nouveaux caractères, la gra- 
vure sur bois céda la place 
à la gravure sur cuivre, la 
qualité du papier s'améliora, 
la reliure devint magni- 
fique comme cuir etcomme 
dessin, et tout, jusqu'aux 
pages de garde, atteignit la 
plus haute perfection. Mais 
une réaction devait se pro- 
duire inévitablement, en 
Autriche comme dans les 
autres pays, car l'époque du 
modernisme était arrivée. 
Le papier à la main, qui 
avait son principal entrepôt 
en Moravie depuis 1520, 



MILOS TIRÂNEK 

)0]MYA 
POTULKY 




PÉCÎVOLNZCH SM£RD 
A NAKLADEM SPOLKU 
VYTVARNYCH UMELCO 
•MANES VPRAZEIQOÔ 



TITLE-PAGE DESIGNED BY R. RUZICKA. PUBLISHED BY THE 
MANES SOCIETY, PRAGUE 



203 



époque où fut fondée la première papeterie à Gross-Ullersdorf, devint 
moins bon ; la machine à imprimer remplaça la presse à bras ; les belles 
reliures en cuir façonnées à la main durent céder la place à des produc- 
tions d'un caractère plus commercial. M Mais en Autriche, comme 
ailleurs, l'art du livre devait avoir sa renaissance. William Morris 
fut l'initiateur de ce mouvement, car la renommée de la " Kelmscott 
Press" arriva jusqu'à Vienne. Les hommes de la nouvelle école : Alfred 
Roller, Josef Hoffmann, Koloman Moser, Myrbach, Rudolf von 
Larisch et d'autres, ont répandu les enseignements nouveaux. Le mo- 
ment était propice, le besoin de réformes dans tout ce qui se rattache 
à l'industrie du livre fut admis parmi les questions à l'ordre du jour 
lorsque l'on aborda, en 1897, le problème général de l'enseignement 
artistique ; mais la renaissance de l'art du livre ne date réellement que du 
commencement de ce siècle. Il ne faut pas croire qu'avant cette grande 
réforme on n'avait tenté aucun effort pour relever l'art ; bien loin de 
là. Il y a vingt-cinq ans, on prit les devants en fondant l'Institut d'é- 
tudes et d'essais pour l'art graphique ; et dès le début, sous la direction 
du Conseiller aulique Eder, on y fit d'excellente besogne. L'Imprimerie 
de la Cour et de l'Etat avait déjà été fondée quatre-vingts ans aupara- 
vant. Mais le grand élan fut 
donné il y a une douzaine 
d'années, lorsque des hom- 
mes formés avec les idées 
nouvelles en art décoratif 
furent pris comme profes- 
seurs dans les divers éta- 
blissements. JfTL'art du livre 
en Autriche n'a donc que 
depuis peu de temps son 
aspect moderne ; mais le 
développement en est des 
plus intéressants. On en a 
pris les éléments fonda- 
mentaux dans les meilleurs 
héritages du passé ; et, avec 
l'appoint de ces qualités de 
raffinement, de goût et de 
sérieux, on est arrivé à des 
résultats fort satisfaisants ; 
d'abord, dans l'enseigne- 
ment de l'écriture orne- 
mentale, avec le professeur 
Rudolf von Larisch. Il a 








TITLE-PAGE DESIGNED BY VLADImIr 2UPANSKY. PUBLI8HED BY 
THE MANE8 SOCIETY. PRAGUE 



204 



exposé ses principes dans un livre qui est d'une grande valeur pour tous 
ceux qu'intéresse ce sujet. Ce qu'il cherche, c'est à faire contribuer la 
forme et l'espacement des lettres à leur harmonie ; même la lettre la plus 
simple doit être décorée. Il n'attache pas une importance extrême à 
la création de formes nouvelles, il insiste plutôt sur le rapport de la lettre 
au mot et du mot à la phrase. Celles-ci doivent s'unir de la même façon 
que les parties constitutives d'un ouvrage d'architecture parfait ; car, 
de même que l'architecture est la base de tous les arts, de même c'est 
sur l'établissement du texte que doit reposer le style de l'illustration 
d'un livre. Cette théorie est confirmée par les enseignements que l'on 
tire de l'examen des premiers livres imprimés et surtout de ceux qui 
datent de la fin du XVP siècle. On y voit que le but visé a été de réaliser 
l'harmonie entre les caractères, l'ornementation et l'illustration. C'est 
aussi le but visé par ceux qui cherchent à créer des livres artistiques, 
bien différents de ceux que l'on publie ordinairement. Malheureuse- 
ment, ils sont peu nombreux en Autriche. Mais beaucoup de nos ar- 
tistes travaillent à l'illustration de livres pour les éditeurs allemands, 
et autres. A Vienne, Artur Wolf a publié quelques très beaux ouvrages 
illustrés par Franz von Bay- 
ros, Ferdinand Staeger et 
autres artistes; leslivres d'en- 
fants de la collection Kone- 
gen, illustrés par Marianne 
Hitschmann - Steinberger, 
sont pleins de charme, 
et montrent bien le senti- 
ment de la vie ; les livres 
pour enfants de Gerlach et 
Wiedling ont été illustrés 
par divers artistes, notam- 
ment le professeur Czeschka, 
Karl Fahringer, F. Staeger, 
Franz Wacik, Mlle Frim- 
berger. Mlle C. Hassel- 
wandera donné d'excellentes 
illustrations pour histoires 
enfantines ; C. Kôystrand 
s'est acquis la réputation 
d'un dessinateur fin et en- 
joué ; Ferdinand Staeger est 
un des meilleurs illustra- 
teurs du journal 'Jugend de 
Munich ; il est un artiste 



aiSABETH RARRETT-BROWNlNa 

K)RTUGAISKË 




'KLUB ŒSKY VTRAXEx^lpOe 



TITLE-PAGE 



DESIGNEO BY J. BENDA. PUBLISMED BY THE 
iENSKY KLUB. PRAGUE 



205 




ie niuttcr €rde wat alfo Don |c 

gefTôcte £icbe barg. 6ic unglûcf' 
ltci)cn U)t<i)te untcc ôen T^dame' 
tindetn, n>el<^c tDun|<i) undÇoff' 
nung tâuf<i)t, ôffnen fii) unter 
fol<^en Um|iândcn dcn tDcg dO' 
i)in durd) @trt(f und t>ol<i^, durt^ 
6Ui und 6tft, dut 4 &arrfu<^t und 6lutt>u|Ten; odet 
fonflmie ouf cine unbcqueme fitt. ^ber die ^ei/lcr 
bedûrfcn oU tet ïlmftânàl\d\ttiten nî<^t und genU' 
j^en ûbetôfcd des Dortcild, da^ |ie na^ 6clieben in 
die <2>ber»clt 3utû(fF«t)rcn fônnen, tpcnn fie Que* 
getroÇt, odet i|re £cidenf<tiaft ouegctobt l^abcn, da 
dcn0tctblid)cn dct tDcg 3ut Rurf f cbr ouf cœig »ct» 
fd)l»fftn ift. Dec unmutepoUc <&n0mc Dcrliej^ die 
<Dbetn)elttnitôcni<(nt|<i)lii0,ntctricdccôa87agc8' 
liâ^t 3U fijautn; do<^ die œo^ltdtige 3cit Dettt>i|<l)te 
na<^ nnd na<^ die Cindrii<f e feinee 6came; gleic^' 



PAGE DESIQNED BY HEDWIQ 8CHMIEDL. FOR THE IMPERIAL 
GRAPHISCHErLEHR-UND VERSUCHSAN8TALT, VIENNA 



plein de variété et de vita- 
lité ; Wenzel Oswald et 
Gustav Kalhammer, anciens 
élèves de l'Ecole impériale 
d'art industriel (Kunstge- 
v^^erbe), ont un style essen- 
tiellement décoratif; et Da- 
gobert Pèche, qui est sorti 
de l'Académie impériale, a 
également un style haute- 
ment décoratif. Alfred Keller 
exerce, comme ce dernier, 
la profession d'architecte, 
mais il s'occupe également 
d'illustration ; il se distingue 
surtout dans le dessin au 
trait. Jtf Quelques artistes au- 
trichiens excellent aux des- 
sins de reliures, et l'on peut 

dire en toute sécurité que leur œuvre a acquis une réputation qui 
durera. Il suffit, pour justifier cette assertion, de citer des noms comme 
ceux du professeur Josef Hoffmann, de Koloman Moser, de Czeschka ; 
Anton Hofer et Rudolf Geyer, tous deux anciens élèves de l'Ecole 
impériale d'art industriel, ont également donné de très beaux ouvrages 

que resteront. Tous ces ar- 

I I tistes ont créé des reliures 

\ qui, comme dessin, comme 
\ matière et comme exécu- 
; tion, satisfont à tout ce 
\ qu'on peut demander. M 
Dans le dessin de caractères 
I d'imprimerie, on est arrivé 
I à d'excellents résultats. L' 
I "antique Czeschka", créé 
! par le professeur Czeschka, 
I est, dans sa simplicité, ex- 
I trêmement beau. Il a été 
\ acheté par MM.Genzsch et 
\ Heyse, de Hambourg, et 
i e st reproduit p. 21 1. J^ La 
I fonte nouvelle du Dr Ru- 
dolf Junk se distingue par 
les mêmes qualités, bien 




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{^M TDOPHOMiU/ HDMLE/MM 

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iiJiRnmj;ni/cR/4fitDDii^<ftECHnunûtii 

OtU miDTHE/iMDUHUE&JaUMIT.DADAf 

mufMimwm mîT beaqeh uhd uucom 

BtDKKTiirJOHimmTtmHHUDZUKLHHOl 
UIMEH FUURUJERK/!Z\UCH(>t1U/2<ttlAH 
/EUDOETOiEMEHimKEnc CEDRAUCMEH. 
EUD L'A'MÛERE<REi/EH<mU/£<IMAH HfAUb 
TUiEREUIAULEn UI1DZUIlTI»QUHQ<Dy 
ûEPnCKE/ EmiÛEiKlAUEH NliTiiCM EUli 
utn. 



PAGE DESIQNED BY BERTA BINDTNER, FOR THE IMPERIAL 

QRAPHISOHE LEHR-UNDVERSUCHSANSTALT, VIENNA 
206 




iSopisy , 

JOSEFAMÀNESA 
HENRIETTE 

Z RITTERSBERGÙ 
AjINDRLSCE 

E RITTERSBERGÙ 
<SLAViNSKÉ> , 




COVER DESIGN BY F. KYSELA, FOR NOVA EDICE, PRAGUE 



qu'elle diffère notablement, 
comme forme, de celle du 
professeur Czeschka. Celle 
de M. Mader, quoique 
moins claire, présente de 
l'intérêt; le professeurHoff- 
mann y a assorti des bor- 
dures et des vignettes. Mlle 
Schmidt peut également 
compter parmi les artistes 
qui ont créé des caractères 
typographiques nouveaux 
et intéressants. Ces fontes 
ont toutes été employées 
par l'Imprimerie de la Cour 
et de l'Etat. M Parmi les 
provinces, la Bohème oc- 
cupe le premier rang dans 
l'art du livre, ce qui n'a rien 
d'étonnant, si l'on songe 
que Prague, Pilsen,Kutten- 
berg et autres villes remon- 
tent à une époque lointaine. 
Dans la décoration du livre 



et l'art graphique moderne, 
beaucoup d'artistes tchèques 
se sont distingués. Les di- 
verses reproductions que 
nous donnons d'ouvrages 
montrent qu'ils ont bien l'in- 
spiration de véritables ar- 
tistes. La collaboration que 
les éditeurs offrent aux ar- 
tistes est de bon augure, et les 
années qui vont suivre ver- 
ront, sans aucun doute, de 
nouveaux développements. 
Le fait même que le mouve- 
ment moderne a donné lieu 
à tant de bonnes productions 
permet de compter beau- 
coup sur son avenir. 



qtn, mit alten £umpen btàtât, 0(0 mon p/Iegf in 

die Crbfen ju fTcUen, die genâ|<i)igen 0pa^en domit 
3U (a>cu<f)cn. tDorûber ^d) die Çettcn oon ^itffy 
betg ba$ trunôerten, lichen fie in aller 0tilJe àtn 
0trot)tnann obnet^men und breiteten au8, der gtù^t 
tDind i)abe 3uc nodjtjeit den leid|ten 0<^ncidec 
oom 6ai0en ûbcr die ^cenje getoel^et. 




47 



TAILPIECE DESIGNED BY HEDWIQ SCHMIEDL, FOR THE IMPERIAL 

GRAPHISCHE UEHR-UND VERSUCHSANSTALT, VIENNA 



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ORNAMENT BY WENZEL OSWALO 




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BOOKBINDING IN RUSSIAN LEATHER, WITH INLAY AND TOOLING. DESIGNED 
BY HENRYK UZIEMBLO. EXECUTED BY ROBERT JAHODA 




BOOKBINDING IN RUSSIAN LEATHER, WITH INLAY AND TOOLING. DESIGNED 
BY HENRYK UZIEMBLO, EXECUTED BY ROBERT JAHODA 



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LEATHER BOOKBINDINQ, WITH INLAY AND GOLD 

TOOLING. DESIGNED BY PROF. JOSEF HOFFMANN 

EXECUTED BY THE WIENER WERKSTAETTE 




BOOKBINDINQ IN BUCKSKIN, WITH INLAY AND TOOLING. DESIGNED BY PROF. JOSEF HOFFMANN 
EXECUTED BY THE WIENER WERKSTAETTE 



2l6 




PAPER COVER DESIGNED BY DORA GROSS 




PAPER COVER DESIGNED BY HANSI BURGER-DIVECKY, PRINTED IN 
THE IMPERIAL GRAPHISCHE LEHR-UND-VERSUCHSANSTALT, VIENNA 



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TAILPIECE AND COVER DESIGN 
BY HEDWIG SCHMIEDL 



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BORDER AND END-PAPER DESIGNS BY ALFRED 
KELLER. FOR L. STAAKMANN. LEIPZIG 



221 





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INITIAL LETTER AND BORDER DESIGNED BY PROF. C. G. 
CZESCHKA. FOR GENZSCH AND HEYSE, HAMBURG 



223 








ORNAMENTS AND TAILPIECES BY WENZEL OSWALD 
224 




ORNAMENTS BY GUSTAV KALHAMMER 
225 




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DECORATIVE ILLUSTRATIONS BY FERDINAND STAEGER 
226 






DECORATIVE ILLUSTRATIONS BY FERDINAND STAEGER 

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DECORATIVE ILLUSTRATIONS BY ALFRED KELLER. FOR 
R. H. BARTSCH'S "BITTERSUSSE LIEBESGESCHICHTE " 
PUBLI8HED BY L. STAAKMANN, LEIPZIG 

228 




DECORATIVE ILLUSTRATION BY ALFRED KELLER 

FOR "DAS BUCH DER KLEINEN KLEINEN '• 

PUBLISHED BY L. STAAKMANN, LEIPZIG 





DECORATIVE ILLUSTRATION BY 
C. HASSELWANDER 



DECORATIVE ILLUSTRATION BY C. KOYSTRAND 
FOR "PIERROT ALS SCHILDWACHE " PUB- 
LISHED BY S. CZEIQER 




INITIAL'LETTER BY QUSTAV MARISCH 



229 







DECORATIVE ILLUSTRATIONS BY MARIANNE HITSCHMANN-STEINBERGER 
FOR "KONEQEN'S KINDERBÙCHER." PUBLISHED BY KONEGEN, VIENNA 



230 



L'ART DU LIVRE EN HONGRIE 

1E développement de l'art en Hongrie atteignit son apogée au 
XV^ siècle. L'influence de la Renaissance italienne pénétra en 
ce pays plus tôt qu'ailleurs, car Mathias Corvin réunit à sa 
-^ cour un grand nombre d'artistes et d'humanistes italiens, et 
acquit quantité de livres et de manuscrits ornés de belles peintures. 
Les quelques trésors qui restent de sa bibliothèque, et qu'on appelle 
corvinas^ sont de magnifiques exemples d'illustrations delà Renaissance, 
exécutées surtout par des miniaturistes italiens, car il semble que le 
monarque n'ait pas employé d'artistes hongrois. Les luttes politiques 
et les guerres mirent fin au développement de l'art ; puis vint la domi- 
nation des Turcs, qui détruisirent ou laissèrent perdre les œuvres d'art 
existantes. J^ Il y a bien des raisons qui expliquent la longue période de 
décadence par laquelle passa ensuite l'art du livre et de l'illustration. 
Jusque vers la fin du XIX*" siècle, les classes cultivées, en Hongrie, em- 
ployaient le latin pour la conversation ; le latin était également la langue 
administrative et officielle de ce pays. Les jeunes gens allaient en Alle- 
magne et en Italie pour compléter leurs études. Par suite, les influences 
étrangères dominaient, et l'on ne publiait en Hongrie que des livres 
très bon marché. La typographie hongroise ne pouvait rivaliser avec 
celle des autres pays, l'art du livre était dans une situation inférieure, 
et l'on n'employait les artistes hongrois que pour des travaux peu im- 
portants. M Les livres que l'on a publiés en Hongrie depuis quelques 
années montrent une supériorité marquée sur ceux que l'on produisait 
auparavant. Cela est dû pour une 
bonne part àl'enseignement donné par 
l'Ecole nationale des Arts et Métiers 
de Budapest, où l'on peut étudier la 
typographie, et où l'on a introduit des 
caractères dont le style est basé sur 
l'art national. Il y a une classe spéciale 
d'écriture artistique, où l'on prend 
pour modèles les meilleurs des vieux 
manuscrits qui réunissent les qualités 
désirables : lisibilité et élégance des 
formes. Trois excellents exemples des 
travaux des élèves sont reproduits 
pages 237 à 239. -^ La Hongrie a la 
bonne fortune de posséder nombre 
d'excellents décorateurs de livres, bien 
que quelques-uns se soient établis à 
l'étranger, et que leur œuvre n'ait 




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TITLE-PAGE WRITTEN IN CORK. BY BLASIUS 
BUSAY (ARTS AND CRAFTS SCHOOL, BUDAPEST) 



231 






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INITIAL LETTER 
AGY. PUBLISHED 
PRINTINQ OFFICE 



guère conservé un caractère purement national. Un des plus remar- 
quables d'entre ces derniers est Franz von Bayros, de famille hon- 
groise mais né en Croatie : son œuvre ne présente aucune affinité avec 
l'esprit de sa nation. Pleine de délicatesse et de raffinement, et éminem- 
ment décorative, elle a une grâce qui rappelle le charme poétique 
des fêtes galantes ; et cependant, par son habileté technique et sa 
subtile intelligence des exigences du noir-et-blanc, elle est d'un senti- 
ment bien moderne. Nous reproduisons quelques charmants spécimens 
de l'œuvre de cet artiste. M Très différentes comme conception et 
comme traitement, mais d'un caractère plus national, sont les illustra- 
tions décoratives dessinées par Charles Kos (p. 236) pour son poème 
" La Mort d'Attila ". Parmi les meilleurs décorateurs de livres se trou- 
vent encore Willy Pogany, Alexander Nagy et Kriesch Kôrôsfôi ; ces 
deux derniers sont à la tête du fameux groupe artistique de Godôllô. 
Nagy est un maître de la ligne, il est doué d'une imagination poétique, 
et il réussit admirablement en adoptant les formes si particulières à la 
Hongrie. Le bandeau d'en-tête reproduit p. 232 caractérise son art. 
Un frontispice traité d'une façon curieuse par Blasius Busay est égale- 
ment reproduit ; le modèle original a été exécuté sur du liège brûlé. 
232 



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TITLE-PAQE DESIQNED BY FRANZ VON BAYROS 
PUBLISHED BY ARTUR WOLF. VIENNA 

233 





DECORATIVE ILLUSTRATIONS BY FRANZ VON BAYROS 
PUBLISHED BY ARTUR WOLF, VIENNA 



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ILLUSTRATION BY CHARLES Ko'S 

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239 




ORNAMENT BY FRANZ VON BAYR03, FOR DIE 
SECHZEHNTE EHEFREUDE." PUBLISHED BY 

ARTUR WOLF, VIENNA 



240 



SUÉDE 



L'ART DU LIVRE EN SUÈDE. PAR 
AUGUST BRUNIUS 

EN SUEDE, comme ailleurs, la seconde moitié du XIX* siècle a 
ramené une période d'éclat pour l'art du livre, au point de 
vue de la typographie, du papier et de la reliure. Néanmoins, 
' la décadence avait été plutôt moins grave que dans les autres 
parties de l'art appliqué. Deux maisons d'édition, P. A. Norstedt à 
Stockholm et Berling à Lund, ont maintenu l'art du livre à sa hauteur. 
D'autre part, on avait adopté un style plus artistique, entre 1870 et 1880, 
en appliquant les procédés traditionnels, en imitant les manuscrits 
gothiques, ou en s'inspirant, d'une façon sans doute un peu arbitraire, 
de l'art décoratif de la Scandinavie antique. La renaissance qui se mani- 
festa chez nous au commencement de ce siècle amena d'abord une re- 
crudescence d'intérêt pour les arts décoratifs, et surtout pour l'art des 
tissus de l'époque des Vikings et des Sagas. L'esprit de la vieille Scan- 
dinavie nous anima de nouveau,et l'apogée de ce mouvement fut marqué 
par un véritable événement, la fondation du Musée du Nord à Skansen, 
par Artur Hazelius. Précisément à ce moment l'industrie du livre se 
régénérait en Europe. Les idées nouvelles que William Morris avait 
mises en avant avec tant d'énergie subjuguaient toute une génération. 
M Pour créer un mouve- 
ment dans lequel l'art et sa 
pratique ont également leur 
part, il faut un idéaliste pas- 
sionné. Cet idéaliste, ce fut 
Waldemar Zachrisson, im- 
primeur à Gôteborg (né en 
1861). Il travailla en Suède 
et dans les meilleures im- 
primeries de Hambourg, de 
Leipzig, de Vienne, de Ber- 
lin et de St. Pétersbourg, et 
affina son goût en étudiant 
sans cesse les chefs-d'œuvre 
du passé et les belles im- 
pressions anglaises et améri- 
caines de Morris et de De 
Vinne. Dès qu'il put s'éta- 
blir, il s'efforça de relever 
le niveau de tout le métier. 
Il fonda un groupement 

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hommes compétents, la by artur sahlén 




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9( \S20>ta.Ut, mèjligtn k 1523, atia* 

i<i i ©Wttféping, trolfgcn af 2(nf6j)ln««- 
blfpfn ^ant 58ra|ï, f tt litft trrchtl, font 
till firtflânHate |îct „p«<bntfrn' £)lo«u« 
Ulcici.' Stpttmtt ml)î^u6< fmtlfrt- 
_ ti6 ©Bftaf ^afa, f)Btlt«n it 1526 |litt- 
■"* ligen aaf ixfaUnin^ om brt nrtfàaganïf. 
Otfatta t)Atm (ïall f)o tarit ni^ra anfl6tl(aa ffrtftfr 
riftatt mot £ut^et o<^ rtfotmattcnen, fom bifftp SBtaff 
littt trpda ot§ utfjrtlDa 1 lanKt. £tt pupptnJbtuf, 
uppràttaSt fit m)<imttt tifning dt 1523, bief pâfomma 
«ina itfMagDt. 95oftrç(fcrttt fJtflçttoJt* ftbnmna ttU 
@Hn». 

CS3t6 ndmntK» ttçrffti fcaix tmtUtxtii en mingt 
ffrifttr bltfeit Btglfna, titt f)BiIta« ntflprfd hâfnttt 
an»ànbt<. (Sâlnnta ear »Hi?toria s. Xicoiai». ntalf- 
»en tilt misne af blffop TOcc(au< (^«Ige 'JUii tal- 
la»), fitfebb meb rtt tUelblab t tràfnia fJteflâllaab» 
<n 6t(ï«p tncï Uitfa. SXtta- fnitt r>at tnMt c0 
partert (>ur<t. €tt pat antta trifnitt, fom anoinbt* 
ttB betta trçdcrf, toro aungftu «Katia mrt Stfu*- 
bornet famt «t mintre ©ku »aptn. 
CSXt &v fannclift, att Ulrici fiilf fnfilat mt» ttifnttt*- 
fcnftcn 0* utfirt trifnitten vil Ktta txxxtni. €f1»t 
de 1527 âtcrtinna »i fjcnoin fom bottrçtfate i «Ra(m». 
C©ufiaf Wafa, fora »ar mwttt Intrefferab af M- 
ttnrtetttenften, uppràttabt flàlf âr 1625 „nnb«t (Mr 
betoftJiflO" ftt trî>ctfrt ( @tott()e(m, ï« febtnnera f. f. 



PAGE FROM 



A HISTORY OF 8WE0ISH WOODCUTS." ORNAMENTS 
PRINTED BY NORSTEDT UNO SÔNER 



243 



Société des Imprimeurs suédois, qui travailla à l'établissement du 
Musée d'art industriel de Stockholm et de l'Ecole technique d'art 
industriel à Gôteborg. Il s'efforça de toutes sortes de manières, par 
des affiches artistiques, par des articles dans les journaux profession- 
nels, de préparer les éléments nécessaires au relèvement du métier ; 
et le caractère éminemment pratique de ses idées assura le succès de 
ses efforts. M En ces derniers temps, le trait dominant, dans le dé- 
veloppement de l'art du livre, a été une tendance accentuée à donner un 
caractère national. Les difficultés, à cet égard, étaient considérables. 
Jusqu'à présent, nous n'avons pas encore de caractères dessinés par un 
artiste suédois, mais ceux que nous avons sont basés sur une prédilection, 
qui remonte à loin, pour le " romain ". Dès 1 5 50 le romain avait été in- 
troduit en Suède. Au cours des XVIP et XVIIP siècles le goût de nos 
ancêtres se porta surtout sur les modèles hollandais et français. Le ro- 
main que l'on emploie maintenant en Suède, et qui est fabriqué à Ham- 
bourg, rappelle la fonte de Caslon, mais avec un style un peu plus 
moderne. On l'appelle "romain-moyen-âge" ; il a beaucoup d'avan- 
tages, il est facile à lire, et il a une simplicité sans prétention. Sa légèreté 
donne peut-être parfois aux pages un aspect gris et monotone. Il pré- 
sente une ressemblance certaine, mais aussi des différences, avec les 
fontes anglaises. M Une des caractéristiques de la typographie suédoise, 
c'est qu'elle produit son meilleur effet et paraît le plus originale dans les 
publications d'un caractère spécial et destinées à un public restreint. Le 
reste de nos productions est d'une qualité sensiblement inférieure. Pour 
des lecteurs anglais ou français, nos textes présentent un singulier défaut 
d'unité, au point de vue typographique. Le format et la disposition 
sont très variés, de même que les papiers de couleur pour couvertures, 
qui sont tantôt bons et tantôt mauvais. Cependant, depuis quelques 
années un progrès se manifeste, un meilleur goût apparaît. Un fait 
heureux, à cet égard, c'est la publication des classiques suédois édités par 
la Société littéraire de Suède, et imprimés chez Albert Bonnier. Un 
style pur et sévère s'y combine au choix excellent des matériaux ; et la 
typographie y est l'objet du plus grand soin. Une semblable entreprise 
fait honneur à un pays. Les mêmes qualités de style caractérisent l'édi- 
tion suédoise de 1'" Histoire des Peuples du Nord " par Olaus Magnus, 
que publie une autre société, la "Corporation Michel". Cette œuvre 
fut écrite en 1550 par le dernier archevêque catholique de Suède, qui 
fut un des plus grands voyageurs et un des plus intéressants écrivains de 
la Renaissance. Le texte de la présente édition est illustré de vieilles 
gravures sur bois, exécutées d'après les dessins de l'auteur même. Deux 
volumes de ce magnifique ouvrage ont été imprimés par Almqvist et 
Wiksell à Uppsala. Jtf De même, à la grande Exposition des métiers, 
tenue à Stockholm en 1 909, on a pu voir quatre éditions de classiques ; 
244 



les exemplaires ont été donnés pour une loterie. Ces quatre volumes 
avaient été établis et imprimés par quatre maisons différentes : résultat 
qu'on n'aurait pu obtenir dix ans plus tôt. Jff Cet aperçu de l'art du livre 
à notre époque serait incomplet si nous n'y mentionnons une imprimerie 
qui s'est placée au premier rang. Les frères Hugo et Cari Lagerstrôm 
se sont sérieusement occupés de relever le niveau de l'imprimerie. Ils 
ont fait leur apprentissage en Allemagne, en Angleterre et en France, 
et ont travaillé quelques années, l'un à Stockholm, l'autre à Copenhague, 
avant de fonder leur maison, en 1903. Ils ont également joué un rôle 
important dans l'évolution générale des arts et métiers. Ils ont créé une 
revue, r Art de P imprimerie dans les pays du Nord, et ont fondé deux 
sociétés, dont l'une est la Corporation Michel, que nous avons déjà citée. 
Le docteur Isak Collijn, bibliothécaire érudit, en a été le troisième fon- 
dateur. JS La première publication imprimée par les frères Lagerstrôm 
était une sorte de prospectus typographique. Parmi les huit volumes 
d'Auguste Strindberg, il y a un ouvrage de chimie intitulé "Antibar- 
barus ". La décoration a été exécutée par un jeune artiste, Artur 
Sjôgren, qui a une sérieuse connaissance de la typographie suédoise 
ancienne. Le livre a été tiré avec soin, et à petit nombre d'exemplaires, 
sur papier àla main ; nous donnons un fac-similé de quatre de ses pages. 
Depuis, les frères Lager- 
strôm ont publié nombre de 
livres, grands et petits, tou- 
jours à tirage limité, mais à 
un prix peu supérieur à celui 
des livres ordinaires. Leurs 
publications ont bien cet 
esprit de conciliation que 
l'on observe dans celles de la 
Société Médicis, en Angle- 
terre. JS Le public biblio- 
phile, en Suède, a une pré- 
dilection pour les vieux 
livres, et n'est guère enclin 
à servir de clientèle à une 
maison d'éditions de luxe 
modernes. Cependant les 
frères Lagerstrôm ont im- 
primé quelques-uns des plus 
beaux livres qu'il y ait chez 
nous, avec ou sans décora- 
tions : deux ouvrages de 
mémoires historiques du 




FÔRTAALET ELLER INGÂNG: 

EEN ALLMENNELIGH PRACTICA ELLER VÀDER- 

BOOK/ EFFTER THE GAMBLE OCH VIJSE 

ALBERTI. ALKINDl, KALI, OCH PTOLOMEI LÂR- 

DOM, STÀDZE VARANDES AHR IFrA AhR 

ET ÂR ITT VIST OCH SANTORDSPRÀK 
som allmcent slycs: Dhet »r een godh 
Vân som varaar ecn arnian fôr Olyckan 
och Skadan fflr An dcn kommer. Ther- 
fôrc ar cen gladh och godh tlende v»l 
vSrd at man henné fôrkunnar. EfRer thet 
alla Practikor och*Prophetier/ icke alle- 
nast «re Bkriffnc aff then Helgc Andes uppenbarelse/ uthan 
och andre/ hvilket een part eendels afriing Himmelens Lopp/ 
aff Planeternes och andra Siiemors beskidelse' och een part 
eendels aff 14ng FOrfahrenheet; aff Himmelens T«ckn och 
mânga Omstândigheeter «re uthdragne och begrundade/ »re 
ther Mrordnat och i vïrcket stJUte/ at vij dher aff om Lycko 
och olycko om/ Vider och Ovâder tilfSrenne eller framfOre 
4th medh goda tiender och aann Budhskap undervijste/ skulle 
yàmade varda; och s» stâdze och altijdh om Lycko och Olycko 
fOrorsakas at fruchta och troo des alzmtchtige gode Oudh. 
iS4 »r thet ritt och tllbOrligit,' ja Christeligh Kârleek och 
PUcht fordrar thet ock s4 medh sigh/ at man gladeligh och 
medh Tacksayelse anammar alla Praktiker eller Prophetier/ 
som are genom then H And» Ullkenna giffnc' jemvfti aff an- 
drom/ bide konstrijke naturlige Stiemoklkare/ och andre 



PAGE FROM "BONDE-PRACTICA." INITIAL LETTER BY LEON 
WELAMSON. PRINTED BY BRODERNA LAGERSTRÔM 



245 



temps de Charles XII ; une série de petits ouvrages dont le texte appar- 
tient à la littérature suédoise ; et enfin une réimpression d'un ouvrage 
qui, bien que n'ayant pas d'équivalent dans les autres littératures, pré- 
sente un certain intérêt pour le public étranger. C'est une sorte de 
manuel d'histoire naturelle et d'hygiène à l'usage des paysans, et dont 
certaines parties sont en vers. Il contient un grand nombre d'observa- 
tions basées sur l'astrologie, et le ton en est assez enjoué. Ce livre, qui 
fut publié pour la première fois en 1662, nous montre les idées 
qu'avaient jadis les Suédois sur la vie et sur l'éducation. Un jeune 
artiste, Léon Welamson, a dessiné pour la nouvelle édition de ce 
curieux ouvrage des illustrations pleines de simplicité et de vigueur, 
et qui, sans être des imitations, sont exécutées dans le style d'autrefois. 
C'est un chef-d'œuvre de la typographie suédoise. JC Les illustrations 
et les vignettes jouent un grand rôle dans l'art du livre moderne. Les 
livres illustrés ont toujours été en faveur, et beaucoup de nos meilleurs 
artistesont débuté comme illustrateurs. L'éminent peintre Cari Larsson 
est un illustrateur bien suédois. Il orne ses propres textes de com- 
positions en blanc et noir ; mais il reste attaché aux principes d'autre- 
fois, en ce sens qu'il ne se préoccupe pas beaucoup de la décoration. 
OUe Hjortzberg est presque un jeune. Il a subi en partie l'influence 
des décorateurs de livres anglais modernes, et ses ouvrages peuvent satis- 
faire les critiques les plus exigeants. Il a acquis une singulière érudition 
dans le langage des anciens symboles chrétiens, et il en a tiré parti, pour 
ses ornementations de livres, avec le plus grand succès. Actuellement il 

est occupé à décorer richement une 
"Bible de l'Etat", la "Bible de 
Gustave V", gigantesque entre- 
prise, où l'artiste et l'imprimeur se 
surpasseront. M Si Olle Hjortz- 
berg et Artur Sjôgren observent 
scrupuleusement la technique du 
livre, Einar Nerman, un de nos 
plus jeunes artistes, a plus d'indé- 
pendance. Il a illustré plusieurs 
livres d'enfants, et publié égale- 
ment quelques caricatures. Ses 
dessins ont un peu du style rococo, 
ils unissent aussi l'élégance à une 
spirituelle hardiesse, ce qui dénote 
l'influence de la France. Ses lignes 
courbes ont un caractère d'espiè- 
glerie sans précédent dans l'art 
suédois ; et ses ouvrages soutien- 



SVERIGE5 KVRKOR 

K0N5THI5T0RISKT INVEKlARIUrt 

MED 5TOD AV K.VnT MUT- O ANT; AKAÛ 
UTOIVET AV^IQUHD CURMAN 
.^ OCn JOMNNYROOSVAL 




VÂSTERGOTLAND 

,CkANDI. I-AFTI. «^ 

KÂLLANDS ttARAD 

NOQaA DELEN 

bcarbeh: AV 

£.FlSCHEft 



FAPER COVER PRINTED BY N0R8TEDT UND 8ÔNER 
246 



nent la comparaison avec les meilleures productions de l'étranger. Ses 
illustrations du conte bien connu d'Andersen, " Pierre le gardeur de 
porcs" (p. 256), sont d'une pure originalité. M Enfin, quelques mots 
sur la reliure suédoise moderne. Depuis le XVP siècle jusqu'à présent, 
nos productions en ce genre ont été inspirées de modèles, tantôt alle- 
mands et tantôt français ; mais à certaines époques, nos spécialistes ont 
donné des créations assez remarquables et assez originales pour qu'on 
puisse les considérer comme vraiment suédoises. Le milieu du XVIIP 
siècle, en particulier, a été une véritable époque de floraison pour notre 
reliure. Cent ans plus tard, cet art commença à tomber en décadence ; 
mais après quelques dizaines d'années seulement, les premiers signes 
d'une renaissance se manifestèrent. Ce fut lorsque Gustaf Hedberg 
revint, en 1 886, de Paris et de Londres, où il avait longtemps étudié. Il a 
particulièrement réussi à obtenir de riches effets avec des moyens simples. 
Son ingéniosité et son talent pour donner de l'originalité même à une 
reliure simple sont des qualités qu'il a en commun avec les grands artistes 
de tous les temps. M Bien que la bonne clientèle soit peu nombreuse, il 
y a deux artistes suédois qui consacrent tous leurs efforts à cet art. Mme 
Eva Sparre est à présent notre plus grande artiste en reliure, car ses 
ouvrages sont tout à fait personnels, ils ne se rattachent à aucune tradi- 
tion, et tout y est original : la composition, l'exécution et surtout les 
effets de couleur. Elle n*a pas produit beaucoup, mais tous ses ouvrages 
se distinguent par leur caractère personnel, par la sobriété de leur déco- 
ration et le goût exquis avec lequel les matériaux sont employés. Mlle 
Greta Morssing est aussi une remarquable artiste dans cette spécialité. 









INITIAL LETTERS DESIGNED BY ARTUR SJÔGREN 




HALFTITLE PAGE TROM GUSTAV VS BIBLE. DESIGNED BY 
OLLE HJORTZBERG. PRINTED BY BRÔDERNA LAGERSTRÔM 

248 





^MSVAFLETSNATUR 

SÂSOM FOSSILT HARZ 
>UTTRYCKT I FORMELN 

CH^o=cH^HO=CH^H'o 

TILL SVAFLETS ONTOGENI 
ellerHÂRLEDNINGSHISTORIA 

AN VID^ 

hâller att 

Svaflet âr 

ettdanent 

ochdâjag 

frâgarhvad 

manmenar 

medettele« 

ment, sva« 

ras: — en 

kropp som 

annu icke 

'âr sonderdelad. Man definierar sâiunda 

med en négation och definitionen âr sâliin* 

da vârdelôs likasom begreppet élément. 

CJag pâstod dàremot med en viss het 

stâmdhet att Svaflet varett sammansatt 




âmne af analpg konstitution med ett fos* 
sUt Har2,ettMineralharz,ett Brandharz, 
med ett ord: att Harz sâiunda innehblle 
KoI, Vâte, Syre eller var ett CHO utan 
att jag ville âtaga mig bestamma for* 
eningens proportioner. Och dâ man ut# 
fordrade mig att framlâgga Kolet, Vatet 
och Syret svarade jag: vi tro ej pâ den 
absoluta idendteten utan nôja oss med 
analogier ledande till hôg grad af sanno* 
likhet. I min,egenskap afÀistoteles ISurt 
junge tror jag icke sa mycket pâ kroppar* 
nas konstitudva olikheter utan mera pâ 
egenskapemas differenser under vissa 
gifna fôrutsattningar. I min egenskap af 
monist har jag tUls vidare bundit mig 
vid antagandet att alla âmnen och alla 
krafter âro fôrvandta och om de àro har^ 
ledda urett^de uppstâttgenom fôrtatning 
och fôrtunning, genom kopulation och 
korsning, genom arf och omvandling, 
genom urval och kamp, addition och sub« 
sdtudon och hvad mera man vill fôreslâ, 
men att jag dârvid ej sa strangt antagit 
den lagbundna ordningen, ândamâlsen* 
ligheten och dylika svâfvande begrepp, 
hvilka jag dock fortfarande skulle vilja 



PAGE FROM AUQU8T STRINDBERQ'S " ANTIBARBARUS/' WITH DËCO^ 
RATIONS BY ARTUR SJOQREN. PRINTED BY BRODERNA LAQERSTROM 




PAGE FROM AUQU8T STRINDBERQS -ANTIBARBARUS." WITH DECO- 
RATIONS BY ARTUR 8J0QREN. PR.NTED BY BR^DERNA LAGERSTR^M 



ÔM SVAFLETS NATUR 




hâlla svâfvande tills begreppen bliuit 
fullt utredda, eller hvad battre âr, af# 
lâgsnade ur terminologien. 

AG ATERVÀNDER 
1 nu till Svafletoch staller 
upp min posid va analogi 
med ett harz emot den 
Lpoedska eller metafy^ 
siska liknelsen med in* 
terwisbegreppet élément, intérims eme* 
dan man tillâgger de vikdga orden > 'ânnu 
icke> dll ordet sônderdeladt. 
CXikasom ett Harz, CHO, âr Svaflet 
vid vanlig temperatur: 
Kristallinskt eller amorft; 
Smâltbart; 
Olôsligt i vatten; 

Loslig^ i Kolsvaila,Terpentin, kolvâten 
,. etc.; 
Brannbart; 

Icke ledare af elektricitet; 
Negadvt elektriskt genom gnidning; 
Smak- och lukdôst; 
Sprôdt; 
Gifver syror ÇBemstenssyra, Sylvîus? 

syra); 
Gifver med alkalier Harsâpor (=Svafvel? 

lefrar); 
Gifver som syror salter med metaîloxi* 

der,dârVâtet substitueras af metallen. 
dNu mâste dessa likheter tagas med ett 
visst ôfverseende, ty detfinnes lukteuide 
harzer och icke luktande, kristalliniska 
och amorfa, och Svaflet sjalft âr en sâdan 
kameleont att det endast kan i ett visst 
gifvet moment gripas och stallas înfcr 
jâmfbrelseprismat. 
CMen jag gâr vidare: vi veta att bar?' 



zema dllhora en naturlig familj som bôrs 
jar med de âtheriska oljoma, stracker 
sig ofver terpendneroch camphrar samt 
stôrtar â andra sidan ner dll Kautschuck 
och Guttapercha. De âtheriska oljoma 
àro ju kolvâten, hvilka uppgifvas lukta 
genom sin stôrre vâtehalt, dâ syrerika 
anses lukta mindre. Och de hafva alla, lik> 
som Terpendnoljan och Lînoljan egens 
skapen att fôrharzas genom uptagande 
af Syre. 

ICJag sàtter digeln ttfjrer eld«i och lâter 
S\^et smalta. Detfîyter bemstens-gult 
w'd II f och nu forst luktar det, men ej af 
S vafvel utan af Terpendn eller Harz nâr* 
mast dockBonvax (=Vax ochTerpeSntin). 
Temperaturen sdger, fargen gâr utât 
spektrums roda ânda, och blir orange, 
passerar hasdgt det rôda, sa hasdgt att 
orange l%ger ag pâ det rôda och ger 
blandfargen rôdbnint vid I6o^ En €6r* 
fatnining, om kemîsk eller fysisk, dler 
bâda, har âgt mm och nu framtrader. en 
campherlukt. Nâr jag forsîagângenob» 
serverade detta, trodde jag ej mitt kanskè 
âldsta och kanske darfor fmast utveck^ 
lade sinne, utan dllkallade min làbora» 
torieiarare, hvilken, jag sager det till 
hans heder, konstaterade ^tum, och 
det utan att han ville fôrringa vârdet af 
min iakttagelse genom att tala om Ibr* 
orening^. Och jag har sedan flerfaldiga, 
gânger upprepat forsôket i narvaro af 
trovârdiga vittnen. 

ICHvad har nu skett med Svafieti digeln? 
Eîi lâng historia som har î forkortning kan 
uttryckas sa, dock med starka réserva* 
tioner. Af vârmen dissorierades Svaflet 
och bief ett ânnu tamligen syrerikt Harz, 



PAGE FROM AUeUST STRINDBERGS ANTIBARBARUS.' WITH INITIAL 
UETTER BY ARTUR SJOGREN. PRINTED BY BRODERNA LAQERSTROM 



het ledes ôfver gibdande kol, man fàr 

KoIsyra;men ommanledersvafvelângor 

ôfver glëdande kol, fâr man Kolsvafla. 

Ôfver Kolsvaflans natur kâmpades blo* 

digt fôre midten af detta ârhundrade, och 

redan lângt fore trodde Lampadius att 

Kolsvaflan bestod af Svafvel och Vâte. 

Om han sagî Kol och Vâte hade jaghaft 

stôd fôr min mening att 

Kolsvaflan âr ett kolvâte 

analogt med Benzoll^» 

C HvarfbrjagtrorattKols 

svaflan âr en benzol ? Dâr? 

for att jag tror Svaflet be* 

stâ af Kol, Vâte och Syre, 

finner jag det ytterst lo* 

giskt att nâr svafvelângor 

(icke Svafvelsyrlighet!) 

ledas ôfver glôdande kol, 

dessa ângor mâste berôf? 

vas sitt Syre och bli frân 

CHOettCH (harzemas 

sônderdelningsprodukter 

tillhôra ju mest benzolse? 

rien!). Och nâr Kolsvaflan 

besitter nâstan alla en ben$ 

zols egenskaper, finner jag mig berâtti^ 

gad godkanna antagandet. Absolut ren 

Kolsvafla âr svafvelfri, luktar âtheriskt, 

behagligt (mark viâl) som Benzol ; har en 

mycket lâg kokpunkt, âr ytterst lâtt am 

ândlig, âr olôslig i vatten, âr starkt Ijus» 

brytande, Ibser harzer, fetter, olja, Kaut^ 

schuk, Svafvrel etc. alldeles som Benzol. 

Ja dess fysiologiska verkningar âro âfven 

desamma,dâdess ângor gersvindel,kon» 

gestioner, krâkningar etc. (se Eulenberg: 

Gewerbehygiene) alldeles som Benzol. 

ce Ur oren Kolsvafla fâlles Svafvel i sol^ 



KS^ Mark hârtill att Benzolens, 
C« Ha, atomsumma âr 77,83 
under det Kolsvaflans âr 
75,93. Hur skall jag krângla 
mig ur detta, utan att vâld; 
fora sifTror? Jo, Benzolen har 
en kârna, som upptrâder vid 
olika subsdtutionstillfallen, 
och denna heter Ce H4 samt 
har Kolsvaflans atomsumma 
(molekiilarvikt) 75,8a. Och 
nâr den upptrâder i harzer^ 
nas sonderdelningsproduk:^ 
terResorcin.Phtalsyra etc., 
sa synes Kolsvaflan sâsom 
en Svaflets sonderdelnings^ 
produkt hjâlpa mig betyd^ 
ligt vid bevisandet af Sva£; 
lets analogi med ett harzl 



Ijuset, det vet jag, men skulle âfven Svaf» 
vel fâllas ur ren Kolsvafla, dâ âr jag nôd^ 
sakad tillgripà sâsom nôdfallsforklaring 
min fbrsôksteori om ancestrala énerver, 
hvilken jag velat spara till ett senare 
bref, men nu finner râdligast présentera 
och sa formulera: Kropparsom en gang 
utgjort komposanter i en fôrening bi* 
behâlla fbreningsenergien 
âfven sâsom skilda. 
lE Exempel: — Antag att 
Svafvel âr Kol, Vâte, Syre 
i vissa fbrhâllanden. Lât 
det glôdande kolet disso^ 
ciera dessa och borttaga 
Syret, sa bibehâUa i det nu 
supponerade âterstâende 
kolvâtet Kolet och Vâtet 
sin ârfda benâgenhet att 
medettnyttSyre,urluften 
hamtadt till exempel, âter 
bilda Svafvel och ej nâgot 
annat C O H, sâsom Cel* 
lulosa, Socker, Starkelse, 
Linolja, Alkohol eller dyl. 
IC CoroUarium: Dârfor âr 
Svaflets ifriga upptrâdande i djur och 
vâxtkroppar beroende af en Svaflets bild? 
ning af Kol, Vâte och Syre, antingen 
dessa forr gjort sin metempsykos i svaf* 
velsyrade salter, vâtesvafla eller svafvel* 
alkalier etcetera. 

ce Jag har nu kommit sa lângt att jag i 
fjârran ser Kolsvaflan som ett kol\^te, 
men mâste bekânna att jag haft ôgon* 
blick, dâ jag trott den vara en alkohol, 
icke dârfor att den i farmakopéema lange 
kallades Svafvelalkohol, utan af andra 
grunder. Hvad som passerar i det glô$ 



PAGE FROM AUQU8T STRINDBERQ'8 "ANTIBAR- 
BARU8." PRINTED BY 8r6deRNA LAQERSTr6m 




BOOKBINDING IN NIGER MOROCCO.WITH INLAY 
AND GOLD TOOLING. BY SRETA MORSSINQ 




BOOKBINDING IN NIGER MOROCCO, WITH INLAY 
AND GOLD TOOLING. BY GRETA MORSSING 




BOOKBINDING IN RED MOROCCO, WITH INLAY 
AND GOLD TOOLING. BY GRETA MORSSINQ 



BOOKBINDING IN TOOLED LEATHER 
BY COUNTESS EVA SPARRE 



253 




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255 




HEADPIECES BY EINAR NERMAN FOR HANS 
ANDERSEN'S " PER SVINAHERDE." PUBLISHED 
BY P. A. NORSTEDT UND SÔNER 



256 



AMÉRIQUE 



L'ART DU LIVRE EN AMERIQUE. PAR 
WILLIAM DANA ORCUTT 

LART du livre en Amérique a reçu une impulsion considérable 
à la suite du mouvement produit en Angleterre par l'œuvre 
de William Morris. Auparavant, la typographie américaine 
■^ ne présentait aucune originalité ; les plus beaux ouvrages 
étaient tout à fait inspirés des meilleures productions anglaises de 
l'époque. L'apogée fut atteint entre 1860 et 1870 ; et l'on ne saurait 
citer de meilleurs exemples de ce genre orthodoxe que la " Vie de 
Prescott ", tiré par l'Imprimerie de l'Université en 1 864. Après 1 870, 
et jusqu'à la renaissance amenée par Morris, de bons volumes sor- 
tirent des imprimeries de l'Université, Riverside et De Vinne, mais 
la qualité générale baissa. La transformation de l'industrie du livre 
en art du livre date de l'apparition des volumes Kelmscott. M Chose 
assez naturelle, l'enthousiasme que provoqua l'œuvre de Morris eut 
d'abord pour effet la création d'une série de monstruosités ; mais les 
erreurs même que commirent ses zélés disciples furent un enseignement, 
et amenèrent un état de choses qui finit par avoir d'excellents résultats. 
Ceux qui copiaient Morris échouèrent ; ceux que son aversion pour les 
chemins rebattus encourageaient aux idées personnelles surent, tout en 
maintenant les principes essentiels qui ont toujours été la solide base des 
œuvres des maîtres-imprimeurs, les adapter aux conditions d'aujour- 
d'hui, et tirer de leurs expériences personnelles l'originalité. L'œuvre de 
Morris apprit aux hommes à penser, à abandonner la recherche du pim- 
pant et permit à l'imprimerie de devenir un art. M L'œuvre de Cobden- 
Sanderson contribua beaucoup à ramener la typographie américaine 
à un état plus calme, après l'enthousiasme fébrile qu'avait amené 
l'époque de Morris. Ceux qui étudiaient la typographie comprirent 
enfin que William Morris était un grand décorateur plutôt qu'un 
maître-imprimeur ; que c'étaient ses magnifiques tirages, et l'har- 
monie générale de tous les éléments constitutifs des volumes, plutôt 
que ses caractères trop ornementés, qui représentaient son apport à 
l'œuvre d'embellissement du livre. Lorsque la Doves Press, continuant 
l'œuvre de Morris, adopta un caractère plus classique, inspiré d'un 
modèle italien du X V^ siècle, l'Amérique s'empressa de suivre ce mouve- 
ment en abandonnant sa tendance au gothique qui avait eu son point de 
départ dans les fontes de la Kelmscott Press. Pendant les dix années qui 
suivirent, on fondit des caractères plus originaux et meilleurs, et l'on 
publia des volumes où l'art de la typographie était porté à un point 
qu'elle n'avait jamais encore atteint. Jff Parmi les caractères correspon- 
dant à l'époque dite de l'influence gothique, les "Renner", employés à 
l'imprimerie De Vinne, sont des meilleurs. Théodore L. De Vinne,décédé 

259 



récemment, était le doyen des maîtres-imprimeurs d'Amérique ; c'est à 
lui que sa " Press " doit la réputation dont elle jouit à juste titre. D'une 
compétence et d'une habileté consommées, il s'est exprimé tout entier 
dans ses livres. On aura une idée de sa sérieuse formation professionnelle 
si l'on examine la façon dont il a transformé le modèle de Renner en lui 
donnant une rigidité des caractères modernes. La page qui est repro- 
duite ici (p. 264), tirée d'une des nombreuses et magnifiques publica- 
tions du Club Grolier imprimées par la De Vinne Press, montre à la 
foisle type Renner et l'adaptation moderne qu'en a donnée M. De Vinne. 
Le trait oblique de Ve, la courbe fantaisiste de V/i et la boucle inutile au 
sommet du^, tous ces éléments sont étrangers au modèle, et donnent au 
caractère moderne un aspect recherché qui nuit à l'aspect, par ailleurs 
plein de dignité. M La Gilliss Press, qui actuellement ne fonctionne pas, 
a contribué pour sa part à la renaissance de l'imprimerie en Amérique. 
Ses tirages limités des livres de William Loring Andrews, et ses autres 
éditions non mises dans le commerce, dénotent la perfection du travail et 
l'harmonie de la conception plutôt que l'originalité du traitement. Au 
lieu d'être imprimés avec des caractères composés spécialement, ces 
volumes doivent leur richesse à la décoration, dont la qualité artistique 
est tout à fait supérieure. J^ A la Merrymount Press, D. Berkeley Up- 
dike a imprimé un certain nombre de volumes qui ont fait sensation 
dans la typographie américaine, grâce à la sincérité avec laquelle ce 
maître a, ainsi qu'il l'avait annoncé, " entrepris un travail moderne avec 
l'esprit qui régnait aux beaux jours de l'imprimerie ". Deux modèles 
spéciaux de caractères ont été dessinés pour la Merrymount Press, et 
tous deux sont parmi les plus heureux qu'on ait créés en Amérique. Le 
modèle " Montallegro ", composé par Herbert P. Horne, de Londres, 
est employé pour les volumes de la " Bibliothèque d'humanités " publiés 
par M. Updike, et dont une page est reproduite ici (p. 265) . Au sujet de 
ce caractère, X<iAthénée de Londres dit : "Nous sommes portés à trouver 
que, non seulement c'est la meilleure de toutes les tentatives entreprises 
à la suite de la renaissance de l'art d'imprimer amenée par Morris, mais 
encore que cette fonte est supérieure à toutes celles du quinzième siècle 
dont l'étude a donné lieu à cette renaissance. Elle est . . . absolument 
exempte d'affectation ... et les proportions des lettres présentent une 
telle harmonie que chaque page est une œuvre de beauté. Nous regret- 
tons qu'il ait été réservé à un imprimeur américain de créer une fonte 
aussi admirable. . . . C'est la première fois, à notre époque, que l'on pro- 
duit une fonte qui satisfait à la fois aux exigences pratiques et esthé- 
tiques. M. Horne a résolu un problème qui s'était posé depuis que l'on 
avait recommencé à considérer l'imprimerie comme un art". M Le carac- 
tère " Merrymount", dessiné par Bertram Grosvenor Goodhue, est in- 
spiré de modèles du XV^ siècle, et a été l'objet d'appréciations favorables. 
260 



La "Sainte Bible" et la "Vie de Benvenuto Cellini ", dont nous repro- 
duisons des pages (p. 269), donnent une idée des caractères employés et 
des méthodes typographiques appliquées dans cette imprimerie. Jf 
L'auteur de cet article n'aurait pas osé ajouter son modèle " Huma- 
nistic" si ce dernier n'avait été considéré par les spécialistes en typo- 
graphie comme un essai tenté d'une manière toute particulière. Les 
caractères primitifs étaient, comme l'on pense bien, imités de la calli- 
graphie de l'époque ; mais l'art de l'écriture n'atteignit son apogée 
qu'après la découverte de l'imprimerie, avec les manuscrits du temps 
des humanistes. Ce caractère est donc inspiré, non pas d'un modèle 
primitif, mais de l'écriture manuscrite lorsqu'elle avait atteint son plus 
haut point. Les pages représentées ici (pp. 266 et 267) sont em- 
pruntées aux "Triomphes de Pétrarque", imprimés à la University 
Press. En examinant ces pages on pourra voir que le principe sur 
lequel est basé ce modèle diffère essentiellement de celui d'après lequel 
sont établis les caractères courants d'aujourd'hui : c'est-à-dire que les 
lettres montantes sont courtes et les lettres descendantes longues. Le 
dessin des lettres suit de très près celui des lettres écrites à la main, mais 
il est exempt des légères irrégularités qu'elles comportent, et qui seraient 
déplaisantes dans une page imprimée. Au lieu d'un seul caractère pour 
chaque lettre, il y en a plusieurs, ce qui donne plus de variété ; le com- 
positeur est exercé à les choisir tout comme s'il écrivait. Charles 
Eliot Norton dit à ce sujet : " La plupart des caractères modernes 
n'ont ni fraîcheur ni personnalité ; la nouvelle fonte, à laquelle 
on a donné le nom d' ' Humanistic ', contraste avec les formes 
sèches et raides auxquelles nous sommes habitués. Il y a une 
aisance charmante et une grâce peu commune dans ses lignes, qui 
sont directement inspirées des lettres à la main, tout en répondant 
aux conditions de rigidité qu'impose l'impression." JS Parmi les im- 
portantes publications imprimées à la University Press se trouvent les 
volumes décorés par Bertram Grosvenor Goodhue et Will Bradley, 
deux artistes dont l'œuvre en ce genre occupe une place à part. Beau- 
coup de créations de Goodhue accusent l'influence de Morris, comme 
on le verra sur la page tirée d' "Esther" (p. 268) ; mais son originalité 
comme compositeur est bien mise en évidence avec la bordure et la 
lettrine des "Poésies de Hérédia" qui sont reproduites sur la même 
page. M Les ouvrages de Bradley sont ceux de l'artiste décorateur le 
plus versatile que l'Amérique ait jamais eu. Dans quelques-uns on re- 
trouve l'influence de Beardsley ; mais aucune influence ne pouvait 
dominer complètement un génie aussi original. Les deux spécimens 
reproduits ici (pp. 270 et 271) représentent les aspects extrêmes de son 
art : l'un est dessiné avec une délicatesse et une exactitude de ligne qui 
se traduisent par une exécution admirable ; l'autre, plus hardi et plus 

261 



massif, donne l'impression d'une gravure sur bois. JC Aucun artiste n'a 
autant contribué au progrès de la typographie américaine que Bruce 
Rogers. Son caractère "Montaigne" est de beaucoup le meilleur et le 
plus pratique ; et ses créations pour la Riverside Press se distin- 
guent par une originalité et une constante supériorité sur celles 
de tout autre imprimeur américain. Il a su mieux que tout autre, 
grâce à sa science des caractères et à son talent de compositeur, ex- 
primer les principes fondamentaux des maîtres-imprimeurs d'autrefois, 
mais en les adaptant aux conditions de notre temps. Sa monumentale 
édition in-folio de Montaigne, dont des pages sont reproduites ici(pp. 272 
et 273), montre une harmonie d'effet très appropriée à la nature du texte 
et à son époque. Le caractère est inspiré d'un vieux modèle français ; 
pour la décoration et les lettrines, M. Rogers a interprété librement les 
dessins originaux de Tory, dont il a su admirablement conserver l'esprit. 
Jf Au cours des cinq dernières années, la Plimpton Press a beaucoup 
contribué à relever le niveau de l'impression et de la reliure, en rejetant 
fréquemment l'usage, observé par les éditeurs, de fabriquer les volumes 
par parties, pour ainsi dire. Il en est résulté un changement qui a amé- 
lioré la qualité. Lorsque la composition, le tirage et la reliure sont exé- 
cutés séparément par différentes maisons,le résultat de cette division des 
responsabilités est un abaissement de la qualité. Au contraire, avec la 
méthode de "fabrication complète ", la marche des opérations, jusqu'au 
choix du papier, du dessin de la couverture et des illustrations, est 
déterminée par une seule personne. Ainsi l'imprimeur est, pour un bon 
nombre de ses clients, un producteur expérimenté, et il peut ainsi con- 
server des modèles, et réaliser des économies en achetant les fournitures 
par grandes quantités, et en combinant des types de textes et d'illus- 
trations dans la fabrication. M L'influence qu'un éditeur peut exercer 
sur l'art du livre nous est montrée par la série de classiques publiée par 
M. Thomas B. Mosher, sous une forme ravissante, et à des prix abordables 
pour tous. Ces volumes sont certainement des témoignages de son bon 
goût et de son savoir plutôt que des succès pour l'imprimeur ; car M. 
Mosher y a mis sa marque personnelle dans le choix des caractères, des 
marges, du papier et du format général de ses publications. M On ne 
saurait trop estimer les importants résultats, en ce qui concerne le pro- 
grès de la typographie, que représentent les deux revues ThePrintingArt 
(L'Art de l'impression) et The Graphie Arts (Les Arts graphiques). Leurs 
numéros mensuels ont montré aux imprimeurs ordinaires comment on 
peut produire de l'ouvrage qui sorte de l'ordinaire, en leur mettant sous 
les yeux des exemples concrets des meilleures combinaisons comme 
caractères, comme papiers et comme harmonies de couleurs. Elles ont 
été extrêmement instructives, car elles ont montré aux imprimeurs 
ainsi qu'aux clients de ces derniers comment on pouvait obtenir les 
262 



effets désirés. M Parmi ses propres productionsJ'Amériquen'apas beau- 
coup de papiers pour impressions très originaux ; le "Vieux Stratford" 
est la seule exception importante. On ne fabrique actuellement, aux 
Etats-Unis, pas de papier à la main, principalement à cause de l'élévation 
des salaires. Aussi est-il plus avantageux de l'importer d'Angleterre, de 
France et d'Italie. Mais le "Vieux Stratford" est un produit unique, 
on l'emploie beaucoup pour les volumes de luxe, et pour ceux où Ton 
exige des qualités de durée. Par contre, pour les papiers de couverture, 
l'Amérique a une production extraordinaire, qui dépasse tout à fait celle 
des autres pays; et la variété de choix qu'elle offre aide considérable- 
ment l'imprimeur à obtenir des résultats artistiques. M La reliure fine, 
en Amérique, est actuellement pratiquée par un petit nombre de travail- 
leurs isolés, pour la plupart élèves des grands relieurs anglais et français ; 
et Ton peut dire que leur principal titre d'originalité consiste en ce 
qu'ils unissent la méthode anglaise de fabrication et la décoration artis- 
tique des Français. La " Club Bindery " (Atelier de Reliure " Club") , qui 
florissait à New York du vivant de M. Robert Hoe, ne peut guère être 
considéré comme un établissement américain, car ses meilleurs ouvriers 
ont été appelés de l'étranger. Depuis la mort de M. Hoe, l'établisse- 
ment a cessé d'exister, et les plus beaux ouvrages d'aujourd'hui sont faits 
par des femmes. Elles ont beaucoup de talent, mais par contre le prix 
de la main-d'œuvre est extrêmement élevé, et de plus tous les cuirs sont 
importés. La cherté qui en résulte oblige naturellement les collection- 
neurs américains à continuer d'envoyer leurs volumes à l'étranger s'ils 
veulent de belles reliures. M Parmi les artistes dont les ouvrages sont les 
plus estimés, on peut mentionner Miss Sears et Miss St. John, de Boston, 
et Miss Lahey, de New York. JS Pour les reliures ordinaires, les 
reliures de commerce, on travaille de plus en plus à la machine ; mais 
cela n'a nullement entraîné, dans les bonnes maisons, un abaissement de 
la qualité. Les livres ordinaires, en Amérique, soutiennent générale- 
ment bien la comparaison avec ceux des autres pays ; mais il est parfaite- 
ment vrai que l'augmentation croissante des prix de revient, dans toutes 
les phases de l'industrie du livre, oblige parfois les éditeurs américains à 
faire des économies, et à accepter des ouvrages inférieurs comme qualité 
à ce qu'ils auraient accepté il y a quelques années. Mais la critique qui 
ressort de cette constatation ne porte pas sur le travail des Américains, 
elle porte sur les conditions qui créent cet état de choses. Pour les 
couvertures, les lettres simples sont toujours employées pour les romans 
et les ouvrages sérieux, mais on apporte plus de recherche aux modèles 
pour petits volumes "de saison" ou pour ceux dont le lancement doit 
être sensationnel. Quelques spécimens caractéristiques sont reproduits 
pp. 275 et 276. 

263 



Note 



8 COLOPHONS IN METRE 

and set bis colophon entirely in capital letters. To 
call attention to the information in this colophon 
he put a broad blank between each line so that the 
composition should bave a proper relief of white 
space and be made more readable. 

Hère it may be remarked that Jenson's beautiful 
roman type could be used to advanta^e only in large 
and high-priced books which were slow of sale. To 
insure a readier sale for subséquent books he, and 
Franz Renner too,had toprint tbem upon new types, 



Rubertus celeber finxit non parua mînorum 
Gloria me fratrum Paulo régnante fecûdo. 
8 Quarto fed Sixto uenics Halbrûna alemânus 

Francifcus Formis ueneta me preffit in urbe 
Mille quadringentis & feptuagmta duobus . 

Trom a book by Roberto de Litio. Franz Ronner, Venice, 1472. 



much smaller in size, and of the condensed gothic 
face or style then in favor as the only proper char- 
acter for service books of dévotion or of theolo^. 
There were many printers in Italy during the last 
quarter of the fifteenth century who were not content 
with the mean position and scant wording of the tra- 
ditional colophon. Some of them tried to vary the 
usual form of words, and to make the colophon more 
attractive by putting it in mètre. Franz Renner and 
the brothers Speyer of Venice, Ulric Hahn of Rome, 
and others gave to the reader colophons in mètre 
that call for merciful criticism. They did their best. 



PAGE FROM "TITLE-PAGES" (THE GROLIER CLUB) PRINTED IN 
THE "RENNER" TYPE DESIGNED BY THEODORE LOW DE VINNE 

264 



II 

THOUGHTS ON ART 



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HE painter's work will be of lit- Paint- 
tle merit if he takes the paint- i"g 
ing of others as his standard, ^^' 
but if he studies from nature ^""^^ 
he wilI produce good fruits; as ^ ^" 
is seen in the case of the paint- ç 
ers of tïïeage after the Romans, who continued to vr 
imitate one another and whose art consequently 
declined from âge to âge. After thèse came G iotto 
the Florentine, who was born in the lonely moun- 
tains, inhabited only by goats and similar ani- 
mais; and he, being drawn to his art by nature, 
began to draw on the rocks the doings ot the 
goats of which he was the keeper; and thus he 
likewise began to draw ail the animais which he 
met with in the country : so that after long study 
he surpassed not only ail the masters of his âge, 
but ail those of many past centuries. After him 
art relapsed once more, because ail artists imi- 
tated the painted picftures, and thus from cen- 
tury to century it went on declining,until Tomaso 
the Florentine, called Masaccio, proved by his 
perfecft work that they who set up for them- 
selves a standard other than nature, the mistress 
of ail masters, labour in vain. 

59 



MERRYMOUNT PRESS: PAGE FROM "THE HUMANISTIC LIBRARY" PRINTED 
IN THE "MONTALLEQRO" TYPE DESIQNED BY HERBERT P. HORNE 



265 



THE TÎLIUMTHS OP 
-p'ELÂNCESCO TETÎLAÎLCH 

TLOÎLENTINE TOET EAUU.EATE 

TÎLANSLÂTED BY HENB-Y BOYD 

WITH AN INTÎLODUCTION 

BY DOCTOIL G.U1D0 BlAÛI 

Ll B ÎLAILIAN Oî THE 

ILOYAL MEDICEAN 

EAUÎLEKTIAN ElBUARY 

ÎLOÎLENCE 




IMPILINTED î=01L L.1TTT_E BILOWN AND 

COmtANY BOSTON MASSACHUSETTS 

BY THE UN1VER.S1TY PR.ESS CAMBE.1DGE U-S-A- 



TITLE-PAQE FROM "THE TRIUMPHS OF FRANCESCO PETRARCH " (LITTLE, 
BROWN AND CO. AND JOHN MURRAY) PRINTED IN THE " HUM ANISTIC " 
TYPE DESIQNED BY WILLIAM DANA ORCUTT 

266 



HEÎLE AUSTICIOUSLY BEÛINNETH 
THE TTLIUMTH OV LOVE 

BY fîLANCESCO TEtîLAîLCH 
PLOÏLENTINE TOET LAUILEATE 

PAB.T ONE OF THE TR.1UHPH OF EOVE 

Nel tempo cbs rinnouaL i miei eospiri 

HE PATAL MOILK 
1K& DAWN'D TH AT 
BÏLOUGHT AGAIK* THE 
SAD M EMOÎLIAL OV 
MY ANCIENT TAIN 

Tbatt day, tbe source oi lotijj-protracted woe^, 
Wben I beaan tbe plaoues oi \x>ve to knovu, 

Hyperion's tbrone, alona tbe a2:ure field, 
13etween tbe spletidid boms of Taurua whccVi; 

And from ber ôpotise tbe Queen of Morn tuitbdreiv 
Her sandaU, qemmJi tuitb frost-beôpangled detv, 

Sad recollectxon, riômg ivitb tbe morn, 
Of my disastrou5 loue, repaid tvitb scorn, 

* The anniuersary of April 6, ivben bis passion for 1-aura commenced. 




PAGE FROM "THE TRIUMPHS OF FRANCESCO PETRARCH" (LITTLE. 
BROWN ANDCO. AND JOHN MURRAY) PRINTED IN THE " HUMANISTIC " 
TYPE DESIQNED BY WILLIAM DANA ORCUTT 



267 




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ANDREW CAMPBELL 

TO fiilly appreciate the extent of Ihe sen-ices rendered by Andrew Campbell, 
founder of the Campbell Company, to the printing art, it is only necessary to 
imagine for a moment what the présent state of that art would be were it not 
for two, at least, of the many inventions and devices of which he was the 
originator. The Two-Revolution Press and the use of " hard packing" are due 
entirely to his ingenuity. It was Andrew CampbelPwho, impressed by the idca that 
speed, as well as impressional power, might be made a concomitant of a Cylinder Press, 
invented the " two-revolution " machine, the principle of which is now in such universal 
use that the class has become the standard one of the world. It was Andrew Campbell, 
agpin, who conceived the idea that a better resuit could be obtained if to the printing 
surface were opposcd a hard in place of a soft and yielding packing. To put tliis 
revolutionary idea into effeet necessitated the strengthening of the machine to such an 
extent as to enable it to adequately withstand the increased pressure requisilc, and to 
build a machine of this nature cost Campbell a hard struggle and the work of a 
number of years. Eventually, however, he was victorious ; and as a resuit the rubber 
blanket and the felt sheet are to-day relegated to use upon newspaper presses alone. 
But thèse, though the chief, are not the only advantages the printing trade owes to 
Andrew Campbell. It was he, for instance, who invented the front fly delivery and 
was the fîrst to deliver the printed sheet in such a fashion as to obviate the possibility 
of the freshly inked surface corning into contact with any part of the machine. i 

Of Campbell's carly history.little that is definite is known. He is believed to hâve 
been born in Missouri, and as a lad to hâve been apprenticed to a blacksmith. It is 
known that later on he appeared in New York and worked as a machinist in the 
printing-press manufactory of A. B. Taylor. It was while he was employed there 
that Moses Beach of the Sun offered a prizç for a -successful cylinder press adapted 
for use by small newspapers. It was this offer that led Campbell to inventarûl to 
successfiilly develop his Country Press, which has subsequently become famous, and of 
which there are nearly 5000 in use to-day. 



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PAGE DESIGNED BY WILL BRADLEY 
FROM "THE CAMPBELL BOOK" 



270 






y4 hutorrof NlwYo tu^ 

fitutCSTl-* Confàinin^ the second parf of ù\e reijn of TlTElk. 
THEHEADSTROHSfi dnd his aallanf ac^eVimenfs on fhe Ddaœare. 

.Chaptep^I"^ In which îs exhibifed diwarlikg. porfra'if of 
the^r^af^ Peter^t- and how (jeneral Van To^enbur^h 
distinguished himself cit *For€ Casimir *-^^ *^^ ^-^^ 

ITHERTO, most venctable and courtc- 
ous reader, hâve I shown thee the ad- 
ministration of the valorous Stuyvesant, 
undcr the mild moonshine of peacc, or 
rathcr the grim tranquillity of awful 
expectation ; but now the war-drum 
rumblcs from afar, the brazen trumpct 
brays its thrilling note, and the rude 
clash of hostile arms speaks fearful 
prophecies of coming troubles. The 
gallant warrior starts from soft repose, 
from golden visions, and voluptuous 
I case; where, in the dulcet, »< piping time of peace," he sought sweet 
solace after ail his toils. No more in beauty's syren lap reclined, hc 
vveaves fair garlands for his lady's brows; no more entwines with flow- 
crs his shining sword, nor through the livelong lazy summer's day chants 
forth his lovesick soûl in madrigals. To manhood roused, he spurn^ 
the amorous flûte; doffs from his brawny back the robe of peace, and 
clothes his pampered limbs in panoply of steel. O'er his dark brovv, 
where late the myrtle waved, where wanton roses breathed enervatc 
love, he rears the beaming casque and nodding plume; grasps the 
bright shield and shakes the ponderous lance; or mounts with eagcr 
pride his fiery steed, and burns for deeds of glorious chivalry ! 
But soft, worthy reader ! I would not hâve you imagine, that any />reux 
chevalier, thus hideously begirt with iron, existed in the city of New- 
Amsterdam. This is but a lofty and gigantic mode in which heroic 
writers always talk of war, thereby to give it a noble and imposing 
aspect; equipping our warriors with bucklers, helms, and lances, and 
such like outlandish and obsolète weapons, the like of which perchancc 
they had never seen or heard of; in the same manner that acunning 







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BORDER AND INITIAL LETTER DESIGNED BY WILL 
BRADLEY. FROM "THE CAMPBELL BOOK" 



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273 









INITIAL LETTERS DESIGNED BY BRUCE ROGERS. FROM 
"ESSAYS.OF MONTAIGNE" (HOUGHTON. MIFFLIN AND CO.) 



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Z Holme, Charles (éd.) 

276 L»art du livre 

H75